Tim., 68 c. IIuppoO Sà piXocvt [xspxvvoupivou] îcpàsiov
2. De coloribus, cap. 5, 795 a et 797 a 20. MâXXov pèv o5v tou bypoO p.sXoavopivov -ro itoùSs; y£vsxat xaxaxopè; icx^pû; xat npaaosiSI;.
3. De sensu et sensibilibus , § 77. T9|v Icrâxiv IxpiXavoç <rp6Spa xal yXwpoO uXsîo) Sè (xoîpav eyeiv toO piXavo;.
4. Ainsi, dans l’édition grecque et latine de cet auteur, publiée, en 1589, par Antonius Saracenus, npxo-ioç (lib. III, cap. 15) est rendu par niger.
Il paraît pourtant qu’à cette époque, c’est-à-dire au second siècle de notre ère, on s’en servit déjà pour le vert en général, car en plusieurs endroits de Dion Cassius il désigne le vert sans qu’on fasse allusion à une nuance particulièrement sombre et foncée.
Ainsi, le vert sombre est venu par une voie contraire à celle qu’avait suivie le vert clair. Celui-ci, issu progressivement de la notion des tons pâles, est sorti par une évolution séculaire d’une couleur voisine, le jaune de notre spectre newtonien ; la sensation des nuances plus foncées du vert s’est développée de l’idée générale du sombre et de l’obscur.
La notion du bleu s’est également confondue, à certaines époques de l’antiquité, avec cette même idée : voilà pourquoi, on le comprend, plusieurs auteurs anciens ont commis si souvent une étonnante confusion du bleu et du vert. Il est donc permis d’affirmer que, durant certaines périodes de l’évolution de l’homme, la rétine n’a pas distingué dans les tons verts le caractère propre de cette cou leur et n’en a pas eu conscience, grâce à une sensation particulière et spécifique. Elle a plutôt, selon
le degré de clarté et d’intensité lumineuse de chaque nuance verte, noté uniquement celle-ci, soit comme claire et tirant sur les tons pâles, soit comme sombre et foncée. Ce n’est que peu à peu que, de la sensation de l’intensité lumineuse, s’est dégagée la perception du caractère propre de la couleur verte.
Ce qui prouve la vérité de- cette assertion et son accord avec les faits historiques, c’est que, même en un temps où la rétine avait pu déjà percevoir le vert proprement dit par une sensation spécifique, les qualités lumineuses du vert conservaient encore une plus grande importance que sa valeur chromatique. Aristote 1 note expressément que, par ses rapports particuliers avec la lumière, par sa position intermédiaire entre le clair et le sombre, le vert est surtout capable d’agir sur l’œil de l’homme. Il fait résulter de ces rapports, et non du caractère propre de la couleur verte, la valeur thérapeutique de cette teinte; on s’explique ainsi qu’il ne dise pas un mot, en cet endroit, de la valeur chromatique du vert, et qu’il n’insiste que sur ses propriétés lumineuses.