‹ Histoire de l'expansion coloniale des peuples européensChapitre 106 sur 173 · CORTEZ SUR LES COTES DU YUCATAN · texte numérisé non relu

CORTEZ SUR LES COTES DU YUCATAN

Il en confia d'abord la direction à son ancien secrétaire, l'alcade de Santiago, Fernand Cortez, un hidalgo qui avait déjà passé quinze ans dans les colonies et qui avait donné des preuves d'habileté et de talent militaires. Celui-ci supporta une grande partie des frais de l'expédition, mais, quelque temps avant le moment fixé pour le départ, le gouverneur, craignant sans doute que son subordonné ne se créât au Mexique une situation indépendante, essaya de lui retirer la mission dont il l'avait chargé. Cortez ne lui laissa toutefois pas le temps de prendre des mesures efficaces et partit précipitamment pour le lieu de rassemblement de la flotte. Le 18 février 1519, il quittait le cap S. Antonio, l'extrémité occidentale de Cuba, à la tête de cette flotte, qui comprenait onze vaisseaux portant 400 Européens, environ 200 Indiens et quelques nègres, seize chevaux et 14 canons. C'était, pour l'époque, une expédition considérable. A la fin de mars, on débarqua près de l'embouchure du Tabasco (Yucatan). Les indigènes de cette région, qui s'étaient déjà montrés hostiles aux premiers explorateurs, voulurent s'opposer au débarquement des hommes de Cortez, mais ils furent vaincus après un combat acharné. Les caciques envoyèrent des présents, comme signe de soumission, et, entre autres, vingt femmes esclaves : parmi celles-ci se trouvait une Aztèque, qui reçut le nom de Marina ; grâce à sa connaissance des langues mahia et nahua, elle rendit beaucoup de services à Cortez comme interprète et, en outre, elle put lui fournir beaucoup de renseignements sur les mœurs et les institutions du Mexique. Après avoir fait procéder au baptême de ces

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caciques, Cortez fit voile vers le nord et bientôt il débarqua toutes ses forces près de l'emplacement de la ville actuelle de Vera-Cruz. Il y organisa derrière les dunes un camp retranché, qui fut le noyau de la ville qu'il y créa bientôt sous le nom de Villa rica de la Vera-Cruz. Il déposa, pour la forme, les fonctions que Velasquez lui avait confiées auparavant, et se fit nommer aussitôt général et juge suprême de la colonie par une sorte de municipalité (cabildo), qu'il avait installée lui-même; puis il prépara un plan de conquête du Mexique. Pour enlever à ses soldats toute velléité de retour, il fit détruire les vaisseaux qui les avaient amenés. D'ailleurs, les riches présents que le roi des Aztèques, Montezuma, avait envoyés à Cortez dans le but de le faire renoncer à la visite que celui-ci lui avait annoncée, excitèrent au plus haut point le désir des Espagnols de conquérir le pays et produisirent ainsi un effet opposé à celui que Montezuma en attendait.

Grâce à une alliance conclue avec les Totomaques, une tribu soumise récemment par Montezuma, Cortez put recueillir des renseignements précis sur la puissance aztèque. Il n'hésita pas à attaquer cet Etat, qui embrassait, il est vrai, une étendue de territoire assez considérable, mais qui manquait de solidité par suite de sa composition hétérogène : les tribus récemment soumises subissaient à regret le joug des rois aztèques.

Le 1 6 août de la même année (15 19), Cortez marcha vers l'intérieur avec sa petite armée, formée d'environ 300 Espagnols, dont 15 cavaliers, et de 1300 Totomaques. Il disposait de 1000 porteurs et emportait 7 canons. Il mena son armée sur le plateau d'Anahuac et la dirigea vers Tlascala, petit Etat indépendant. Après une lutte assez vive, il parvint cependant à s'en faire un allié en exploitant son hostilité contre Montezuma: plusieurs princesses indiennes de Tlascala se firent baptiser et épousèrent des officiers espagnols. Cortez s'avança bientôt vers Cholula, l'une des plus grandes villes soumises à la domination aztèque. A l'aide des guerriers de Tlascala qui l'accompagnèrent, il se rendit aisément maitre de cette place. Enfin il marcha sur Mexico (Tenochtitlan).

Cortez obtint la soumission du roi Montezuma, qui reconnut

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