‹ Histoire de l'évangélisation des Lapons [microforme]Chapitre 29 sur 33 · Station de Hoffenthal · texte numérisé non relu

Station de Hoffenthal

Mais tandis que les stations de Naïn ct d'Okak se développaient plus ou moins lentement, aucune station ne s'élevait encore Jà où Erhardt ct ses COMpagnons avaient fait leur première tentative et élevé a première demeure européenne, Ce fut dans ce lieu, situé à environ 150 milles au sud de Nain, comme Okak l'était à 150 milles au nord, que lesinfatigables missionnaires fondèrent, cn 1782, une troisième station. Ils lui donnèrent, comme jadis, le nom de Hoffenthat (val d'espoir), nom qui avait pu sembler si mal choisi, mais qui, dans leur pensée, devait attester au monde entier, etsurtout au monde boréal que celui qui s'attend à l'Eternel n’est, quoi qu'il arrive, jamais confus dans son attente, Un certain nombre d'Esquivwaux ne lardèreat pas à se fixer auprès des missionnaires et à embrasser le christianisme, Mais c’est peut-être, de toutes les stations du Labrador, celle qui fut haut degré, pour les messagers de l'Evangile, un cnfant de douleur, Les relations fréquentes de commerce qui reliaient ces Esqui- Maux les plus méridionaux du Labrador avec les

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Indiens et les Anglais du Canada, paralysèrent pendant bien longtemps l’effet que devaient produire sur eux les paroles d.s missionnaires, Sauf de rares exceptions, aueur: des Esquimaux qui avaient embrassé le christianisme ne pouvait être envisagé comme un chrétier vivant et affermi. Une contagion survenait-elle, ils recouraient aussitôt, pour s’en garantir ou s'en délivrer, à des pratiques idolâtres auxquelles ils avaient pourtant fait vœu de renoncer à toujours. Le dimanche, la chapelle était souvent déserte, tandis qu'aux jours de fête on y accourait en foule, Le formalisme et la dissimulation régnaient sans parlage au milicu d'eux. Le désir de se rendre au sud, pour y visiter les établissements des marchands anglais et ; trafiquer avec eux, devint général, et claque fois qu'ils en revenaient, ils se montraient moins bien disposés qu'auparavant envers les missionnaires, et résistaient plus ouvertement à tous leurs avertissements et à toutes leurs remontraices. Dans une assemblée , tenue à Hoffenthal, en 1786, ils en vinrent jusqu’à défendre à tout ir<ène, sous les peines les plus sévères, de confesser une faute quelconque aux missionnaires, : Peu importe, disaient ?

meneurs, cotrinent fes Esquimaux se conduisent, pourvu es Frères n'en sac'ent rien! »

En 1789, ; .èque Spangenberg se sentit pressé d'adresser à ceux d’entre eux qui avaient reçu le baptême, une lettre pleine de charité et d'onc-

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tion, pour les rendre attentifs à la jégèreté de leur conduite et les Conjurer de se rendre aux exhortations de leurs fidèles missionnaires. Cette lettre fit sans doute Quelque impression sur le cœur de plusieurs d'entre eux, mais le plus grand nombre restèrent absolument insensibles et continuèrent à associer les formes extérieures du christianisme à tous les sentiments et à tous les vices du paganisme. |

Néanmoins les choses allaient bientôt changer de füice; mais avant que de raconter cette heureuse rünsformation, nous voulons, quoique cela nous oblige à anticiper sur les dates, vous parler de la dernière Stition qui fut fondée au Lobrador.

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