‹ Histoire de l'évolution du sens des couleursChapitre 36 sur 65 · Cf. Nomb. XXII, 4; IV Rois, XIX, 26; Prov. XXVII · texte numérisé non relu

Cf. Nomb. XXII, 4; IV Rois, XIX, 26; Prov. XXVII

*3ç yopzoq 7 X 0 pôç. Bien plus ; en conformité avec ces passages des Septante et du Nouveau Testament, Elien 1 emploie le mot 7X00poç seul, sans autre addition, pour désigner les plantes et les herbes : « Autour fleurissent des arbres et beaucoup de verdure, » itoXXà 7X10pa 2 .

On peut d’ailleurs reconnaître, par l’emploi de maints autres termes, que la notion du vert est née de l’idée générale de la clarté : y\oœ%6ç, par exemple, qui n’a jamais eu à vrai dire le sens de vert, mais qui sert à l’occasion pour désigner certaines nuances de cette couleur, tels que le vert des feuilles, de quelques minéraux - , etc. 3 , n’a désigné à l’origine qu’un certain effet de lumière, sans nul rapport avec un ton chromatique déterminé. La notion de la couleur n’est sortie que plus tard du mot yX auxéç, qui n’indiquait

1. Variae historiae , XIII, 16. K ai ucpi avtôv £<ru SlvSpa eùéaXrj xal itoXXà ^Xmpâ. — Elien de Préneste vécut dans la seconde moitié du n* siècle.

2. L’édit, de Hercher, de la Bibliotheca scriptorum graecorurn de F. Didot, et de la Bibliotheca Teubneriana, a ici nàx xXw pi, « de l’herbe verte », « de verts feuillages » de plantes ou d’arbres. — N. d. Tr.

3. Comparez, touchant cet emploi de YXavxic, Lucas : Quaestionum lexilogicarum liber primus. .Bonnae, 1835, § 40-48, p. 63 et 6uiv.

d’abord, je le répète, qu’un jeu de lumière, et il n’a pris l’acception secondaire dont nous parlons que peu à peu et par l’effet du développement du sens des couleurs.

D’ailleurs la signification de yXupoq comme jaune pâle, loin de disparaître pour cela, reste toujours en usage. Ainsi, dans la version grecque d’Isaïe (xxvu, 11), ykupcç a certainement le sens de jaune pâle ou jaunâtre, de même que, dans Y Apocalypse (vi, 8), le cheval d’un des cavaliers apocalyptiques est appelé yktopôq, ce fi ue Ewald 1 traduit très-bien par Isabelle. Suidas, le célèbre lexicographe du xi e siècle de notre ère, n’hésite pas non plus à identifier yXupbç avec ùypôq, c’està-dire avec un mot désignant une teinte jaune très-prononcée. En tout cas, l’acception de y'/Mpbq au sens de jaune pâle ne dominait plus absolument aux derniers temps de l’hellénisme; elle se perdait de plus en plus devant la signification de vert que prenait' ce mot. Cette notion du vert proprement dit représentée par y^wpsç» sans idée accessoire d’une transition au jaune, pâle, la science moderne paraît l’avoir maintenue; car la

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