‹ Histoire de l'expansion coloniale des peuples européensChapitre 28 sur 173 · NÉGOCIATIONS AVEC LA HOLLANDE ET L ANGLETERRE · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS AVEC LA HOLLANDE ET L ANGLETERRE

preuve qu'il ne soutenait pas l'insurrection brésilienne. A partir de ce moment, Hollandais et Portugais cessèrent de se combattre directement aux Indes, mais ils le firent indirectement en provoquant des soulèvements chez leurs vassaux respectifs.

Tandis que les Portugais perdaient continuellement du terrain dans l'océan Indien, ils remportaient de nombreux succès au Brésil. En 1645, les Hollandais étaient réduits à la possession de la ville de Pernambuco et, trois ans plus tard, les Brésiliens victorieux envoyaient une flotte de quinze vaisseaux reconquérir l'Angola et l'île Sâo Thomé.

La paix conclue en 1641 ne devait avoir qu'une durée de dix ans. En 1651, le Portugal et la Hollande étaient de nouveau ouvertement en guerre. Une flotte portugaise aida les Brésiliens à expulser les Hollandais des dernières places qu'ils occupaient encore. Mais ni Jean IV, ni son successeur Alphonse VI, ne purent sauver ce qui restait de l'empire portugais des Indes. Des négociations de paix furent entamées dès 1659, toutefois le traité qui mit définitivement fin aux hostilités, ne fut signé que le 31 juillet 1669. Les Hollandais gardaient ce qu'ils avaient conquis aux Indes depuis 1641, c'est-à-dire Ceylan, la côte de Malabar et celle de Coromandel. Ils renonçaient au Brésil moyennant une indemnité de 3 millions de florins et la livraison gratuite, pendant vingt ans, de sel de Sétubal pour une valeur de 25.000 cruzades, le droit de trafiquer avec la côte de Guinée, l'île Sâo Thomé et le Brésil, et une situation privilégiée au point de vue commercial à Lisbonne.

Au moment où la guerre recommençait avec la Hollande (165 1), Jean IV s'était vu menacé d'une rupture avec l'Angleterre pour avoir refusé de livrer à Cromwell quelques « Cavaliers » qui s'étaient réfugiés à Lisbonne. Cependant, en 1654, Cromwell avait consenti à signer un traité de paix avec Jean IV. Sans accorder au Portugal aucun secours direct, l'Angleterre obtint le droit de commercer avec toutes les colonies portugaises, différents privilèges commerciaux en Portugal, et le droit de lui fournir de préférence à toute autre nation, les navires dont il aurait besoin dans ses relations avec ses colonies.

Lors de la restauration des Stuarts, le Portugal fit de nouveaux efforts pour obtenir l'aide de l'Angleterre contre l'Espagne. Un traité fut finalement conclu le 23 juin 1661. Charles II reçut comme dot de l'infante Catherine de Portugal, sa fiancée, Bombay, Galle dans l'île de Ceylan, Tanger, plus une somme de 20 millions de francs. En revanche, Charles II promettait au Portugal le concours d'une armée anglaise contre l'Espagne.

L'alliance de l'Angleterre, achetée à si haut prix par le Portugal, devait lui coûter plus encore par la façon dont le traité de paix fut exécuté. Sous prétexte que les dépendances de Bombay lui avaient été cédées en même temps que l'île, l'Angleterre annexa un grand nombre de localités que les Portugais possédaient encore sur le continent asiatique. Elle ne leur témoignait, aux Indes, aucune bienveillance et, loin de les aider dans les luttes qu'ils avaient à soutenir contre les princes indigènes, c'est souvent à ceux-ci qu'allait, sous main, son appui. Malgré leurs instances, elle refusa de leur restituer Tanger quand elle abandonna cette ville après vingt-deux années d'occupation seulement (i).

Mais, dans sa détresse, le Portugal s'attachait à l'Angleterre comme à la seule puissance qui pût lui prêter assistance, et en 1703, en dépit de ses mauvais agissements, il se mit à sa merci au point de vue économique, en signant avec elle le traité dit de Methuen.

Les pertes que le Portugal subit aux Indes depuis l'avènement de la maison de Bragance jusqu'à la fin du XVIP siècle, atteignaient plus sensiblement son orgueil que ses intérêts. Les colonies des Indes n'avaient jamais été que des établissements commerciaux. Elles perdirent toute valeur par la concurrence victorieuse des Anglais et des Hollandais. Quant au Mozambique, à raison de son éloignement, il devenait sans utilité dès qu'il n'était plus une escale sur la route des Indes. Le Portugal eût agi sagement s'il l'avait abandonné ainsi que les derniers établissements des Indes, car il possédait dans le Brésil,

(1) José dr Souza Mosteiro, Pontos de historia portiigue:^a {Revista portugue^a maritima e colonial, 1900-igoi, p. 143).

Page 1