Zur Entwickelungsgeschichte der Menschheit, p
2. Cantique des Cantiques, II, 13 ; VII, 14. La mention qui est faite de Thirza comme capitale du royaume du Nord (VI, 4), indique que ce poëme hébreu est environ du second tiers du x* siècle avant notre ère. Voy. de Wette-Schrader, Lehrbuch (Berlin, 1869), p. 560 et suiv. - Cf. Histoire littéraire de l'Ancien Testament, de Th. Noeldeke, p. 222 de notre traduction (Paris, 1873). — N. d. Tr.
notre ère, ne manque pas, en décrivant aussi le paradis, de vanter le parfum délicieux de l’arbre de la science du bien et du mal, ainsi que celui d’autres arbres du même séjour 1 . On peut aussi démontrer par le langage que le sens des odeurs agréables n’éxistait point à l’origine, et, quoiqu’il ne soit pas toujours juste d’instituer un parallèle en forme entre le développement de l’enfant et celui du genre humain, il est néanmoins ins-
1. Le livre d’Hénoch est, selon Dilimann, de 120 à 115 avant J.-C. (Bas Buch Henoch, iibersetzt und erklârt von A. Dillmann. Leipzig, 1853, p. xliv). Le passage relatif au paradis, auquel fait allusion Geiger, se trouve, comme me l’apprend mon père, professeur de langues orientales à l’université de Breslau, dans le texte éthiopien de Dilimann : Liber Henoch, Lips. 1851, p. 18, chap. xxxn; Dilimann le traduit (p. 16, ch. xxxn) : ce Et après ces parfums, en regardant vers le Nord, .je vis sept montagnes couvertes de nard précieux et d’arbres odoriférants... Et j’entrai dans le jardin de la Jdstice [le Paradis] et j’y vis une multitude variée de ces arbres. Beaucoup et de grands y croissaient, odériférants, élevés, très-beaux et superbes, et l’arbre de la sagesse,... le parfum de l’arbre se répand au loin. » Un passage plus décisif encore pour notre sujet se trouve (chap. xxiv, p. 14) dans la description de l’arbre de la vie, placé en ce livre d’Hénoch en dehors du Paradis : « Toutes les sept montagnes ressemblaient à un trône entouré d’arbres odorants. Et parmi ces arbres, il y en avait un comme je n’en avais jamais vu,.ni de ceux-ci ni d’autres; aucun parfum ne pouvait être comparé à celui de cet arbre... » Et plus loin : « Et cet arbre de parfum délicieux, il n’est permis à aucun mortel de le toucher, » etc.
tructif de remarquer ici combien les enfants demeurent longtemps indifférents aux bonnes et même aux mauvaises odeurs. »
Après avoir ainsi montré que, en parlant d’un développement historique de nos sens, je n’entends point considérer l’activité générale, élémentaire, de chaque sens, — par exemple la perception de la lumière en tant que lumière, — mais seulement étudier le développement des fonctions plus élevées, il paraît bien qu’aucune obscurité ne peut planer sur la pensée qui dirigera tout ce travail. On se propose de rechercher quand et dans quelles conditions la rétine de l’œil humain a perçu dans les rayons lumineux qui la frappent et l’excitent, outre la sensation de la lumière, celle de la couleur, et, de plus, comment s’est développée la capacité de distinguer les différentes couleurs.
Après avoir ainsi indiqué brièvement le but et l’intention de ce travail, il ne reste plus qu’à esquisser en quelques mots la marche que nous désirons suivre.
La médecine, on l’a déjà remarqué, ne s’est guère encore occupée d’études de ce genre. Loin de nous la pensée de lui en faire un crime. Nous estimons,
au contraire, que la médecine, avec ses sciences auxiliaires seules, n’est pas en état de résoudre un tel problème. Chaque étude de cette nature, qu’elle ait trait aux fonctions de l’œil, de l’oreille ou du nez, exige avant tout et surtout une exploration aussi exacte que possible de la littérature la plus ancienne des peuples les plus divers. Les connaissances acquises par cette voie, rapprochées des indications que l’on trouve dans les monuments écrits des générations suivantes, peuvent seules préparer à la médecine un terrain solide sur lequel elle édifiera ses conclusions et développera des lois.
Toutes les questions de cette nature exigent, pour être résolues avec succès , que les sciences philologiques et les sciences naturelles se tendent une main fraternelle. Ici se rencontrent, comme l’a dit très-justement Geiger, les résultats de la linguistique avec ceux de la physique et de la physiologie. Voilà la voie où nous devons entrer, nous aussi, si nous voulons obtenir un résultat sérieux, vraiment scientifique. Avant tout, il nous faut chercher à obtenir de la philologie des faits et des principes certains, pour en tirer ensuite nos conclusions physiologiques.