OCCUPATION DU YUCATAN
temps de s'étendre surtout vers le nord-ouest, parce que de ce côté on rencontra le plus de gisements de métaux précieux (i). Après l'annexion, en 1531, de la Nouvelle-Galice (Jalisco) et la fondation de Guadalajara, les Espagnols pénétrèrent dans des régions qui n'avaient été que faiblement rattachées à l'empire aztèque. La découverte des mines d'argent de Zacatecas (1545) amena la fondation d'une nouvelle province, la Nouvelle-Biscaye, avec capitale Durango ; en 1560 on trouva le riche filon de la Veta Madré ; des expéditions entreprises au delà des Monts Rocheux aboutirent à la création d'une autre annexe : le Nouveau-Mexique avec capitale Santa Fe (1581) (2). Les régions de l'intérieur restèrent cependant longtemps insoumises : elles ne purent être que peu à peu converties de tierras de guerra en tierras de paz (3).
Quant au Yucatan, le pays traversé par Cortez lors de son expédition au Honduras, il fut en partie conquis par l'un de ses lieutenants, Francisco de Montijo, qui obtint du gouvernerhent métropolitain l'autorisation de faire l'entreprise à ses frais (1527). Il avait espéré faire un riche butin chez les Mayas, Indiens de culture assez développée, mais il ne trouva guère les trésors qu'il cherchait. Il vainquit difficilement la résistance des indigènes. Ce n'est qu'après quelques années de luttes opiniâtres qu'un établissement fut fondé sur l'emplacement de Tihoo, notamment Merida qui devint la capitale de la colonie (1542). Plus tard, un nouvel établissement fut installé au milieu des forêts, à Palenque, sous le vocable de Santo Domingo (4). Le port de la colonie fut Campêche ; il
(1) La population espagnole s'accrut rapidement dans la Nouvelle-Espagne, surtout à Mexico ; en 074 il y avait dans cette ville i5.ooo Espagnols. (Velasco, Geografia y descripcion... de las Indias, éd. Zaragoza, 1894, pp. 188 à 196.)
(2) Les quelques tentatives faites du côté de la Floride (i526, fondation de S. Miguel au S. de Charleston, et de 1349 à iSSg à l'est de Mississipi) échouèrent misérablement.
(3) Nagarit, au centre de la Nouvelle-Espagne, le dernier refuge des Aztèques païens, ne fut soumis qu'en 1721.
(4) Relaciones de Yucatan par Asensio, dans la Coleccion de documentos ineditos relatives al desctibrimiento .... 2® série, t. XI, 1898. — Dès ibij, le marquis d'Aerschot avait essayé de coloniser le Yucatan, au moyen de Flamands, mais cette tentative échoua devant l'opposition des Castillans. Le roi Charles I^r
servit en même temps pour les régions environnantes. Mais la colonie du Yucatan ne se développa guère k cause du peu d'intérêt que la métropole lui portait (i). Les côtes furent souvent infestées par les flibustiers, ce qui engagea le gouvernement k reléguer les colons k l'intérieur des terres.
Le Mexique, érigé en vice-royauté dès 1535, attira par ses richesses minières un grand nombre de colons de passage et fut l'objet de soins particuliers de la part du gouvernement métropolitain. Mais cette importante colonie fut éclipsée par celle qui s'était constituée dans l'Amérique du Sud : le Pérou.
Ce fut tout naturellement de la première colonie continentale, la Castilla del Oro, que partirent les expéditions d'exploration le long de la côte du Pacifique vers le sud : dès 1522, Andagoya, inspecteur général des Lrdiens, visita au sud de l'isthme de Panama un petit pa3's appelé Biru, dont le nom, modifié en Pérou, fut appliqué plus tard au grand royaume des Incas. Il abandonna son commandement k François Pizarre. Celui-ci prépara un projet de conquête du royaume des Incas, chez qui il avait appris l'existence d'immenses ressources en métaux précieux (2). Il intéressa k cette affaire un ecclésiastique de Panama, Fernando de Luque, qui fournit l'argent nécessaire k l'entreprise, et il s'adjoignit un aventurier de naissance obscure comme lui-même, mais soldat d'une vaillance extraordinaire, Diego de Almagro. Une première expédition (1524) échoua. Pizarre revint k Panama. Bientôt fut constituée définitivement une association entre les trois promoteurs de la conquête du Pérou. Un contrat fut rédigé afin de déterminer la part des
(Charles-Quint) dut promettre de ne donner à des étrangers aucune partie du domaine colonial de la Castilla. (Fabié, Ensayo Iiistorico sobre la leglslaciun espaûola, p. 171.)
(1) En 1574, il n'y avait que quatre à cinq établissements espagnols avec quelques centaines d'habitants seulement. (Velasco, Geografici y descripcion de las Indias, p. 247.)
(2) A l'arrivée des Espagnols, l'empire des Incas s'étendait sur une largeur moyenne de 100 kilomètres le long de la côte depuis l'équateur jusqu'au delà du 3o* parallèle sud.