‹ Histoire de l'évangélisation des Lapons [microforme]Chapitre 28 sur 33 · daté hé ci 2 nt mm tie RS Purée · texte numérisé non relu

daté hé ci 2 nt mm tie RS Purée

douceur extraordinaire faisait craindre que de longtemps la mer ne se gelât de nouveau, et l’on n'aurait eu alors, pour retourner à Naïn, d'autre chemin qu'une horrible montagne entièrement inconnue, même des Esquimaux, qui refusaient absolument de s’y engager, À ces inquiétudes venait s'ajouter celle de manquer de vivres. Pour un voyage qui devait durer trois jours au plus, les missionnaires n'avaient pris que peu de chose avec eux, et les Esquimaux, toujours inscuciants, n'avaient pas même pensé à prendre quelquo chose, Ils avaient d’ailleurs compté sur la bienveillance accoutumée des Frères. Il fallut se condamner à la plus mince ration possible, Au quatrième jour, les Esquimaux se mirent à man- CP Sans répugnance les peaux dont ils s’enveloppaient la nuit, En le faisant, ils disaient avec une triste gaieté : « Hier vous étiez notre lit, aujourd'hui vous voilà devenues notre diner. » Ces hommes ont une faculté de sommeil vraiment EXtraordinaire ; ils dormaient pour oublier leur affreuse position, mais les missionnaires priaient, Enfin, au sixième jour, celui qui, selon l'expression d’Elihu, « par son souffle donne la glace, » fit geler de nouveau la mer, et nos amis, pleins de reconnaissance, vinrent culmer à Naïn de ansuisses qui n'avaient guère été moins grandes que les leurs,

Car, en eflet, au Labrador, cemme chez nous, il y à toujours des personnes empressées à col-

porter les mauvaises nouvelles et à leg exagérer au besoin. Les Esquimaux qui avaient rencontré nos amis au commencement de leur voyage, vinrent annoncer à leurs familles qu'ils avaient infailliblement péri, « Samuel et William, disaientils, ne sont plus. On ne saurait les retrouver que dans le corps des requins. » Nos lecteurs peuvent se représenter quelles actions degrâces s’élevèrent à Dieu du sein de ces piruses familles, lorsqu'elles virent arriver sains et saufs ceux qu'on avait cru perdus.

La station d'Okak prit un essor réjouissant, et si là comme ailleurs, les missionnaires eurent à déplerer chez leurs néophytes bien des infidélités ct des misères, ils eurent aussi la joie de pouvoir cueillir maint épi mûr pour l'éternité, Ainsi, par exemple, Daniel disait dans sa dernière maladie : « Toutes les choses dans lesquelles jemettais jadis maconfiance,sont pour moi comme si elles étaient au fonu de la mer ; ma seule espérance est le Sauveur, c’est vers lui que se repcrtent toutes mes pensées,» Témoin encore “ette veuve Esther, qui s’écriait souvent en parlant du Seigneur : « N’est-" il pas mon Père ? Où que j'aille, où que je m'arrête, il est avec moi et j puis tout lui dire ! » Et trois jours avant sa mort, elle disait: « Si je vis, je suis au Sauveur, et sije meurs, Je vais à lui. Que je vive ou que je meure, je lui appartiens, S'il m'a rachetée au prix de son sing, ne me donnera-t-il pas à toujours une place auprès delui ? »

Page 1