Far., III, ep
La connaissâncè des diverses teintes et nuances de la couleur bleue ne semble pas, d’ailleurs, être née sur le sol grec ou romain ; elle paraît plutôt avoir été importée d’Égypte. Théophraste 1 rapporte qu’au témoignage des historiens, la fabrication artificielle du bleu égyptien avait été inventée par un des anciens pharaons. Nous retrouvons cette indication chez Yitruve, qui dit expressément : « Caerulei temperationes Alexandrie primum sunt inventae 2 . »
Il paraît qu’il existe encore aujourd’hui des peuplades chez lesquelles le sens des couleurs est si peu développé, qu’elles sont incapables de distinguer le bleu des autres teintes par une sensation particulière et spécifique. Du moins, nous croyons pouvoir le conclure de l’observation suivante de Bastian 3 : « Dans les pages où il a montré, touchant le sens des couleurs aux époques reculées, que le bleu était absent des Yédas, du Zendavesta, de la Bible et des poëmes homériques, Geiger remarque que les mots employés pour