‹ Histoire de l'évangélisation des Lapons [microforme]Chapitre 26 sur 33 · Station de Nain (1771). l · texte numérisé non relu

Station de Nain (1771). l

C'est en 1774 que revint au Labrador l’infati- j

gable Jens Haven, üccompagné de Drachart et de (

plusieurs frères et sœurs, formant en tont une b

petite colonie de quatorze personnes, Ils üppor- Le

tient avec eux une maison en bois, fabriquée en l

Europe, dont ils n'avaient plus qu'à ajuster en- f semblelés dif'érente

S parties, pour l’élever ensuite

, L = AS D sur l'emplacement qui lui serait destiné, Cette

à | maison s'éleva en ef'et, comme par enchantement: à et, débarqués le 9 août, les missionnaires purent (l déjà, le 22 septembre, prendre possession de leur ke demeure, Cette slttion naissante recut le nom bi- L blique de Nain,

Lorsque les Esquimaux virent que |

e vaisseau qui avait amené les missionnaires re

partait, lais-

sant ceux-ci seuls sur ln plage, bien qu'ils se

à =. rome

e dal a #i Pussent comprendre toute la grandeur du dévoue. al ù ment dont ces fidèles serviteurs Claient animés, |

ts

ls ne purent cependant conserv r de doutes sur

leurs intentions pacifiques et bienveillantes, Hs se rapprochèrent d'eux avec empressement et leur rendirent de fréquentes visites: ces rapports ne tardèrent pas à établir entre eux une intimité cordiale, et les missionnaires devinrent les arbitres sans appel de toutes les contestations qui s'élevaient parmi les Esquimaux, Mais, tout en étant heureux de pouvoir les obliger en ccla, c'était cependant pour un office bien autrement grand que ces hommes dévoués avaient quitté tout ee qu'ils avaient de plus cher au monde: aussi souflraientils cruellement dans leurs cœurs en voyant les Esquimaux rester insensibles à Ja prédication de la bonne nouvelle qu'ils leur apportaient, Pendant les mois d'été ils purent fréquemment annoncer l'Evangile à plus d'une centaine dx fimaux à la fois; mais ceux-ci, quoique adonnés aux vices les plus honteux, n'étaient point convaincus de leur état de péché et de la nécessité d’un Sauveur, Le menteur se glorifiait de ee qu'il ne dérobait pis, (hélas! le cœur de l'homme est partout le même); le voleur, de ce que ses mains étaient nettes de sang; le meurtrier, de ce que du moins il n'était pas un Européen, c'est-ü-dire, selon eux, le plus vil des hommes, Durant l'hiver, les Esquimaux se dispers rent de tous côtés: mais plu ’

l'aniti ceux restèrent dans le \oisinage de Nain, et les viiles réciproques qui se firent entre eux et les Missionnaires, contribuërent à utretenir des re-

lations de bonne amitié, 14 prélaient une grand

pee

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162 L'EVANGILE AU LABRADOR, attention aux paroles des missionnaires et persévéraient néanmoins dans tous leurs vices, Cependant l’année suivante » Anauké, réputé Parmi eux comme un homme des plus féroces, parut écouter avec une grande attention les exhortations des missionnaires, Il vint planter sa tente tout près d'eux et y demeura jusqu’au jour où il partit pour aller habiter sa maison d’hi ep, située à une grande distance de Naïn. Mais l'aiguillon de la parole de Dieu, qui avait pénétré dans ce cœur hautain, ne Le lai: sait pas tranquille: il éprouvait le besoin d'entendre encore les choses qui déjà avaient remué sa conscience et qui, il le sentait bien, pouvaient seules lui procurer la paix après laquelle il soupirait. Il revint donc à Naïn à biod, sans se laisser arrèter par les rigueurs de décembre, et, heureux de Pouvoir s'y nourrir du lait de la parole, il Y passa quelques jours, puis se sépara de nouveau des missionnaires, Mais, hélas! c'était, sans qu'il s'en doutât, pour ne plus les revoir sur cette terre, Soi dernier Un: «Au revoir dans les cieux » car temps après Anauké mourut, et, d

adieu fut

peu de ans ce moment suprême, il disait à sa femme qui pleurait à ses côtés : « Ne pleure point, console-toi, Puisque je vais vers ce cher Sauveur qui nous à tant aimés! » Ge fut au printemps suivant que sa veuve put faire part aux missionnaires des heureuses dispositions dans lesquelles son mari était mort, Anauké, pendant sa maladie, n'avait cessé d'élever son âme à

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Dieu et de le prier ; il avait en outre opposé un refus constant à ln visite des médecins esquimaux, qui ne sont autres d’ailleurs que leurs sorciers, et il s'était remis en toute confiance entre les mains du Seigneur. Depuis ce moment, les Esquimaux, en parlant de lui. l'appelaient « l’homme que Jésus a pris à lui. »

Encouragés par ces consolantes prémices, les missionnaires redoublèrent de zèle dans leur œuvre, et ils se virent fortiliés dans ce travail par l’arrivée de deux nouveanx Frères, dont lun toutefois, le frère Zayritz, ne devait passer que quelques semaines au milieu d'eux. Ce dernier était envoyé par l'Église morave pour examiner l'état de la mission au Labrador. Le jour même de son arrivée, il adress aux Esquimaux des paroles pleines de charité et d'onction, qui furent traduites dans leur langue par Drachart, A l’oule de ces paroles, un des assistants se leva et Prononça, au nom de tous ses compatriotes, le dis- Cours suivant : « Ce matin, quand nous avons vu arriver votre petit navire, grande a été notre joie, ainsi que celle de nos femmes et de nos enfants, Nous remercions les Frères de ce qu'ils viennent à nous pour nous enseigner tant d'excellentes

choses a

que S&NS EUX nous n'aurions Jamais con-

> nues, Nous vous aimons tous, et nous voulons rester vos bons amis, Nous vous visiterons souvent, et vous voudrez bi h, chaque fois que cela

aura licu, nous faire entendre los bonnes paroles

de li passion de Jésus. Nous pensons souvent au Sauveur,nous l'aimons, nous voulons lui donner nos Cœurs et renoncer à nos vieilles coutumes Pitiennes. Nous nous sentons unis d'esprit avec les Innuit croyants qui demeurent à l'est, de l’autre côté de la mer, Dans nos demeures, nous parlons Souvent, avec nos femmes et nos enfants, de la niissance, des souffrances et de la mort du Sauveur, Nous ne pouvons nier que nous ne soyons des pécheurs; mais nous cspérons que le Sau- Bneur nous sera propice, »

Jens Haven fit avec un autre frère un voyage d'exploration le long des côtes, Partout il fut reçu ävec des cris de joie, et lorsque, sur son passage, il entretenait les Esquimaux de l'amour du Sauveur, et qu'il les invitait à se rendre à Naïn, alin d'en apprendre davantage sur ce sujet, ceux-ci s’'écriaient :

« Pourquoi le Sauveur, qui est tout puissant, n'a-t-il pas envoyé quelqu'un à nos pères, pour leur raconter les grandes choses que vous NOUS anhONCeZ, avant qu'ils allassent là où l'on entend plus rien ?

— Dicu, répondit Jens Haven, ayant laissé passer les temps d'ignorañce, vous fait Maintenant äfinoncer la bonne nouvelle de sa grâce et de son bütdon; recevez-la done pour être sauvés,

— Tu n'es pas grand, il est vrai, reprirent les Esquimaux, mais tes pensées sont fortes et ton esprit est invincible, » |

Lau nner nes C les utre ons e la ütuions au-

age ‘Qu ge, lin

Les missionnaires bâtirent une chapelle capable de contenir quelques centaines de personnes, et ils en firent la dédicace le 19 février 1776, C’est à celle occasion que fut baptisé l'angekok Æingmingusé ; il reçut à son baptéme le nom de Pierre, Cot ancien sorcier avait dit ln veille aux missionnaires : « Il est vraique j'ai été un angekok et que J'ai cru ce que nous avions reçu et appris de nos ancêtres; mais maintenant je ne crois plus rien de tout cela. Je veux renoncer à toute mauvaise habitude, et ne suivre que le Seigneur Jésus, dussé-je, pour cela, être EXpose à la persécution de la part de mes concitoyens, Jai été un ignorant; mais quand vous êtes venus et que vous nous avez parlé du Seigneur qui a créé les cieux et la terre, et qui à versé son sang pour nous, je m'en suis réjoui, j'ai cru à la Parole, et je veux délaisser tout le reste, Je connais cucore bien peu le Sauveur, mais je désire le connaître toujours davantage, et je mets en lui toute ma confiance, parce que je crois qu'on ue peut être heureux qu'auprès de lui, et que, après la mort du corps, c'est par lui que l'âme entre dans le séjour de l'éternelle paix, »

Le baptème de Pierre fit naitrechez plusieursau-

us le dés

tros Egauir if tussi baptisés, Quant au premier, il adressait à sos compatriotes los exhortations les plus tonehantes : «Tournez Vous,

leur disait-il, vers Je Sauveur, 64 mettez en lui

loute votre confiance, il puriliora Vos cours en

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les lavant dans son Sang de tous leurs péchés, Vous savez que je suis baptisé: j'en suis heureux et Vous aussi, Vous ne trouverez de bonheur qu’en Jésus, car, ni dans ce monde, ni dans l’autre, nous n'avons d'autre Sauveur que lui. Quand nous avons été lavés par le sang de Christ, nous n'avons plus rien à craindre, ni de la mort, ni des ténèbres, parce que Jésus nous garde et nous fait parvenir à la lumière éternelle où nous le contemblerons à toujours. 11 nous appelle à venir à lui, Nous ne pouvons entendre sa voix, mais il nous a envoyé les frères qui nous expliquent sa Parole ct qui nous montrent le chemin qui nous mène à Lui. Ce sont nos Cœurs qu'ils désirent gagner à Christ. Nous ne saurions assez bénir Dieu de ce qu'il nous les à envoyés; et ceux d’entre eux qui ue parlent pas notre langue prient le Seigneur Pour nous, lui demandant de faire sentir à nos cœurs l'eflicace de son Sang. Quant à moi, j'ai été sorcier et j'ai souvent pratiqué mes sortiléges. J'en ai honte aujourd'hui, parce que c’est le chemin qui conduit aux grandes ténèbres et à la mort; mais lorsqu'on regarde au Sauveur et à ses blessures, on a le cœur inondé de lumière et de paix, et c'est la seule chose qui nous importe réellement dans ce monde,» Cette citation, que

veuu un fidèle confesseur de Jésus-Christ, et que l'éloquence dont il se servait jadis pour perdre les

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âmes, en les retenant dansiles liens du mensonge, il la mettait maintenant tout entière au service de Jésus et üe son Évangile. Aussi ses discours produisaient-ils dans l'âme de tous ses auditeurs une profonde impression. Déjà, dans le courant de l'été 1776, les missionnaires avaient la joie de voir assister régulièrement à leurs réunions plus de deux cents Esquimaux , qui étaient venus se fixer dans les environs de Naïn. L'action de gräce et la re- Connaissance débordaient du cœur des missionnaires, et ils étaient puissaimment encouragés dans leur travail,

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