Cf. Helmholtz, Optique physiologique, p
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distingue les sons d’un accord, une.couleur composée fait une impression d’ensemble, et l’œil ne saurait démêler dans la lumière blanche les couleurs fondamentales qu’elle contient. Ainsi, il n’y aurait point de raison de supposer dans la rétine l’existence d’organes terminaux distincts, qu’il s’agisse de fibres nerveuses douées de sensation spécifique, comme l’a cru Thomas Young, ou, ainsi que l’ont admis Helmholtz et Max Schultze, de régions déterminées des couches de cônes et de bâtonnets.
Dans l’hypothèse de Th. Young, à laquelle Helmholtz a donné le poids de son immense autorité en l’adoptant, on admet que chaque point do la rétine reçoit trois filaments nerveux, l’un impressionable au rouge, l’autre au vert, le troisième au violet, ou, selon Maxwell, au bleu, c’est-à-dire aux trois couleurs fondamentales. Quand la lumière , ou toute autre excitation, vient ébranler les milieux de l’œil, ces trois espèces de fibres sont excitées à la fois, mais chacune à un degré différent, selon la longueur d’onde et le nombre des vibrations lumineuses de l’éther. Si les plus longues prédominent, on éprouve la sensation du
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rouge; les ondes de longueur moyenne éveillent l’idée du vert, celles de moindre longueur la perception du bleu et du violet. Du mélange des sensations du rouge et du vert naît le jaune; le bleu résulterait du mélange des sensations du vert et du violet. Enfin, l’excitation égale de ces diverses fibres donne la sensation du blanc.
Ainsi, la différence entre les sensations cor lorées dériverait uniquement du degré relatif d’excitation des trois espèces de fibres dont Th. Young avait admis l’existence. Son hypothèse est un cas spécial de ce qu’on nomme la loi des énergies spécifiques des sens. On connaît bien les phénomènes qui ont servi à l’édifier ; on ignore profondément ce qui se passe dans les terminaisons Centrale et périphérique du nerf optique. Ni chez l’homme ni chez les mammifères, on ne connaît un fait anatomique qui ait trait à cette théorie des couleurs ; chez les oiseaux et les reptiles, Max Schultze a pourtant découvert une structure qui paraît en rapport avec elle.
Au point de vue physiologique, on a la preuve qu’il existe dans la rétine des fibres nerveuses particulièrement sensibles au rouge ; là où elles
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manquent ou sont inexcitables, par exemple, dans un œil normal, au bord de la rétine, la sensation du rouge fait défaut. Souvent cette cécité du rouge s’étend à tout l’organe ; cette infirmité (le daltonisme), à des degrés divers, est fort commune : sur vingt personnes, il y en a. une environ qui ne distingue pas exactement la couleur rouge. Pour nous tous, la faculté de distinguer certaines nuances du bleu et du violet est encore assez indécise et vague. Déjà nous avons noté, avec M. Magnus, que, pour le violet en particulier, la sensibilité de notre rétine est actuellement dans un état d’élaboration. Pour l’ultra - violet, la faiblesse de l’intensité lumineuse est extrême. Or ce n’est pas à l’absorption de la lumière dans les milieux de l’œil qu’il convient d’attribuer la faible intensité de l’ultra-violet. Helmholtz dit expressément que la cause en est dans l'insensibilité de la rétine 1 . Nul doute qu’avec le temps, et grâce aux influences croisées de l’adaptation et de l’hérédité, les parties de la rétine, encore insensibles à l’ultra-violet, ne finissent par nous