‹ Histoire de l'évolution du sens des couleursChapitre 7 sur 65 · L. c., pp. 247-8. Cf. t. III de la v* série, p · texte numérisé non relu

L. c., pp. 247-8. Cf. t. III de la v* série, p

INTRODUCTION

Cette distinction faite, il reste à examiner par quel processus physiologique la rétine humaine est arrivée à sentir, par une sensation propre et spécifique, outre la quantité, la qualité de la lumière , c’est-à-dire ses couleurs différentes, et le jaune ou le rouge plutôt que le vert, le bleu et le violet. « Les particules de l’éther qui, éternellement en mouvement, rebondissent contre la rétine et l’ébranlent avec plus ou moins de force, dit M. Magnus, en provoquant une excitation constante sur les éléments sensibles de cette membrane, ont élevé peu à peu la nature de son activité et perfectionné son aptitude fonctionnelle. Nous ignorons encore comment ce processus a eu lieu, par quelles modifications organiques la rétine s’est élevée d’un état rudimentaire de ses fonctions à un degré d’élaboration supérieure. Tout ce qu’on sait actuellement, c’est que l’effet de la lumière suffit pour produire réellement des modifications organiques de la rétine 1 . »

La force plus ou moins grande avec laquelle les ondes éthérées ébranlent les éléments sensibles

1. Cf. Kühne, Zur Photochemie der N et z haut, Heidelberg, 1877.

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INTRODUCTION

de la rétine, voilà la cause toute mécanique de l’origine et des progrès du sens des couleurs. D’abord presque insensibles aux excitations des couleurs, ces éléments, sous l’influence du choc incessant des particules matérielles de l’éther, se sont peu à peu différenciés et ont atteint le degré de délicatesse suffisant pour réagir à la suite des diverses impressions produites par les rayons colorés. Les couleurs de l’extrémité lumineuse du spectre possédant plus d’intensité ou de force vive que celles de l’extrémité sombre, c’est du rouge au violet que les sensations colorées sont arrivées à la conscience.

Il en est du sens des couleurs comme de tous les autres: la conscience plus ou moins claire qu’ils nous procurent des changements du monde extérieur, est en raison directe de l’intensité des excitations mécaniques des choses sur nos organes. La sensation et la perception ne sont que le côté subjectif d’une impression, la traduction intellectuelle d’un processus physique; celle-là varie nécessairement avec celui-ci, ou plutôt elle n en est que la transformation. Nul doute que les vagues de l’éther, qui heurtent à chaque instant

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les milieux de l’œil, n’aient laissé une trace d’autant plus profonde qu’elles possédaient plus d’énergie et de force vive. Voilà pourquoi le jaune et le rouge ont été distinctement perçus avant le bleu et le violet.

A la vérité, l’intensité de la sensation lumineuse ne dépend pas seulement de la force vive des oscillations de l’éther : elle dépend aussi de la durée de ces oscillations. Autrement, et en vertu même de la loi générale de la conservation des forces, c’est dans la couleur la plus intense du spectre, dans le jaune, que la chaleur qui se développe par l’absorption de la lumière devrait être le plus élevée. Or le maximum de chaleur est au-delà du rouge extrême, en un point où l’œil ne perçoit plus la lumière. Le maximum de la lumière ne se trouve donc pas là où existe le maximum de la chaleur 1 . On pourrait comparer, avec Helmholtz et Tyndall, les rayons violets et les rayons chimiques obscurs aux rides produites

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