‹ Histoire de l'expansion coloniale des peuples européensChapitre 109 sur 173 · OCCUPATION DU HONDURAS ET DU NICARAGUA · texte numérisé non relu

OCCUPATION DU HONDURAS ET DU NICARAGUA

composée de 300 Espagnols et de 20.000 Indiens, et surtout sa cavalerie (120 hommes), permirent à Alvarado de réduire assez facilement le pays. Il fonda la ville de Ouetzaltenango, appelée ainsi d'après le qnelzal ou trogon, oiseau à ailes vertes très brillantes et allongées, rappelant vaguement l'aigle. Puis il s'empara de la capitale des Ouicliés (Utatlan, qui se trouvait près de la ville actuelle de S. Cruz del Quiche) et de la place forte située dans le lac d'Atitlan, la véritable citadelle du pays (1524). Il pénétra alors jusque dans le Salvador, qu'il ne put cependant réduire, à cause de la vaillante attitude des habitants. Ce petit pays ne fut conquis que l'année suivante par son frère, qui fonda la ville de San Salvador (i ).

Dès 1524, Cristoval d'Olid, qui avait déjà été chargé auparavant par son chef de rechercher le passage maritime vers l'Inde, avait effectué la conquête du Honduras. Grâce à l'attitude pacifique des indigènes, il put facilement y installer un établissement (Triumfo do la Cruz). Mais il voulut s'y tailler une principauté indépendante. Cortez le fit poursuivre par son beau-frère, François de las Casas, qui s'empara de l'officier infidèle et le fit exécuter : un nouvel établissement (Trujillo), fondé par las Casas, devint alors le point de départ de la colonisation du Honduras.

A cette époque, une partie de l'Amérique centrale fut l'objet de vives compétitions. La conquête du Nicaragua fut entreprise, de 1522 à 1523, simultanément pour le compte de Pedrarias, gouverneur de la Castilla del Oro (Darien) et par Gil Gonzalez de Avila, qui avait été chargé par l'Audience de S. Domingue de coloniser cette région. Celui-ci remporta l'avantage, mais il se heurta aux troupes de las Casas en voulant se diriger vers le Honduras, et il fut vaincu.

Cependant Cortez s'était décidé à venir s'occuper lui-même de la colonisation du Honduras. Il entreprit dans ce but une

(1) D. DuRAN, Historia de las Indias de Nueva-Espaûa y islas de Tierra firme (XVI* siècle), éd. J. F. Ramirez, 2 vol. Mexico, 1867. — A. Gomez Carillo, Historia de la America Central, desde el desciibrimiento del pais per los Espanoles (i5o3) hasta su indtpendencia de Espana {i8ai). Guatemala, 1896. — M. DE Pkralta, Costa-Rica, Nicaragua y Panama en el siglo XVI ; su historia y sus limites. Madrid, ib83.

298 LES GRANDES PHASES DE l'EXPANSION

périlleuse expédition à travers les régions qui séparent ce pays du Mexique (1524), Ce fut un véritable voyage d'exploration vers l'intérieur des terres, mais, à parlir de l'isthme de Tehuantepec, la contrée est tellement couverte de forêts et de marécages, que les troupes de Cortez eurent beaucoup de peine à se fra3'er un chemin. Le pays ne se prêtait guère à la colonisation immédiate : il resta longtemps impénétrable. Après toutes sortes de péripéties, Cortez atteignit enfin la côte du Honduras. L'établissement qu'il y trouva sur la baie de Saint- André (Porto Caballos) était situé dans une région malsaine. Cortez le fit abandonner et créa plus à l'est une autre ville, à laquelle il donna le nom de Natividad de Nuestra Seàora. Enfin il se dirigea vers la colonie de d'Olid, Triumfo de la Cruz. Il espérait faire de la côte du Honduras une base d'opérations pour de nouvelles conquêtes. Mais il dut bientôt retourner à Mexico, à la nouvelle de troubles qui y avaient éclaté (1526). Il y apprit qu'une enquête avait été ouverte contre lui au sujet des dépenses exagérées qu'il avait faites pour ses entreprises militaires. Le gouvernement métropolitain lui enleva l'administration civile de la colonie de la Nouvelle-Espagne et, malgré les démarches de Cortez qui se rendit en Espagne pour se justifier, refusa de la lui rendre ; il lui donna le titre de marquis de Valle (d'Oaxaca) avec un domaine princier dans cette riche province et le nomma capitaine de la Nouvelle-Espagne. Cortez organisa encore quelques voyages de découverte du côté du nordouest, le long de la côte, à la recherche d'un détroit entre l'Atlantique et le Pacifique. Il tenta de fonder un établissement dans la presqu'île de Californie ([535), niais le manque de fertilité du sol le fit renoncer à son projet (i). Les nombreuses pertes en hommes et en argent qu'entraînaient ces expéditions décidèrent le vice-roi du Mexique, Mendoza, à interdire au conquistador de renouveler de pareilles entreprises. Cortez retourna de nouveau en Espagne pour en appeler au souverain, mais celui-ci n'accueillit pas ses réclamations.

La colonie de la Nouvelle-Espagne continuait pendant ce

(1) WooDBURY LowERY, Thc Spaiiisli settlements within the présent limits of the United States, i5i3-i56i. New-York, 1901.

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