‹ Histoire de l'évolution du sens des couleursChapitre 34 sur 65 · Odyss., 16, v · texte numérisé non relu

Odyss., 16, v

Et puisque Homère, malgré les occasions qui se présentaient en grand nombre et d’une manière presque forcée, ne se sert d’aucune autre expression pour le vert, il serait ainsi démontré qu’à cette époque la notion de cette couleur se confondait encore avec celle des nuances pâles et jaunâtres, ou, du moins, qu’elle commençait à peine à se développer.

Plus tard encore la, signification du mot yXwpéç, avec l’acception de vert, est demeurée longtemps subordonnée et secondaire au regard de celles du même mot servant à désigner les nuances fauves et jaunâtres. Hésiode applique bien l’épithète yXwpoç au vert des arbres, quand il dit d’une branche verte yXcspoç SÇoç ( Scut. Herc., 393); mais, il qualifie aussi la couleur de l’acier de yXosp iq (Scut. Herc., 231). Nous trouvons un emploi analogue de yXwpcç chez Pindare, Sophocle, Euripide, Thucydide, etc. Sophocle, par exemple, appelle yXwpoç la couleur du sable (Ac., 1043), et Thucydide peint par l’épithète yXwpoç la teinte livide et pâle, et tirant sur le jaune, d’un malade, alors qu’Euripide (Cycl. 67) désigne par ce même adjectif le vinblanc, pour le distinguer du vin rouge.

Au temps d’Aristote, est déjà plus net¬

tement rapproché de la notion du vert. On se sert déjà assez généralement de ce mot pour désigner le vert clair des plantes et pour le distinguer des teintes plus foncées. Aristote appelle yXwpoç la couleur de toutes les jeunes plantes *; il dit expressément : « C’est pourquoi toutes les parties des plantes qui s’élèvent au-dessus du sol sont d’abord vertes 1 2 . » La décoloration automnale des feuilles est aussi caractérisée par Aristote, quant à sa valeur chromatique, par l’adjectif yjMpiç-, et ce ne sont point les feuilles déjà complètement desséchées et jaunies qu’il désigne ainsi — il se sert alors du mot ïjavôdç — mais cette teinte dans laquelle le vert végétal du feuillage encore tendre commence à se faner et à passer au vert jaunâtre. Ainsi, au temps d’Aristote, la notion contenue dans le mot x^ w P°î avait déjà atteint un degré d’élaboration bien supérieur. Quoiqu’elle soit encore très-rapprochée de l’idée qui représente les tons pâles et qu’elle n’ait pas

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