‹ Histoire de l'expansion coloniale des peuples européensChapitre 107 sur 173 · CONQUETE DU MEXIQUE · texte numérisé non relu

CONQUETE DU MEXIQUE

la suzeraineté de Charles-Quint en déclarant que d'anciennes prophéties avaient prédit l'arrivée d'un conquérant de race blanche. Cependant le conquistador s'efforça en vain de lui faire abandonner sa religion. A la nouvelle d'un meurtre commis sur trois Espagnols à Vera-Ciuz, il exigea de Montezuma, non seulement la punition d'un cacique et de quinze chefs accusés de complicité, mais, soupçonnant le roi impliqué dans l'affaire, il l'obligea à se mettre lui-même à la disposition des Espagnols qui restaient à Mexico. Le roi se laissa emmener au quartier espagnol sans opposer la moindre résistance, en déclarant à son peuple consterné que c'était de son plein gré qu'il se rendait chez ses hôtes. .

L'audace et l'énergie de Cortez, qui s'était trouvé cependant dans une position critique, intimidèrent tous les indigènes qui auraient voulu reconquérir leur indépendance. Montezuma resta nominalement roi du Mexique, mais il était désormais le prisonnier des Espagnols. Ceux-ci se partagèrent le trésor royal et se mirent à la recherche des mines d'or, accompagnés des collecteurs indigènes des tribus. Lai grand nombre s'installèrent pourtant dans la capitale, en attendant le résultat des explorations; ils y provoquèrent le mécontentement des habitants en allant brutalement à l'encontre de leurs croyances religieuses : ils brisèrent les idoles, empêchèrent l'organisation de fêtes en l'honneur des divinités mexicaines, élevèrent même un autel à la Vierge et firent célébrer la messe sur la plateforme du grand téocalli ou autel païen de Mexico.

Cortez s'était rendu à Vera-Cruz pour livrer bataille à une petite armée espagnole que le gouverneur de Cuba avait envoyée contre lui. Il remporta la victoire^ confisqua l'armée de son rival et marcha en toute hâte sur Mexico, dont la population avait pris les armes et attaqué le quartier des Espagnols. Il ne réussit à sauver qu'une faible partie de ses hommes, car les Indiens, qui étaient à Mexico « aussi nombreux que les étoiles dans le ciel et les grains de sable au bord de la mer », attaquèrent les troupes de Cortez en très grand nombre et les poursuivirent avec une opiniâtreté inouïe. Loin d'écouter les propositions de paix que leur fit Montezuma, quelques-uns

d'entre eux n'hésitèrent pas à repousser leur ancien roi en l'accablant d'injures et se mirent en devoir de le lapider. Montezuma mourut quelques jours après de ses blessures. Cortez ne se laissa pas décourager par la défaite qu'il subit à Mexico : par d'heureuses alliances avec diverses tribus, il put organiser une troupe composée d'indigènes qui vint renforcer son armée, composée d'environ cinq cents fantassins et de quelques cavaliers. En outre, il fît construire des bateaux démontables pour croiser sur le lac de Mexico. L'expédition eut lieu vers la fin de décembre 1520. Les Mexicains se défendirent vaillamment, mais les alliés qu'ils avaient recrutés parmi les tribus voisines, firent défection ou subirent de cruelles défaites; les vaincus furent réduits en esclavage.

La ville de Mexico fut bloquée par terre et par mer. Après un siège qui dura trois mois, Cortez parvint à y pénétrer; il rencontra à l'intérieur une résistance si forte, il eut à lutter contre une armée mexicaine si nombreuse, qu'il se décida, malgré lui, à détruire les édifices et tous les bâtiments qui servaient de retranchements à l'ennemi. Enfin, un dernier assaut fut donné le 13 août 1521 et les Indiens furent écrasés. La capitale du Mexique n'était plus qu'un monceau de ruines ; de plus, le siège avait coûté la vie à des milliers d'indigènes ; une partie des défenseurs s'étaient enfuis en emportant leurs trésors ou après avoir caché ou jeté à l'eau l'or qu'ils possédaient. L'achèvement de la conquête se fit sans difficulté, mais les gens de Cortez furent extrêmement désappointés lorsque, après la prise de la ville, ils allèrent à la recherche des trésors. Ils exigèrent de leur chef que le roi Guatemozin, neveu et gendre de Montezuma, fût mis à la question pour qu'il révélât les endroits où l'or était caché. Mais le malheureux prince ne voulut pas le leur dire, malgré les supplices qu'on lui infligea.

La domination espagnole, facilitée par l'apathie du peuple qui avait été écrasé de vexations et de corvées par les rois aztèques, s'étendit dès lors rapidement dans les régions qui avaient été soumises à leur autorité. Plusieurs peuplades s'empressèrent de reconnaître la suprématie du roi de Castîlle et abjurèrent leur foi.

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