INFLUENCE DES MILICES
reflétait les différences sociales (i) qui allèrent en s'accentiiant dans les colonies espagnoles et qui amenèrent la rupture avec la métropole. En accordant une trop grande importance aux milices coloniales, le gouvernement prépara réellement l'indépendance des colonies : ces milices, composées en grande partie de créoles et de gens de couleur, représentaient l'élément « national » particulariste et furent par conséquent les principaux facteurs de la révolte contre la mère patrie qui éclata au début du XIX'' siècle.
(1) Les milices elles-mêmes se divisaient suivant les groupes sociaux où elles se recrutaient. Ainsi au Callao il y avait, au début du XVII I'' siècle, trois compagnies de milice : la première était composée de « gens de mer », la seconde, de bourgeois et marchands, la troisième de « maîtres charpentiers, galfats et autres ouvriers » ; cette dernière comprenait essentiellement des métis, des mulâtres et des noirs libres. En outre il y avait quatre compagnies d'Indiens, destinées à servir d'auxiliaires (Frézier, Relation du Voy^age de la mer du Sud, t. II, p. 346). A Lima, les milices comprenaient quatorze compagnies d'infanterie « espagnole et bourgeoise », sept compagnies du <•: Corps du commerce», huit compagnies d'Indiens natifs de Lima. Les six compagnies de cavalerie ne comptaient que des Espagnols ou des créoles.