‹ Histoire de l'évolution du sens des couleursChapitre 44 sur 65 · Ürsprung, etc., p · texte numérisé non relu

Ürsprung, etc., p

2. L’usage particulier qu’Homère a fait des mots servant â désigner les couleurs a déjà conduit autrefois à soutenir que seul l’état défectueux du sens des couleurs à cette époque' pouvait expliquer cet étrange phénomène. Gladstone surtout a soutenu cette hypothèse d’une manière très-convaincante (Studies on Homer , etc.).

du bleu n’existait pas encore dans la rétine humaine; que la sensation du bleu ne s’était pas encore manifestée dans les éléments nerveux de la rétine comme un acte de perception spécifique et se confondait avec celle des teintes sombres plus ou moins foncées. Ceci admis, nous comprenons pourquoi Homère, dans toutes ses poésies, ne mentionne pas une seule fois la couleur bleue du ciel, je dis du ciel de l’Ionie, qui chez nous est devenue presque proverbiale à cause de son ton vif et intense. Nous comprenons aussi maintenant pourquoi Homère, là où nous parlerions de gris ou d’une teinte pâle et obscure, emploie, comme dans ce passage, le mot xuaveoç :

... .{iravspOs 81 faîa çâvsaxs •^à]X|X(p xuavéïj '.

« Et au-dessous la terre apparaissait — ayec du sable de couleur sombre. »

Tous ces faits ont amené plusieurs auteurs 1 2 à refuser — et non sans raison — â l’époque homérique la perception consciente du bleu; ils

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