‹ Histoire de l'évolution du sens des couleursChapitre 12 sur 65 · Optique physiologique, p · texte numérisé non relu

Optique physiologique, p

INTRODUCTION

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donner une claire conscience de cette couleur.

Malgré tout, notre sens des couleurs sera toujours assez borné. Une comparaison empruntée à Clausius le fait bien comprendre: les sons employés dans la musique occupent à peu près neuf octaves, et l’ensemble de ceux que l’homme est capable de percevoir s’élève au-delà de douze octaves ; or, toutes les couleurs visibles ne comprennent pas une seule octave ! Laissons, si l’on veut, cette comparaison. Helmholtz, Clausius, Tyndall, tous les physiciens et, je crois, tous les physiologistes, conviennent que, en outre des ondes d’éther d’une longueur moyenne qui affectent seules notre rétine, et qui nous donnent nos sensations de lumière et de couleur, — au-delà des ondes d’éther trop courtes ou trop longues constituant pour nous l’ultra-violet et l’ultrarouge, — il existe un nombre immense d’ondes émises par le soleil et par les autres corps lumineux, qui frappent notre rétine sans y éveiller de sensation lumineuse. En deçà et au-delà d’une certaine limite, les vibrations de l’éther cosmique, comme celles des ondes sonores aériennes, n’excitent plus notre sensibilité visuelle ou acous-

INTRODUCTION

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tique. Notre rétine ne réagit que sur un nombre relativement petit de vibrations éthérées.

Imaginons des yeux qui, au lieu d’être uniquement sensibles comme les nôtres aux vibrations moyennes, le seraient aux vibrations extrêmes : le monde apparaîtrait, avec d’autres couleurs, sous un tout autre aspect. Cette hypothèse, qu’a faite Bernstein, est strictement scientifique 1 . Le même savant admet la possibilité, chez nos descendants , d’une sensation du blanc differente de la nôtre : « Il est très-probable que la qualité de la lumière que nous appelons blanche ne resterait pas- la même si le rapport des couleurs se modifiait dans la lumière solaire, et comme nous supposons que le soleil et sa lumière ne sont pas invariables pour des temps infinis, il serait possible que nos descendants éloignés possédassent une tout autre sensation du blanc que nous 2 . »

C’est en méditant de tels faits qu’on se persuade que ce monde, tel qu’il nous apparaît, n’est qu’un phénomène cérébral. Quel rapport y a-t-il entre ces vibrations de l’air et de l’éther, qui à chaque

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