Bernstein, les Sens, p
INTRODUCTION
fois, des oiseaux de nuit, chez lesquels le nombre des bâtonnets s’accroît de nouveau, — on en pourrait conclure que les bâtonnets sont les éléments les plus sensibles à la lumière. Chez l’homme et les singes, les bâtonnets diminuent là où se produit la vision la plus nette, sur la tache jaune , et le milieu de cette place ne porte que des cônes 1 .
Une autre question bien délicate, et qui domine toutes les spéculations sur le sens des couleurs, est celle de savoir si les éléments de la rétine qui perçoivent la lumière l’analysent, comme c’est le cas, dans un autre ordre de phénomènes, pour les organes de Corti qu’ébranlent les ondes sonores. On parle, en effet, tous les jours de l’harmonie des couleurs, et, depuis Aristote, on a souvent comparé la gamme musicale à la série des couleurs 2 . Mais, ainsi que le font observer entre autres Bernstein et Wundt, rien de moins comparable que l’impression d’un mélange de couleurs et celle d’un accord musical. Une oreille exercée
1. W. Wundt, Grunÿzüge der physiologischen Psychologie, p. 336.