OR
quitter sa femme aflaires, sans en cté ; ou bien enl'enfants pour le è veuve avec ga ivent de faim ou le leurs voisins, à leur rendre le
s faites de peaux Maisons qu’ils erre, et dont le du sol, L'entrée d’un côté de Ja tre l'écurie des » ces demeures, ûmes à ramper ce de six toises, "eux de pouvoir ns; Car, quand y réfugient, et, è souvent qu'on les cas les plus
le visage de sages étroits et fumier, — En 1imaux se con-
i ue giaäce, La st formée d'un fermée par un
monceau de neige qu'on renouvelle chaque soir,
Les Esquimaux voyagent en hiver dans des traineaux tirés par une espèce de chiens qui ressemblent beaucoup à nos loups et qui hurlent plus qu’ils n'aboient, Ils font, en trainant un poids de deux quintaux, jusqu'à huit milles à l'heure, et ependant ils sont si mal nourris et si affamés, que si l’on oublie un soir de serrer leur harnais, on le trouve dévoré au matin, et l’on est dans un grand embarras pour continuer sn route, Lorsqu'il s’agit de partir, un de ces animaux, réputé vieux routicr, court une vingtaine de pas en avant, dirigé par un fouet ayant jusqu'à vingtquatre picds de long, et qu'un Esquimau seul sait manier. Les autres suivent le guide comme des moutons; mais le fouet vient-il à réveiller un d’entre eux, il mord aussitôt son voisin, celuici en fait autant À un autre, et le coup de dent fait ainsi le tour de la bande, Ces chiens sont tout à la fois lâches et féroces; lâches envers celui qui ne les craint pas; féroces envers tout être faible et timide. « Depuis quinze ans que je suis au Labrador, écrivait un missionnaire, j'ai eu connaissance de trois Esquimaux dévorés par ces étranges bètes, » On peut se représenter ce que doit être une épidémie de rage parmi de semblables chiens, Ces animaux se ;
effrayante, De deux cents chiens qui se trouvaient à Hébron, lorsqu'une de ces épidémies vint à éclater, cinq seulement sont restés en vie, Cette
RE dede
ne an me
136 L'EVANGILE au LABRADOR, épidémie a été générale au Labrador, Sur 250 chiens qu’on COmptait à Okkak, il en périt 230, Les Esquimaux COnvertis supportèrent cette grave épreuve avec la longanimité qui leur est commune. On les vit, dans cette extrémité, s’atteler joyeusement eux-mêmes à -4rs traîneaux.
La langue des Esquimaux du Labrador n’est qu'un dialecte de celle des Groenlandais, Ces deux langues ne différent que Comme l'allemand suisse du bon allemand, Cest sans doute une langue Pauvre, en un certain sens, parce qu’elle manque d’une foule de mots et d'expressions dont nos langues européennes abondent : mais cette pauvreté n'est que relative, car les mots ne Manquent qu'à défaut des idées qui y Correspondent, Mais peut-on réellement appeler sauvre une langue qui n'a pas moins de six mots pour expri-
mer l’état de Ja glace (1), et autant Pour désigner la mort (2)?
(1) Ainsi, i/to désigne la glace
qui s'attache aux fenêtres ; sermack, ce
lle qu'on trouve sur les montages ou qui s'atliche aux kajaks et aux traineaux ; sikko, la glace unie qui se forme sur l'eau ; kaudgak, \n glace que les marées accu- Mulent sur le rivage: illodiak, la glace flottante et semersoak, la grande mer de glace qui recouvre tout l'intérieur du continent,
(2) Autre exemple ; tokovok signifie Mourir: mais Les “na Siküifie mourir de fra Feréerpok, mourir de faim ; ke/iok. pok, mourir de soif; kokerpok, Mourir quant au babil, c'est-
à-dire perdre l'ouie; et kelerpok, Mourir de désir (après le Maänzer, le boire, ete, ),
jreri
en pen
ce
L'Esquimau n'a d'autres notions religieuses que celles d’un bon ou d'un mauvais esprit, Quant au bon, il ne s’en inquiète pas, Parce qu’il n’en a rien à craindre ; mais, dans le besoin ou le danger, il adresse, au contraire, au mauvais esprit OÙ au Zorngak où Torngarsok, des prières qu'il Marmotte sourdement sur une certaine cantilène. Chaque village a son Angekok, où sorcier, qu'on élève pour ce métier dès son enfance, et qui joue Chez les Esquimaux un rôle d'autant plus grand qu'ils n’ont aucune forme de culte quelconque et que les dieux ou les esprits n’y sont l’objet d’aucune espèce d’adoration proprement dite, L’'angekok porte un costume Un peu singulier, Dans les cas de maladies, on ne manque pas de l'appeler, et il arrive quelquefois à ce dernier de Sau rifier un chien Pour apaiser le Torngak. Is ont des amulettes auxquelles ils attribuent toutes sortes de vertus. Ils admettent une rémunération après la mort; ils pensent que des contrées déicieuses, où les phoques et les rennes abondent, sont réservées aux âmes des bons ; aussi faut-il üvoir soin de mettre en terre avec le Corps du défunt les oùtils, les fusils et même le kajak qui lui oni appartenu, Quant aux méchants, ils doivent, selon eux, errer sans fin dans les tristes régions qui conduisent à ce paradis, «ane is réussir à en trouver le chemin, Dans leurs traditions, ils n’ont gardé que peu de souvenirs de l'histoire de nos premiers parents, Ainsi, ils attribuent à une
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femme tout le mal qui s’est répandu dans le monde et même la mort qui termine l’existence terrestre ; car, jadis, pensent-ils, les hommes ne mouraient point, Une autre de leurs traditions porte que deux des premiers hommes eurent entre eux une dispute violente : Pun d'eux voulait que le jour succédât à la nuit et la nuit au jour, ct que les hommes mourussent successivement ; l'autre, au contraire, voulait qu'il tit toujours nuit et que les hommes ne Mourussent point, C'est le premier qui eut raison dans cette dispute; mais ils ne peuvent dire: mment, ni pourquoi
cela eut licu, Enfin, ils racontent que les eaux
ont été jadi si hautes qu’elles ont recouvert les plus hautes montagnes. Cependant les hommes purent encore trouver un refuge sur la haute Montagne de Zupertalik, située à queiques lieues . d'Okkak,
Quant au caractère de l'Esquimau, on peut dire qu'il est en général léger, et c’est peut-être un des plus grands obstacles au succès des missionnaires, « Lorsque nous les avertissons sérieuse ment, disait un missionnaire, au lieu de sentir leurs torts, ils nous répondent souvent en se réclamant de li miséricorde du Seigneur. Dieu, disent-ils, n'est point si difficile que vous le faites : ilest bon, Un autre missionnaire écrivait: « Nos voisins paiens ont un esprit moqueur qui nous ättriste, L'un d'eux nous demandait : L'avez-vous vu? l'avez-vous entendu, ve Jésus-Christ dont
vous nous parlez tant ? Noue lui répondimes que non, Mais que nous sentions sa présence au dedans de nos cœurs ct qu'il nous parlait par son Esprit, — Eh bien, reprit-il, moi aussi, je sens dans mon cœur la présence de mon Torngak! — puis il s'éloigna en ricanant. Je pourrais citer bien d’autres réponses toutes semblables, »
On aurait cependant tort de croire qu'il n’y ait chez ces Esquimaux aucune exception à cet égard, etd’en conclure que tous cesindigènes des régions polaires vivent au jour lejour, ne pensant à autre chose qu'à leurs phoques ou à leurs chiens, et que jamaisleurs pensées ne s'élèvent jusqu'à l'idée d'un Dieu suprême et tout-puissant. Non, Dieu ne s’est laissé sans témoignage sous aucune latitude et au sein d'aucune nation, Le trait suivant en sera une preuve: Un missionnaire ex\primait un jour, dans un cercle de Groenlandais convertis, son étonnement sur l'ignorance et la stupidité dans lesquelles ceux-ci avaient pu vivre avant leur conversion. L'un d'eux prit alors la parole et dit : «fl est vrai que neus avons vécu comme d'ignorants Païens, sans rien savoir ni de Dieu, ni du Sauveur, Et d’ailleurs , qui nous en aurait parlé avant votre arrivée? Toutefois net'imagine pas qu'aucun Groenlandais ne réfléchisse. Voici pour mon compte le raisoinement que je me suis souvent fait : Un Kajak, me dis-je, ne se fabrique pas tout seul, et celui qui ne s'entend pas à ce genre d'ouvrages, ne fait rien qui vaille, Et pourtant le plis
L'EVANGILE nt LABRADOR.
petit viseau est bien mieux fait que le plus beau kajak. Or, nul homme ne saur
ait faire un oiseau.
Et l'homme a encore été
plus habilement créé que, ne sont tous les animaux de la terre, Or, qui à créé l'homme? Ce dernier a sans doute reçu la vie de ses Parents, et ceux-ci à leur tour l'ont reçue des leurs: mais les premiers hommes, de qui l’ont-ils reçue? et d’où sont-iis venus? On dit qu'ils sont sortis de Ja terre mais pourquoi n’en YOYons-nous plus sortir maintenant? Et puis, + terre elle-même, et Ja mer, et le soleil, et la lune, et les étoiles, d’où viennent-ils? I] faut bien qu'il y ait un être qui ait créé toutes ces choses et cet être a dû être sans CoMMencement, comme il doit être sans fin. 11 doit dès lors être infiniment plus puissant, plus sage et plus habile qu'aucun homme? S'il en était autrement, comment aurait-il pu créer tout ce qui existe? En outre, il doit aussi être très bon, puisque tout ce qu'il a fait est si bon et si utile, Ah! si je le connaissais, combien je l'aimerais et comme aussi je l’honorerais! Mais qui l'a vu? qui lui a parlé? Aucun de nous. Il se peut cependant qr'il Y ait des hommes qui en sachent à cet égard plus que nous : que je voudrais Pouvoir en découvrir, afin de m'entretenir avec eux !'Aussi, dès que je vous ai entendu parler du grand Être suprême, j'ai cru avec joie tout ce que Yous m'en disiez parce que ce que vous m'annonciez était précisément ce apres quoi mon cœur soupirait depuis longtemps. » Ce beau témoignage
——— men ms
fut conûrmé par tous les assistants, Ces derniers disaient: «Un homme est Pourtant tout autrement fait que les animaux. Ceux-ci sont nécessaires les uns aux autres et tous sont utiles à l’homme. Et tandis que les animaux sont mus par leur instinct, l'homme, au contraire, est doué d’un., âme intelligente; de plus, il n’est soumis à personne dans ce monde, et malgré cela il a peur de l'avenir. De qui at-il done peur? Il faut bien qu'il y ait un grand Esprit auquel il doive obéir, Ah! si on pouvaitleconnaître et l'avoir pour ami, »
Non, nulle part Dieu ne se Laisse sans témoignage, pas plus sous les glaces du pôle que dans les délicieuses vallées de l'Asie-Mineure. Partout où une âme cherche sérieusement la vérité, elle trouve toujours, soit au dedans d'elle-même, soit dans les circonstances de sa vie, quelques jalons qui peuvent lui servir de points de repère, ct l’acheminer vers les régions lumineuses de la vérité, Si -déjà Dieu répond aux besoins de toutes ses créatures, en leur donnant la nourriture en leur temps, à combien plus forte raison exauce-t-il les Soupirs des âmes créées à son image et destinées à le glorifier, Aussi, dès qu'une âme commence à soupirer ardemment après la vérité, il a pourvu d'avance à l'exancement de ses aspirations en lui procurant les movens par lesquels alle bé arriver à posséder cette vérité et à jouir de ses précieux bienfaits, Ceci nous conduit à vous parler des premiers efforts tentés pe apporter aux E<-
türrd
quimaux du Labrador le flambeau de l'Évargiie. On comprend que, en considérant les choses au point de vue de Ja sagesse humaine, on puisse s'étonner et se demander Comment des hommes qui sont nés et ont Srandi au sein de nos CONn{reos fertiles et sous notre Climat tempéré, et qui ont été habitués à tous les agréments de la vie civilisée, peuvent renoncer volcntairement à tous ces avanlages pour aller s’ensevelir sous les glaces du Labrador. Maisla charité chrétienne dont l'essence est d’être universelle, c’est-à-dire, d’avoir des com- Passions pour toutes les souffrances et de ne se laisser rebuter Par aucun obstacle Pour venir à leur aide, ne peut se laisser arrête, ” des con- Sidérations de cette nature, Partout « il ya une âme perdue par le péché, mais aimée par je Seigneur qui l'a rachetée par son précieux sang, elle ne Saurait calculer Ja grandeur des sacrifices que Sa tâche lui imp..e ; elle accourt, celle vole au secours de cette âme, parce que, comme dit saint- Paul, {a charité croit tout, elle cspère tout, elle Su ÿrte lout et elle ne périt jamais. Mais dira-t-on peutètre, le monde Paien est si grand » SOUS toutes les latitudes se trouvent s:icore des peuples qui n’ont pas entendu prècher l'Évangite : Pourquoi choisir de préférence les Esquimaux du Labrador et du Groenland comme objet de sa charité et but de ses travaux ? Leurs âmes seraient-elles plus pré-
cieues
> celles de tant d’autres Paiens? Non, Sans doute; mais Dieu est le Souverain maître, et
L'ÉVANGILE AU LABRADOR, 153 il dispose des choses et des événements. C'est lui qui tient dans sa main tous les cœurs et qui les incline à son gré comme des ruisseaux d'eau ; c'est lui qui a voulu que, sous leurs huttes infectes el au milieu de leurs glaces éternelles, les habitants du Labrador fussent évangélisés et qu'ils recussent maintenant l'Évangile de salut et de paix ; c’est lui, et lui seul, qui a mis dès lors au cœur de quel ques uns de ses enfants un amour si pressant pour les âmes des Esquimaux. C’est au milieu du siècle passé que Le besoin commenca à se manifester. La première pensée de travailler à la conversion de ces Esquimaux monta au cœur d’un capitaine de vaisseau hollandais, nommé Jean-Christion Erhardt, et membre du petit troupeau des Frères Moraves. Il avait plus d’une fois naviué dans les
eaux du détroit de Davis, à ln poursuite de la ba-
leine. I avait même visité, en 1749, la Nouvelle- Heernhut, station des Frères Moraves au Groenland, et il avait entendu dire aux missionnaires de cette Station qu’au delà du détroit de Davis il devait y avoir des peuplades semblables à celles du Groeniand, Enfin, il avait lu, en 1750, le récit du voyage d'exploration de Henry Ellis, entrepris trois années auparavant à la recherche de ce passage du Nord-Ouest (1), laquelle, jusqu'à ces dernières
1) Is'agissait de trouver an nord dn Canada un qui conduisit par mer de l'Océan atlantique à l'Oe cifique, sans avoir, our parvenir en Asie, et s}
n paalement
aux Indes, à passer par Le long détour du détroit de Ma-
154 L'EVANGILE Au LABRADOR,
années, à coûté à l'Angleterre tant d'argent et
Surtout de si Précicuses vies, La lecture de cet ouvrage développa et alfermit tellement la conviction d'Erhardt, que, cette lecture achevée, j] forma tout un Plan pour l'évangélisation de ces Peuplades, Voici ce qu'il écrivit, en 1750, à Jean de Watterille, l'ami du comte de Zinzendorf :
« Celui qui a vu de ses Propres yeux notre mission du Groenland et les Merveilles que le Sei- Bneur à opérées dans le cœur de ces Pauvres Païens, ne peut s'empêcher, Pour peu qu’il ait un
Cœur capable de sentir, de tressaillir de joie et de verser des larmes de reconnaissance, Ces âmes Converties sont autant de rubis étincelants qui ornent la ceinture d'or de notre cher Sauveur (Apoc,f, 13.),et je crois qu'il en reCueillera encore bien d'autres sur ces rivages inhospitaliers, Aussi, Mon Cœur éprouve.til une sympathie toute parliculière pour tous les pays situés entre l'ile de Terre-Xeuve et la baie d'Hudson.
» Mon cher Jean, tu sais que hübitué de ces mers polaires; aussi ai-je un amour singulier pour ces Paÿ:, ainsi que Pour tous les Indiens et Les Sauvages en général. Comme mon
je suis un vieil
gellan où du cap de Donne-Espérance. Le poseage est enfin
trouvé depuis la fameuse expédition de M'Clure, en 1850; tuais le gain de cette découverte ei pui, Puisque, vu jes ! 58 iésquelles tout navire peut être pris au moment
£'aces à inéme où il s'y attend le moins, ce Passage est reconnu im. braticable,
L'EVANGILE at LABRADOR, 155
Cœur bondirait de joie si le Seigneur m'appelait À leur annoncer un jour l'Evangile! Je sais que la Chair aurait beaucoup à souffrir; mais mon cœur Cst tout gagné à cette cause, et je disau Sauveur: Si cette œuvre est de toi, donne toi-même force et succès, sinon, j'y renonce volontiers, qu'il n’en soit plus rien! »
Cette bonne pensée venait bien du Seigneur et devait en Conséquence se réaliser ; mais elle ne devait avoir qu'un succès partiel, Souvent, trè: souvent même, on a vu échoucr au Premier abor de nobles entreprises, faites au nom du Seigneur et sous la pression de circonstances Évidemmens dirigées par lui, Mais le baptéme de eut à subir à son début devait sceau divin une œuvre divine comme dans son but, et,
Sang qu'elle Marquer d'un dans son origine Si allait semer avee larmes, il devait Hoissonner un jour avec chants de triomphe, Erhardt et Jos Quatre frères raves qui l'accompagnaient Partirent de en 1752, sur un navire marchand Pour ces pa.
rages désolés, en EMportant avec eux tout ce qu'il fallait pour se Construire une maison. Tandis qu'ils longenient les côtes du Labrador, un lieu abrité fixa le choix de leur débarquement, 11s &% firent descendre ot Se iront immédiatement
Mmo-
Londres,
Es US CUTENE bientôt achevé leur habitation et nommérent ce ion Hoffenthat (var d'espoir), Le havire qu'ils venaient de quitter, vers le nord Dour se livrer
s'étant dirivé à son Commerce, était
entré en relation avec les Esquimaux. Mais ceux-ci, cflrayés à la vue des Canons qu'ils remarquèrent sur le navire et dont ils connaissaient l'usage, ne voulurent pas aller à bord ; six hommes de Péqui- Page, montés sur une chaloupe, s'étaient alors hasardésà allervers eux ; ils durent s'engager dans une baie longue et étroite, au fond de laquelle ils comptaient trouver les naturels Deux jours, trois jours, huit jours et plus se passèrent sans qu'on les vit reparaître, Force fut enfin au Capitaine, qui avait pas d'autre chaloupe à leur envoyer, de
quitter un lieu où les glaces allaient l'enfermer pour l'hiver, Privé de ses
six hommes d'équipage, il dut passer à Hofenthal et réclamer des Moraves leur aide pour ramener son vaisseau en Anglelerre, On apprit, au bout de quelques mois, que la maison du Val d'Espoir avait été réduite en cendres et les six matelots Massacrés,
Peu de temps après ces lamentables commencements, un brave charpentier, également morave, venait confesser au comte de Zinzendorf le désir ardent Qu'il nourrissnit depuis six années d'aller porter l'Évangile au Labrador, C'est en apprenant la mort d'Erhardt, que cette idée s'était emparée de lui, « Va au Groenland, lui dit Je Comic, apprends la langue du pay le reste, Ce digne homme, non Jens Haven, äYant suivi le conseil de Zinzendorf, alla Passer quelques années au Groenland , et douze ans après l'essai infructueux qu'avait tenté Erhardt,
» ©t Dieu fera
en 1764, il partait pour le Labrador, accompagné des prières de l'Église ct animé d'un désir croissant d'annoncer l'Évangile aux Pauvres Esqui- Maux. I partit seul sur un vaisseau de guerre qui se rendait dans ces parages, On comprend quelle dut être sa joie lorsqu'il apereut enfin le Labrador, et aussi quelle fut sa douleur lorsqu'il entendit le capitaine donner cet ordre à sa troupe : « Le premier Esquiman qui fera mine de s'approcher du bâtiment, vous ferez feu sur lui.» Le capitaine avait probablement des craintes pour son équipage, ou il voulait venger sur ces indigènes inofensifs le sort des six matelots qui avaient accompagné Erhardt,
Que faire en face d’un ordre pareil? N'était-ce pas pour ces Esquimaux que Jens Haven était venu, et n'était-il pas décidé à leurapperter l'Évangileà tout prix, étmême au péril de sa vie? Haven se retire dans sa cabine, et là, il répand devant son Seigneur ot sou Dieu toute l’amertume de son cœur. Le capitaine étant entré à l'improviste, lui demanda du ton rude du vieux marin : « Que faites-vous donc à? — Je prie. — Ah! ça, vous n'allez pas encore m'accuser auprès de Dieu, l'espère ? Je suis déjà assez mal noté auprès de lui, Von, j'ai crié à SL HHEE à
l'Éternel pour «4 eux ba-
bitants de cette côte, et qu'il voulñt bien changer votre cœur pour leur plus grand bien. » Vivement impressionné par ces paroles, le capitaine donne
biot
aussitôt contre.ordre à ses solda puis, pevensnt
Le =
A corn
au missionnaire : « Voudriez-vous vous hasarder seul au milieu de ces Sauvages? Qu’à moi ne tienne! Je vous ferai déposer sur le rivage, Mais je vous en avertis, la chaloupe regagnera aussitôt le navire, et ce sera à vous de vous tirer d'affaire comme YOUS pourrez, »
Haven accepta avec empressement, [l s’habilla en Groenlandais et descendit sur le rivage inhosbitalier, Grâce à Son Costume, aucune flèche ne fut dirigée contre lui; et avant qu'on l'eût reconnu pour un Européen, il avait pu faire comprendre ses intentions pacifiques. On l'entoura de toutes parts, « C'est un amil s’écrièrent les Esqui- Maux; venez, écoutons-le! » 11 leur apportait un message {rès amical de leur voisin, le gouverneur de Terre-Neuve, et tirant de sa poche la lettre qui confirmait ses paroles, il Ja leur présenta, Mais Ceux-ci reculèrent à cette vue avec une sorte de crainte; ce papier, qui devait leur faire counaître les pensées d'un tiers, leur Appaut comme un être mystérieux, et ils refusèrent de le prendre entre leurs mains. Cependant, de plus en plus enchantés de cet étranger dont ils Comprenaient le langage , ils l'engagèrent à venir jusqu'à leurs huttes, où étaient leurs femmes et leurs enfants, Haven n'ignorait pas le sort des six matelots mnssacrés en 1752, il se recucillit Un instant; puis, dans sa foi naïve mais puissante, il s'écris: à Sei SUIOUr, Volet, je vais les suivre en ton nom, S'ils me tuent, eh bien! mon œuvre sera achevée sur Ja
er
on
terre, et j'irai vivre auprès de toi. S'ils n'éparguent, alors je saurai que c’est bien ta volonté que l'Évangile leur soit annoncé maintenant et qu'ils l'acceptent. — Me voici, dit-il ensuite en leur tendant la main, je suis prêt à vous suivre.
Il fut très bien accucilti de tons les gens du village ; il passa quelque temps au milieu d'eux: on l'accabla de questions, et on le prit pour arbitre de toutes les petites disputes qui s’élevérent entre eux et les gens de l'équipage, Lorsqu'il parla de repartir, les Esquimaux lui en témoignérent du chagrin, et accueillirent avec joie sa promesse de revenir l’année suivante, avec d’autres amis, s'établir parmi eux et leur enseigner le chemin qui conduit au bonheur éternel, Le moment du départ venu, le plus considéré de ces Esquimaux, l'angekuk Segouliak, le prit à part, le conduisit à sa tente, l'embrassa et le baisa à plusieurs reprises, et lui dit: « Ici, nous sommes loujours tremblants, mais si tu viens à nous, nous vivrons ensemble sans crainte, » Un autre Esquimau vint à lui, son tambour à la main, et se mit à chanter : « Notre ami est vouu, ce qui nous a bien réjoui{ » paroles qu'il répéta plusieurs fois de suite ; après quoi il engagea [laven à lui répondre. Gelui-ci se mit alors à chanter d'un cœur ému les paroles d’un can-
gt eu Ces férines : « Deigneur
Éternel, vrai Dieu de toute créature, Dieu créuteur et conservateur du monde, toi qui as racheté par le sang de ton Fils nos pauvres ânes perdues,
Hous nous jetons à tes pieds et nous t'adorons! » A l'ouiïe de ces paroles, les Esquimaux s’écrièrent : « Nous sommes sans paroles! » c’est-à-dire, nous te donnons la palme.
Jens Haven retourna en Angleterre, bénissant Dieu pour ces heureux auspices ; mais il reprenait déjà, au printemps de 1765, le chemin du Labrador, üccompagné de Drachart, ancien missionnaire au Groenland, et de deux autres frères moraves. Les premiers Esquimaux qu'ils rencontrèrent leur crièrent en français (1) : « Tous camarades, oui; bon! » Drachart en prit un par la main et lui dit en groenlandais : « Oui, nous sommes des amis!» L'Esquimau comprit et répondit par le même mot: « Et nous aussi, nous sommes des amis! » Làdessus, ils invitérent Drachart à les suivre sur le rivage, et là ils l’assurèrent de leur amitié et s’as sirent autour de lui pour écouter ce qu'il aurait à leur dire. « J'ai passé la grande mer, leur dit-il, et je viens d’auprès des Karalit de l'Est (les Groenlandais), dont vous n'avez sans doute point entendu parler, parce qu'il y a bien longtemps qu'ils sont partis d'ici, pour se rendre dans ces contrées lointaines, Mais eux ont entendu parler de vous, et c’est pourquoi Jensingoak (c'était le nom que les Esquimaux avaient donné à Jene Haven) vous a
(1) Is en avaient appris quelques mots dans les relations de commerce qu'ils avaient entretennes avec les marchands et des marins franrais du Canada,
visités l'an dernier, pour voir si vous étiez aussi des Karalit. Je vois que vous en êtes bien, et je viens vous dire que les Karalit de l'Est sont vos amis, qu'ils ont appris à connaitre le Créateur de toutes choses, qui est aussi notre Sauveur, et qu'ils désirent que vous appreniez aussi à le connaître. » Mais ils ne comprirent point ces choses; aussi Jrachart dut-il les leur redire plusieurs fois de suite. Là-dessus, ils se demandèrent encore les uns aux autres : « Que dit-il?» Un vieil Esquimau répondit : «11 veut parler du si//a » (mot qui désigne en grocnlandais l'air, l'intelligence, le monde et l'âme du monde, et en disant cela, il se frappait la tète et soufflait avec sa bouche. « Oui, silla, reprit Drachart, mais le grand Créateur du monde est aussi notre Sauveur.— Je ne comprends pas ce mot de Sauveur, s'éeria un jeune homme; qu'est-ce que cela doit signifier? Et où est-il? demanda un autre. — Partout dans le silla, répondit Drachart, en se frappant aussi la tête; mais il s’est fait homme comine nous, ete, »
Une autre fois Drachart leur parlait de la dépravation naturelle de l'homme :« Tout cela est sans doute très vrai des Kablunet (des étrangers, des Européens), lui dirent-ils, mais non pas de nous!
de bo na K }
n Notnz +
— N'asez-s ous
car
donc point de mauvaises pensées? — Non, — Et quand vous vous dites les uns aux autres : Nous voulons tuer les Kablunet et leur enlever tout ce qu'ils possédent, ne sont-ce pas de mauvaises pen-
Ses? — Oui. — Eh bien, ne délivrés de ce
Savons, — Les Groenlandais ont cru en Jésus, et
lui ont demandé de les lave de leurs péchés, et ils
leur prière, — Ce n méchants] — Et si
Yous ne vous repentez pas de VOS péchés, vous irez en enfer? — L'enfer est Pour les Kablunet,
Car ils sont Méchants; Mais pour nous, nous sommes de bons Karalit, »
Comme le vaisseau sur lequel Drachart et Jens Haven étaient venus, demeura deux ou trois mois en vue des côtes, les missionnaires Purent avoir avec ces indigènes de fréquents entretiens. Ce ci prètèrent d'abord une orcille atte choses étranges qu'ils leur racontaient ; Inais bientôt ils s’en lassèrent ct répondirent :
Savons déjà tout cela, » ou :
bien, » ou encore : «Nous ne COMmprenons rien à ce que vous nous dites; nos oreilles ne sont pas faites pour ces choses, » Toutefois, ils se Montrerent toujours très réjouis de ce que Jens Haven avait tenu sa Promesse, et comme le naires disaient qu'ils reviendraient l'année suivante, ils leur dirent : « Oui, oui, revenez ct b4-
Hous, Mais lement des Karalit commn +
;» Mais seu.
pure ous &t nous; alors
Hüis vous aiderons
Haven) nous
uxütive aux
«Nous « Nous le croyons
tissez-vous une deme n'amenez Point avec vous de Kablunoet
à bâtir, et Jensingoak (Jens üidera à faire Ctà réparer nos ca-
L'ÉVANGILE AU LABRALOR, 153
nots. Quant à Drachart, il nous enseignera à lire et à écrire; et ainsi nous vivrons en bonne amitié,et nous n'employerons pas nos fusils et nos harpons les uns contre les autres, mais seulement contre les rennes et les phoques, »
Chaque soir, les missionnaires retournaient au vaisseau ; mais un jour il survint un si vis!ent orage que le capitaine dut s'éloigner considérablement de la côte, et que nos amis se virent contraints d'accepter l'hospitalité que teur offrirent les Esquimaux, offre peu séduisante, on en conviendra, de li part d'hommes aussi repoussants. Ceux-ci s'étonnèrent d'abord de ne pas les voir inquiets et tremblants, et finirent par se montrer touchés de la confiante sénérité des chrétiens.
Drachart fut logé dans la tente de l'angekok ou sorcier, qui crut sans doute lui faire une politesse en lui donnant le spectacle, bien triste pour un chrétien, de ses enchantements, Ce frère était. au roste, familiarisé depuis longtemps avec ces fantasmagories, qui se pratiquaient aussi au Groenland. Elles consistent à évoquer un des torngaks ou esprits familiers qui habitent au fond de l'Océan, afin de pouvoir interroger sur une maladie où sur quelque autre sujet, Les sorciers de tous les pays se donnent la main. La scène que dut subir le pieux missionnaire était quelque chose de semblable à celle dont fut témoir le fimeux capitaine Parrv, qui la raconte de cette
ssh pi
- der une station au Labrador.
Manière : « L'angekok fit éteindre Ja lampe, et Quand on fut dans une obscurité complète, on l'entendit se rouler par terre, souffler comme un phoque et appeler à grands cris son torngak. Bientôt sa voix changea d’intonation et se fit entendre Comme si elle avait été à plusieurs pieds au-des- Sous du sol; puis elle sembla s’éioigner graduellement, et cessa enfin tout à fait. L'angekok était au fond de la mer. Alors on entendit souffler de nouveau à une profondeur considérable; ce bruit S'approcha peu à peu, et une voix creuse, toute autre que celle du sorcier, se mit à chanter : c’était le torngak. Épuisé, sans doute, par les efforts qu'il avait faits, l'esprit demanda la permission de se reurer, et partit comme il était venu, sa voix s’éloignant insensiblement. Quand on ne l'entendit plus, un grand cri,poussé par l’angekok, innonça son retour du fond de l'Océan, d’où il arriva sans être Mouillé autrement que d’une transpiration abondante, C'était une scène de triluquie admirablement exécutée, »
La saison ne Permettant plus au vaisseau de demeurer sans danger dans ces Parages, les missionnaires, qui n'avaient avec eux rien de ce qu'il fallait pour s'établir, retournèrent en Angleterre, bien décidés à revenir l’année suivante pour fon-
ven-
Mais d’aut
‘autres obstacles ne tardsrent pas à surgir. D'anciennes querelles se ranimérent entre les Esquimaux et les Commerçants anglais: une
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guerre éclata ; il y eut du sang versé, et il fallut renoncer pou: le moment à venir s'aventurer au Milieu d’une population exaspérée. Cependant, parmi les prisonniers faits dans cette malencontreuse guerre, se trouvaient une femme et son fils âgé d'environ quinze ans ; ces deux derniers furent envoyés en Angleterre par le gouverneur de Terre-Neuve, Ils y reconnurent avec joie Jens Haven, qui, non moins content de revoir ses chers Esquimaux, prit chez lui le jeunc homme, nommé Aapik, et le traita comme son enfant. Nous pouvons bien penser qu'aucune prière ni aucun soin ne furent épargnés pour former le cœur de ce jeune homme à l'amour du Seigneur; mais Kapik demeurait insensible, Haven avait beau lui dire : «Pense, mon enfant, à cette infinie mis ricorde! le Seigneur éternel, le Créateur de toutes choses s’est occupé de toi, il veut te rendre heureux... » Kapik, après un instant d surprise, s'écriait : «Au fait, il a raison, car je suis une bonne créature, » La patience du digne Morave était souvent poussée à bout par les caprices et la pétulance de son pupille. Celui-ci, d’abord reconnaissant pour un vêtement neuf dont Haven lui avait fait cndeau, prit bientôt envie d’un petit babit brodé d'or. « Cher enfant, lui dit Haven, à quoi pourrait ie servir un tel habit? Une seule chose t'est avant tout nécessaire, c’est de connaître ton Père qui est au ciel. — Bah! de pauvres vêtements ne me le feront jamais connaitre. Voyez mes compa-
triotc.. i!s sont assez misérablement habillés ; aussi ne savent-ils rien de ce Dieu dont vous racontez tant de choses, — Mon ami, si ton vêtement te tient au Chaud, cela doit te suffire; d’ailleurs, je n’ai pas d'argent pour l'acheter ce que tu demandes, — Eh bien, allez Vers 1e roi, il vous en dounera bien un Peu pour moi. — Le roi! ré. Pliqua Haven, c’est une bonne idée; J'y vais de ce Püs, Mais sil me demande : Qu’a appris Kapik ? . Sait-il lire? sait-il écrire ? connait-il son Créateur!.…. je serai forcé de répondre : Non, il n’a rien ap- Pris. Alors le roi dira : Mettez-le sur un de mes Vaisseaux de Buerre, et que, pendant sept ans, il Y nettoie les souliers de mes officiers, jusqu’à ce qu'il ait appris quelque chose!» À ces mots, Ka- Pik se jeta au cou de son père adoptif, e promit d’être obéissant.
Au milieu € ses Caprices, le jeune Esquimau ne manquait pas de sensibilité ; il n’aimait pas à faire de la peine. 11 était toujours triste Quand il remiarquait que Haven l'était aussi; et quand il lui demandait Pourquoi son front était ainsi chargé de Soucis, et que Haven répondait : « C’est Parce que je te vois encore ignorant de ton Créateur!» Kaupik s'écriait avec sincérité : « Ne perdez Pas Courage! je vais faire tout mon possible pour üpprendre, »
Jens Haven, ayant dû quitter FÂngieierre pour
se rendre en Allemagne, Plaça Kapik dans un cullége du Yorkshire. Le jeune Esquimau y fit
tout à coup de rapides progrès; son cœur se tourna vers Dieu et saisit l'Évangile avec une ter ardeur que, se trouvant très malade de la pe vérole, il s’écriait : «Jésus! je veux aller vers toi : Où irais-je ailleurs? Aie pitié de moi pour l'amour de tes blessures!» Les frères avaient foudé sur lui de grandes espérances; ils Je voyaient déjà missionnaire au milieu de ses compatriotes, Mais les voies de Dieu ne sont pas nos voies; sa maladie s’aggrava et devint mortelle, Il quitta ce monde le lendemain du jour où il avait reçu le baptême, qu'il avait demandé avec tant d’instance.
Mikak, sa mère, employa tout le temps qu'elle demeura encor, en Angleterre à solliciter un
nouveau dé + r'isionnaires pour le Labrador, De reto 38, elle annonça la prochaine arrir ‘uropéens, parmi lesquels
se trouvaieni au-cn et Drachart. Ces noms bien connus furent repétés de bouche en houche parmi les Esquimaux, comme une bonne uouvelle; et lor-qu'enfin, en 1770, le persévérant Haven aborda de nouveau sur ces rivages, accompagné de Drachart, Étienne Jensen el de plusieurs autres frères, ils furent accueillis avec toutes sortes de témoignages d'amitié et de coniance :
«Nous ne ve
us He voulions plus tuer, disaient les Esquimaux, pour témoigne: aux iissionnaires leur joie et leur reconnaissance. Vous el nous, nous sommes freres!» Le
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2 août de cette mé: née, Drachart pui parler du Créateur et du «ent à une assemblée de plus de 700 Esquin tUX, et quand il eut achevé de parler, Mikak et son mari commencèrent à parler aussi du Seigneur du ciel qui s'est fait homme pour venir jusqu'à nous, et Gi est mort sur Ja Croix pour nous sauver, }
Ur paroles émurent vivement l'assemblée,
t plusieurs s’écrièrent :
« C'est vrail nous sommes des pécheurs et des meurtriers vieillis dans le crime! Mais nous ne voulons plus porter de Couteaux cachés sous le bras ni sous nos pelisses, et nous ne cacherons plus de flèches ni d'ares dans nos kajaks, Puisque le Seigneur du ciel a dit: Celui qui répand le SUg de l'homme, son Sang SCia répandu! nous ne le ferons plus. Nous croyons à tes paroles, Mikak. Nous voulons aussi aimer les grands et puissants seigneurs que tu as vus à Londres et leurs kens, et nous ne lr'üuquerons plus avec eux qu'en toute loyauté,» Enfin, ils répétè ent encore à Drachart : «“ Yous et nous, nous sommes de bons "mis:
nous VOUS 4imons ; nous Sommes vos frère
sln Rassurés par tant de témoignages de confiance ot d'amitié, les missionnaires achetèrent un terrain dans une situation qui leur parut favorable, ils en prirerit solennellement Possession au du roi d'Angleterre et pour le compte de l'Église des Frères Moraves: puis ils repurtirent pour l'Angleterre, Hs allaient ectto fois chercher un plus
grand nombre de frères et de sœurs, 6? se munir
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de toutes Jes choses indispensables à la vie sous es climats extrêmes, pour fonder enfin un établissement missionnaire permanent et définitif au milieu de ces intéressants indigènes. L'heure des pénibles commencements était passée, et la mission, désormais possible, allait enlin s'asseoir, prendre pied, et élever station après station sur ces rivages désolés
Nous avons assisté aux premières tentatives faites pour apporter l'Evangite aux Esquimanx du Labrador; pous avons vu & charité, la foi et la persévérance admirablos des Erhardt, des Jens Haven et des Drachart : mais nous n'avons pu encore assister à la fondation d'aucune station sur cetto pläge inhospitalière, Cependant d'aussi beatx exemples de foi et de persévérance ne pouvaient maptuer d'être couronnés de succès, et déjà nou ons pu saluer dans Mikak et son fils Kapik le prémices d'une belle moisson, Nous avons d'a ord à raconter comment furent fondées les quatre staticns mi sionnaires du Labrador. puis à assister au beau réveil de 1804, en constatant Ja grande trans ration que l'Evangile
opérée dans le cœur ei la vie de ces pauvres peu plades,
L'LVANGILE AU LABRADOR,
FONUATION DES QUATRE STATIONS DU LABRAUON. y