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CHAPITRE III

Les coùleurs riches en lumière qui répondent aux couleurs rouge, orangée et jaune du prisme.

La capacité de sentir et de percevoir les couleurs lumineuses appartenant à l’extrémité rouge du spectre, particulièrement le rouge et le jaune, existe aux plus anciennes époques historiques. Aux périodes où manquent encore toutes les indications des couleurs, le rouge et le jaune sont déjà signalés. Toutefois, le jaune de ces époques ne paraît pas avoir été identique à la nuance de même nom de notre spectre. Les mots qui désignent le jaune proviennent, d’après les recherches étendues et approfondies de Geiger, des racines qui servent à désigner l’or, du rouge jaunâtre et du rouge sombre. Au contraire, c’est à peine si, en ces âges reculés, le rouge est distingué de l’idée du blanc. Bref, â cette période primitive

de l’évolution du sens des couleurs, on ne désigne, à côté du défaut de lumière, du noir, que l’intensité lumineuse.

Ainsi, comme en témoignent les hymnes authentiques du Rig-Véda, monuments littéraires de cet âge 1 , ce qu’on distinguait surtout dans chaque rayon lumineux, c’était sa quantité de lumière, son intensité lumineuse, si bien que, lorsque celle-ci était minime, on considérait cette couleur comme noire, tandis que, quand la quantité de lumière était considérable, on éprouvait une sensation de couleur qui paraît répondre à notre rouge ; mais cette sensation était encore au plus haut point rudimentaire, et le caractère plus spécial de la couleur ne jouait qu’un rôle très-effacé, comparé à celui de l’éclat lumineux. Ceci ressort déjà visiblement de ce fait qu’on ne savait pas alors distinguer les notions du blanc, c’est-à-dire de l’intensité lumineuse prononcée, et du rouge, par des noms particuliers et distincts. Geiger observe avec raison que, « dans les chants authentiques du Rig-Véda, le blanc est encore à peine distingué du rouge ».

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