Station de Hébron
Le développement que prit la station d'Okak fit naître dans le cœur des missionnaires le désir, et servit en mème temps à leur démontrer l'opporunité de fonder une nouvelle Station pour se rapprocher du gros de la Population qui habite à l'extrémité septentrionele de la presqu'ile du Labrador, Après en avoir reçu la permission de la Direction de l'Unité des Frères, ils cherchèrent longtemps un emplacement convenable, et ils crurent enfin l'avoir trouvé dans une baie située
à environ 400 milles au nord d'Okak, où les frères Stürmann et Kmoch élevèrent, en 1828, une mäison de bois qui avait été fabriquée à Okak. C'est là que fut fondée, en 1830, la nouvelle station de Æébron. Plusieurs familles d'Okak vinrent s’y fixer, ainsi que maintes familles encore paienncs venues du nord. Le terrain destiné à recevoir ces précieuses semailles avait été singulièrement préparé : quelques Esquimaux apostats , impatients du joug de l'Évangile, avaient, à diverses époques, quitté les stations de Nain, d'Okak et de Hoffenthal, pour aller reprendre, avec leurs Superstitions, la vie nomade et aventureuse de leurs frères du Nord: mais la plupart emportérent avec eux les précieux livres qu'ils possédaient. Lorsque les sauvages virent ces livres, ils conçurent un vif désir d'apprendre à lire, et ceux qui les possédaient se firent un devoir de leur enseigner la lecture. Si les maîtres étaient incréduics, les livres dont ils se servaient étaient Ja Paroi de Dieu, qui, trouvant accès dans le cœur de plusieurs de ces Esquimaux encore sauvages, fit naître le désir de se mettre en rapport avec les missionnaires et de venir se fixer à Hébron. Et, déjà le jour de Pâques de l'an 1835 les missionnaires eurent la joie de pouvoir baptiser les quatre premiers néophytes de cette station. A cette occasion, les Esquimaux de lu station iémoignèrent à leurs missionnaires la vive reconnaissance qu'ils éprouvaient de ce qu'ils étaient venus se fixer au
milieu d'eux, et ils Promirent solennellement de vivre désormais pour le Sauveur et non plus pour cux-mêmes,
Le plus grand nombre de ces Esquimaux du nord venaient pour trafiqueravec ceux des stations missionnaires, mais les Frères ne les laissaient Jjûnais repartir sans leur avoir parlé de leur Créateur et du salut qui est en Christ, Ils rencontrèrent parmi ces Esquimaux du nord, plus encore que ‘Parmi ceux du sud, des esprits forts et moqueurs qu’on aurait PU croire avoir été formés à là triste école de Voltaire,
— Cette terre, demandait l'un d'eux, doit-elle réellement être détruite?
— Sans doute, répondit le missionnaire en citant à l'appui quelques-uns des passages bibliques qui parlent de la fin du monde,
— Oh bien, répondit le Siuvage en r tant que je la sens ferme et solide je puis retarder ma conversion,
— Büh! reprit un autre choses ont toujours existé toujours ainsi,
icanant, sous mes pieds,
vec insouciance, ces et elles existeront
« Un jour que les missionnaires leur annon- Caient avec une grande force le mystère de la rédemption, un jeune homme s'avisa de leur répliquer avec le plus grand sang-froid :
— N'auriez-vous point ré
vé ces choses pendant la nuit?
Quelques-uns, plus sé
rieux, ivouaient tout sim
plement qu'ils ne se sentaient pas capables de vivre avec les croyants : beau témoignage rendu à l'Évangile. 11 est arrivé Parfois qu'un chef, alors même que toute sa famille était opposée au chris tianisme, a cependant voulu s'établir pendant quelquetempsà Hébrou. Peu à peu les rayons de la grâce ont pénétré dans son cœur, puis aussi dans celui
dess en sorte qu'il a pu être de ce chef comme de ille et du geôlier de Philippe : Sa foi l'a sauvé, tut et toute sa maison, En peu d'années cette
station a pris un développement tout aussi r'éjouissant qu'aucune des trois autres,
C’est ainsi que s'élevèrent successivement les quatre stations du Labrador. Or comptait à la fin de l’année 1800, dans les trois premières, 228 Esquimaux, dont 410 avaient éta reçus dans l'Église par le baptême, C'était le fruit de trente années de Wavail, de privations et de souffrances. Mais 1 vie de ces Esquimaux répondait en général bieu peu à tous les efforts des mi Haires, et l'on aurait pu dire de ces trois stations « que nous avons dit de l'une d'elles. Les pasteurs étaient Sans joie, parce que la vie de Dieu n'animait leurs troupeaux,
Le formalisme et la dissimu des Esquimaux faisaient leur désespoir: uelquesuns paraissaient avoir recu pendant une serieuse et profonde impression, les < inaires la trouvaient ensuite effacée par les ements qu'ils avaient eus durant l'été avve | F8 Compatriotes Paiens, Le seul recours des Fri voa dans ces cir-
L'EVANGILE AU LABRADOR, 4 constances décourageantes, c'était la prière. Plus ils étaient attristés de voir la mort spirituelle de leurs troupeaux, plus ils redoublaient d’ardeur ct ! depersévérance dans leurs supplications : une telle
persévérance et d'aussi ardentes brières ne pou- " vaient rester sans exaucement, Un beau réveil : allait éclater,
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