LE ZELE RELIGIEUX
chez les peuples de l'Espagne et particulièrement chez le peuple castillan les qualités d'endurance et de sobriété, qualités qu'ils devaient à la rudesse de leur climat et à la sécheresse de leur pays. Elles favorisèrent, d'autre part, le goût des expéditions lointaines et l'esprit d'aventure. Le zèle religieux entretenait d'ailleurs ces dispositions : la visite des Lieux Saints était recommandée vivement par le clergé en Espagne. Il est certain que les Espagnols fournissaient chaque fois un contingent important aux pèlerinages annuels qui se rendaient en Terre Sainte, Un des rares récits de voyage espagnols qui nous aient été conservés, celui de P. Tafur, noble de Séville, nous permet de constater que le premier soin d'un voyageur castillan est de se rendre en Terre Sainte; ce n'est qu'accessoirement qu'il va visiter ensuite Rome et l'Europe centrale (i).
Ainsi, à la fin du XV siècle, la civilisation castillane est devenue de plus en plus fermée : le peuple castillan s'est presque débarrassé des éléments étrangers qui s'étaient introduits dans le pays, mais il a perdu en aptitudes ce qu'il a gagné en homogénéité.
(i) P. TAFun, Viajes y andances (1435-1439) (dans Coleccion de libros raros 6 curiosos). — K. Haebler, Tafiir's Reisen im Deiitschcn Reiclie {Zeitschrift fur allgemeine Geschichte, 1887,1. IV, p. 5o2)