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d’une somme de 4,000 florins, donnée pour cet objet par un généreux Paysan, Anders Nilsson. L'école, qui se tient chez lui, renferme vingt enfants des deux sexes, qui sont tous en pension chez des Paysans, el portent le costume lapon. Garçons et filles ont des robes de grossière étoffe de laine, mais de forme différente selon leur sexe, Les filles sont coiffées d'un bonnet PYiamidal en laine rouge. L'usage du linge leur est inconnu, Après leur confirmation, ces enfants retournent chez leurs parents, où entrent en service en qualité de bergers et de bergères, Les enfants furent CXaminés sur la lecture, ’écriture, le calcul, mas Principalement sur 1n religion. M. Fiellstedt les interrogea sur l'Ancien et Je Nou- Veau Testament, et leurs réponses le convainquirent que la vérité avait pénétré nen-seulement dans leur intelligence, mais aussi ds le cœur de plusieurs d’entre eux ; quelques-uns, il est vrai, par Suite de l'ivrognerie de leurs parents, Paraissaient peu intelligents, Ce vice n exercé la plus f
âcheuse influence sur
la population laponne, tant sous Je l'apport physique que sous le l'apport moral et inte]lectuel, Mais Joe ravages de ce fléau ont beaucoup diminué, grâce aux mesures prises par le gon- \ernement contre l'usage de l'eau-de-ie, L'examen que subirent les enf:ats fut °h Somme satisfaisant ; ils se livrent d'ailleurs, en dehors des À
QU Mäan'els, L'école est en très bonne odeur dans le village, Le Maitre, M. Johnsson, est un
lecons, à
DES LAi :XS, 195
homme déjà âgé et d'une faible santé, mais sincèrement pieux.
Après avoir achevé l'examen, M. Fiellstedt réunit dans l’école, pour un dernier service religieux, presque toute la population du village, puis il prit congé d’elle et partit. Plusieurs enfants et des adultes l’accompagnèrent et ne le quittèrent qu’en versant des larmes,
Eu s’en retournant, M, Fielistedt visita plusieurs malades, dont l’un surtout paraissait avoir profité desonépreuve. Le missionnaire fut fraternellement accueilli chez le pasteur de Lycsèle; il y fitla connaissance du premier Magistrat d'Uméa, qui allait aussi visiter les marches laponnes. En quittant la maison hospitalière du pasteur, M. Fiellstedt se rendit à Knaften, où se trouvait une seconde école Puur les enfants lapons, Voici à peu près en quels termes il raconte sa visite dans cette localité : 3
« On a fait, cette année seulement, à travers la forêt, un chemin qui est impraticable pour les voitures, IL y a à Knaften vingt et quelques enfants qui sont placés, comme à Dastutrask, chez les paysans du village, Le matin et l'après-midi, j'interrogeai les enfants, et j’eus la joie de constater qu'ils étaient plus avancésencore que ceux de Bastutrask, Je tins ensuite une réunion biblique à laquelle assistèrent les habitants du village. ot en
nombre de personnes qui, ayant appris que je ferais un culte le lendemain, étaient déjà arrivées de très Join, le samedi à hnaften,
106 HISTOIRE bE L'EVANGELISATION
» Le dimanche 9 août, je célébrai le culte deux fois, avant et après midi, en plein air, ce qui n'était pas Contraire aux usages. Er. éfet, ies habitants de cette contrée n'allant qu'une fois par mois à l'église, se réunissent les autres dimanches pour entendre la lecture d’un sermon faite Par le maître d'école, M, Norberg, bomme aimable, Pieux, et fort capable. Plusieurs enfants laposs d'ici ont été saisis Par l'Esprit de Dieu ; la Parole produit une impression profonde sur eux. Ces écoles ont exercé une excellente influence dans les villages où elles Sont établies: cette influence s'étend même sur toute la paroisse, Outre l’occasion que ces populations disséminées ont d'entendre Ja Parole de Dieu par le Moÿen des maîtres d'école, elles profitent des réunions bibliques tenues dans divers villages Par nos catéchistes itinérants, 1] est regrettable que la Société des missions n'ait que deux de ces Catéchistes; mais il est difficile de trouver des
hommes qualifiés Pour cette importante et pénible Vocation,
» Les écoles sont en grande Coutrée, De nombreux L:
acCoMpagnent Miunteniu leurs courses lhüinades,
estime dans toute Ja 1pons qui y ont été élevés, it leurs Compatriotes dans et leur lisent Ja Parole de Dieu, Cet usage n'existait pas auparavant it que bien peu de Plusieurs de ce
‘Apons âgés qui Sachent lire,
CHE chrélieus, et font en quelque sorte C'est Presque le seul
> deux € qui habimois pour iaitre X, et it été une rercé elles sur )puie de )rOvers retde des ble
la és, ns de l'y
DFS LAPONS, 107
moyen d'évangéliser les Lapons, car il est bien dif: ficile de les suivre dans lcurs voyages. La chose fût-elle possible, elle ne pourrait <e réaliser qu'au profit d’un petit nombre de familles, parce que les Lapons vivent isolés, comine Abraham et Lot, à Cause de leurs troupeaux. La famine a régné, cette année, ‘dans ja contrée, mais moins Parmi les La- POnSs que parmi les colons suédois,
» À mon départ de Knaften les entants de l'école ont été fort émus : plusieurs m'ont accompagné assez loin en versant des larmes, Puisse le Seigneur les bénir eux et leur peuple! »
M. Fiellstedt, accompagné du pasteur de Lycsèle, 58 rendit ensuite à Tansèle Pour Y visiter une école de filleg laponnes:; mais Ja maitresse avait dû quitter son poste Pour cause de santé, Les jeunes filles étaient au nombre de neuf, L'examen qu’elles subirent fut satisfiisant ; vraiment sérieuses. Le missionnaire termina sa visite à Tansèle Par une réunion biblique à laquelle assistèrent une partie des habitants du village et des environs.
plusieurs paraissaient
Après avoir franchi de longues distances et prèché dans plusieurs localités, et spécialement à Uméa et à Hernesand, où il fut très bien
accueilli, * M. Fiellstedt s'enf inÇa de nouveau dansle
Smarches ? FE SU, Ges marches sont dans le Jaemtland, province qui occupe le centre de la
Suède, et où ne se trouve qu'une seule ville, Oster-
sund, située au bord dt lie Star-Sion ot n'avant
be nn a ana nome —
es tb tre à
que 800 habitants, Ce prédicateur de la bonne nouvelle prêcha dans nombre de lieux sur son Passage, et partout les populations se pressaient autour de lui, et 'écoutaient avec avidité. Ses auditeurs suivaient sans fatigue des discours qui duraient plus de trois heures. M. Fiellstedt avait «habitude d'exposer d’abord la doctrine du salut aussi complétement que possible, puis de parler sur les missions, Du reste, l'attitude de son auditoire le guidait quant à l'étendue de son exposition. Parfois le service entier durait quatre heures. Le pieux missionnaire eut la joie de voir que !e Saint- Esprit faisait sentir sa puissance dans ces lieux retirés. Après avoir prêché dans l’église d'stersund, il se dirigea plus au nord, vers Folinge, village situé dans une marche laponne, et où il prècha sur les missions, De là il se rendit, en traversant à pied ou à cheval des forêts et des marécages, à Laxio, sur les bords du lac Lax-Sio, Mais comme il était attendu, plusieurs Lapons de ce village élaient venus à sa rencontre jusqu’à Folinge, Nous laissons la parole à M, Fiellstedt pour nous raconter son court séjour dans cette localité reculée,
« Nous arrivâmes au bord du lac Lax-Sio, où un bateau nous attendait, J'étais accompagné d’un maître d'école et de deux enfants lapons, qui étaient venus à ma rencontre. Nous abordâmes enlin à Lax-Sio, où notre Société de missions entre-
tient une quatrième école laponne, 11 y a cent qua-
tre ans que les premiers colons suédois arrivèrent ici; ce lieu était alors couvert de fcrèts, 11 ya Maintenant, sur les deux rives du lac, des champs bien cultivés, et de jolies maisons de bois peintes cn rouge sont habitées par de nombreux paysans dans l’aisance, L'école renferme vingt et quelques enfants, sous la direction de deux maîtres. Lorsque les Lapons sont établis ici, eu hiver, ces mattres travaillent alternativement à les instruire, Un troisième maître est récemment arrivé ici pour bien appreudre le lapon, afin de fonder une nouvelle école, au Printemps, dans la marche d’Asèle, I y a ici une hutte de Lapons actuellement vide. » Nous eûrnes, l'après-midi, dans l’éco!e, une réunion biblique à laquelle assistèrent aussi les habitants de ce lieu. Cette école a été l'instrument d’un grand bien dans le village et les environs ; un réveil intéressant s'y est manifesté, et hien des Bens Sont maintenant des chrétiens vivants et affermis, Aussi furent-ils joyeux de voir un prédi- Cateur venir à eux, et m'écoutèrent-ils avec beau Coup de recueillement et d'assiduité, Plusieurs restèrent dans l’école après le culte, pour profiter des Conversations, Les écoliers sont placés ici, Comme ailleurs, chez de
Cole, puis examen des enfants, De midi à deux heures, explication bi que, à laquelle ont assisté les gens des environs; la plupart sont r ‘stés toute l'après-midi, qui à été consacrée à l'examen des
110 HISTOIRE DFE L'ÉVANGÉLISATION
enfants. Le soir, nouvelle explication biblique. La plupart des écoliers Sont assez avancés ; quelquesuns sont arrivés depuis peu. Cette école avait déjà exercé une salutaire influence sur les Lapons de cette contrée; plusieurs des enfants qui y ont été élevés sont devenus de vrais chrétiens et font luire leur lumière au milieu de ces groupes de nomades. Tous les anciens élèves se réunissent ici une fois par an; c’est une véritable fête, où les cœurs se retrempent et se rafraîchissent par la Parole de Dieu, le chant et la prière. Plusieurs des élèves actuels sont sous l'influence de la grâce. Quelques anciens écoliers, avertis de Ma visite, sont arrivés ici en toute hâte, franchissant des distances considérables, Le plaisir et la fatigue luttaient en eux pendant le service: et cependant, malgré une chaleur étouffante, ils n’ont pas cédé au sommeil,
» Le 27, après avoir terminé l'examen et fait un dernier service religieux, je pris congé de ces chers enfants et de cette population affectueuse. Le Seigneur m'a fait passer ici de belles heures, comme avant-goût de l'éternité. Que Dieu bénisse de plus en plus cette école, et le travail des maitres bien-aimés qui Ja dirigent !
» Il'existe -< quatre autres villages de cette contrée, pour ies enfants lapons, des écoles du dimanche, dont les élèves sont en relations avec ceux de l'école de Lax- Les maîtres de ces écoles sont d'excellents chrétiens; j'ai fait la connaissance de deux d'entre eux.
DES LAPOXS, 111
» Lax-Sio est comme un jardin au Seigneur dans ces lieux autrefois si Sauvages. li y a, au sud de la maison d'école, un petit jardin de fleurs. protégé contre les vents par une clôture de plan: ches : c’est une fidèle image de notre école et de Sa mission dans cette localité, 11 m'a été fort agréable de trouver dans ce jardin une collection de jolies fleurs, telles que le dahlia, l'œillet, le fraisier, le groscillier, etc. »
A son départ de Lax-Sio, M. Fiellstedt fut ac Compagné jusqu'au bord du lac par une foule nombreuse. Les maîtres d'école et trois de leurs élèves repassèrent le Inc avec lui, tandis que les personnes restées sur le rivage suivaient des yeux la frêle embarcation ballottée par les flots, car le lac était agité, Néanmoins nos passagers atteigüirent heureusement l'autre rive, Après trois heures de marche à travers les bois et les marais, M. Fiellstedt et ses COMpagnons arrivèrent au village d'Ottsion, qui renferme une école du dimanche. Le missionnaire trouva dans la maison d'un riche, mais nieux PaYSan, une nombreuse assemblée qui l'attendait, et à laquelle il fut heuseux d'annoncer l'Évangile. 1] fat frappé de Ja beauté du chant, ce qui est un des bons effets de du dimanche. Les Lapons sur la n Paysans dans la plaine, s'huhit
l'école iontagne, et les
à CHantés
les louanges de Dieu en faille, « Le 98 août, dit M. Fiellstedt, longue marche
dans les bois, où les hôtes léroces sont rares main-
PR CNE
re + over tree à
112 MISTOIRE DE L'EVANGÉLISATION
tenant. Les ours et les loups ne se rencontrent pas souvent dans les forêts du nord de la Suède, Les renards et les lièvres n'y manquent pas, mais les chasseurs leur font bonne guerre. On y trouve parfois le lyux et l'élan.» On raconta au missionaire le fait suivant, qui fait honneur à la sensibilité et à l'humanité des Lapons :
Un élan, poursuivi pendant deux jours par un Lapon, tombe épuisé sur la ne'ge, Arrivé auprès de sa proie, le chasseur eat touché du regard-suppliant que cette pauvre bête jette sur lui. 11 s’arrèle un instant pensif, puis s’en retourne à vide, laissant l'élan jouir du repos dont il avait tant
"besoin.
En revenant à Ostersund, M. Fiellstedt dut traverser un lac par un temps très orageux. ]l entra dans la barque avec deux jeunes Lapons et deux bateliers; mais la violence du vent les mit en grand danger; aussi abordèrent-ils après avoir fait la moitié de la traversée, Dans les villages cluirsemés au milieu des forêts, le missionnaire, impatiemment attendu, trouvait des auditoires nombreux et avides d'entendre la Parole de Dieu: les églises pouvaient rarement contenir lous les auditeurs. M, Fiellstedt repassa À Ostersund le 30 août, dix jours après son arrivée dans cette ville, « J'y baptisai, dit-il, l'enfant de mon ancien ämi, ie juge Hasselberg. Puis, visite au préfet qui m'avait affecte usement prié à diner, mais à l’invilation dutuel je n'avais pu me rendre, Sa femme
t pas
Les s les ouve sionnsi-
" un près sups'aride, tant
traatra eux and , la sepamles
les
et ses deux filles paraissent fortement touchées par la grâce de Dieu. À six heures, explication biblique dans l’égiise de Ja ville; un grand nombre d’auditeurs, n'ayant pu y pénétrer faute de place, durent écouter aux fenêtres depuis le dehors. »
En retournant d’Ostersund à Stockholm, M. Fiellstedt prêcha dans un grand nombre de villes et ue villages ; dans plusieurs localités, il remarqua un beau réveil. 11 fut généralement bien accueilli des pasteurs, dont plusieurs vinrent d'assez loin pour le voir et l'entendre, Voici comment il s'exprime sur sa visite à Tynderæ, où il précha à une grande foule :
« Les deux tiers des auditeurs, dit-il, durent rester hors de l’église. Je me plaçai sur la tablette d'une fenêtre ouverte, ayant d'un côté l'auditoire qui remplissait l'église, et de l’autre la foule qui se pressait dans !: “our. La prédication commença à neuf heures du matin; mais les regards suppliants des auditeurs ne me permirent pas de terminer avant midi et demi. Un souffle puissant de l'Esprit de Dieu se fait sentir ici. Le pasteur du lieu ne comprend pas encore le mystère de la vie nouvelle, mais il pleura beaucoup, et quand je le quitlai il ne put prononcer un seul mot. »
En sortant de l'église, l'éloquent prédicateur
nartit
bout Sundwaii, ii dut franchir
douze lieues pour atteindre ectte ville, où il précha encore pendant deux heures. « La grande église de ce lieu, dit-il, était comble, 11 Ya mi,
Eté à
115 MISTOIRE DE L'EVANGELISATION
soit dans la ville,
Soit dans la Cabipagne fond mouvement
, un pro-
religieux, Six chers frères, ministres de l'Évangile, s'étaient réunis dans la demeure du pasteur. »
Mentionnons enfin la visite de M. Fiellstedt à Norrala, où il äunonca aussi l'Évangile dans la grande église paroissiale, C'est Jà qu'on voit Je tombeau du bremier missionnaire qui prêcha Ja foi chrétienne dans cette région septentrionale de la Suède C'était Étienne, Moine du célèbre c vent de Corvey (Corbie), en Westphalie, Il fut as- Sassiné en 1060, à trois lieues de Norrala, où son COEPS fut apporté et enterré Par quelques amis. « Une bénédiction Particulière, di M. Fiellstedt, semble reposer sur cette Paroisse, où l'in re jusque dans jes temps les plus re d'une véritable vie chré fréquemment de fidè Dieu y ag
ou-
trouve, Culés, les traces tienne, Cette Paroisse à eu les pasteurs, et l'Esprit de it puissamment aujourd'hui, »
Notre prédicateu: arriva sain et sauf à Stockholm, le 10 Septembre, après un voyage pénible CE dangereux, mais qui fut accompagné d'abondantes bénédictions, hon-seulement pour our des milliers de ISheur de susciter
les La- Pens, Mais encore } Suédois,
Prions le Se fréquemment des serviteurs fide au milieu des pauvres Lapons, et que ceux-ci, gagnés par l'amour
messagers de Christ, s'écrient avec joie : #4
SoHt beaux sur les Montagnes les pieds de » celui qui apporte de bonnes houvelles, qui pu-
les et dévoués
des
promide-
dt à 18 la t le a la de otuas- SU is.
dt, ve, es eu de
DES LATONS 115
» blie la paix et qui dit à Siow : Ton Dieu règne. » Ésaie, Lit, 7 (1).
(1) Quant à la Laponie russe, la portion qui fut conquise en 1809, par Alexandre, professe le Juthéranisme au même titre qu* la Lanonie scandinave. Mais le paganisme règne complétement parmi les Lapons du cercle d'Archangel, à l'exception des quelques prosélytes faits par les popes, ou brètres de l'Eglise grecque.
PL un ii. |... et 0 tete