‹ Histoire de l'évolution du sens des couleursChapitre 47 sur 65 · De sensu et sensib · texte numérisé non relu

De sensu et sensib

valeur chromatique du xuâveoç permet aussi d’y reconnaître une couleur obscure et sombre; car, d’après lui, le bleu est composé de vert très-sombre, tirant sur le noir, et de couleur de feu 1 2 . Devant une telle conception de l’impression chromatique du bleu, comment s’étonner encore que Pindare, comme on l’a vu, compare la couleur des cheveux à celle des violettes, et que Théophraste appelle noire la couleur des violettes ?

La notion du noir et de l’obscur paraît avoir fait partie de celle du bleu durant toute l’antiquité grecque, et même jusqu’aux temps postérieurs à l’ère chrétienne. Suidas encore n’hésite pas à identifier xuaveoç avec noir z , ou du moins à soutenir que le bleu est une couleur qui se rapproche du noir 3 . Il semble donc qu’alors même que les philosophes connaissaient déjà le bleu comme tel, et qu’ils l’avaient discerné de la notion de l’obscur et du noir, — cette couleur continuait toujours, du moins aux yeux des poètes et du peuple,

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