‹ Histoire de l'expansion coloniale des peuples européensChapitre 39 sur 173 · AFRIQUE, ASIE ET MOLUOUES II · texte numérisé non relu

AFRIQUE, ASIE ET MOLUOUES II

furent pas mis en vente. Une enquête faite à la fin de l'année 16 16 donna la mesure des détournements auxquels les fonctionnaires se livraient, en prouvant que beaucoup de charges étaient adjugées à un prix égal ou supérieur à leur revenu présumé : par exemple la capitainerie d'Ormuz qui pouvait rapporter à cette époque 1 10.000 xerafins était adjugée pour 145.500 xerafins; celle de Dabul était adjugée pour 4.200 xerafins, la recette estimée n'étant que de 4.000 xerafins. A la suite de ces constatations et des plaintes qui s'élevaient contre ce système, Philippe III le supprima en 1618 et rétablit l'ancien mode de nomination des fonctionnaires (i).

Rien ne pouvait plus k ce moment arrêter la désorganisation des pouvoirs publics. Par suite de la guerre en Europe, de la ruine des finances royales, de l'épuisement de l'Espagne, l'Inde né recevait presque plus de secours. Certains postes abandonnés à eux-mêmes étaient livrés à une véritable anarchie (2 ).

Quand la paix fut rétablie entre la Hollande et le Portugal (1669), V Estado da Iiidia ne comprenait plus que Goa, Mozambique et quelques colonies de minime importance. Le gouverneur de Goa resta le chef nominal de tous ces établissements jusqu'en 1752, année où Pombal, mettant les règlements d'accord avec les faits, constitua le Mozambique en gouvernement indépendant. L'administration de ces colonies conserva à peu près la même forme qu'au XVP siècle, mais, par suite de la suppression des monopoles royaux, les fonctionnaires perdirent leurs attributions commerciales. Jusque dans le courant du XVIIP siècle, ils continuèrent cependant d'exercer le commerce pour leur propre compte.

(1) M. WiTHEWAY (The rise of portuguese poiver, p. 74-75), fait dater de 1614, M. Rebello da Silva {Hist. de Port., t. III, p. 283), de l'année 1616 la mise à l'encan des places de l'administration. — Mais la Lista de todas as capitanias, dressée à Goa à la fin de l'année 1616, donne le prix auquel furent adjugées, dans les 10 ou 12 années précédentes, un certain nombre de charges, notamment celles de Mozambique et d'Ormuz. On commença donc à mettre en vente des charges administratix'es vers 1604. Contrairement à ce que dit M. Rebello da Silva, toutes les places n'étaient pas vendues. Ni cet auteur, ni M. Witheway n'ont connu la /î's^ii ci-dessus indiquée. Leurs ouvrages avaient déjà paru quand elle fut publiée.

(2) Voir de nombreux exemples de celte anarchie dans Rebello da Silv.a, Hist. de Port., Y, ^. 148.

il8 administration des colonies

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