CHAPITRE XI
Opérations militaires de la Basse-Ëgjpte.
(An VI. — 1798.)
A MESURE que le gros de Tannée pénétrait dans Pintérieur de la contrée , ses relations avec Alexandrie devenaient plus difficiles et pins rares. Depuis le passage des Français , les Arabes, dispersés un moment, massacraient les courriers, interceptaient les communica-* tionç et gênaient extrêmement Tarrivage des vivres. Klébcr résolut d^obvier à ces inconvéniens. Par ses ordres, le général du Muy se porta sur Damanhour, où il arriva le 18 juillet, après avoir mis en fuite un parti ennemi qui voulait s^opposer à sa marche. Là , il eut encori. à lutter contre ces indomptables Bé-
douins. Le manque d^eau et d^alimens, la mauvaise volonté des fellahs et la fatigue des troupes , obligèrent du Mujr à rentrer dans Alexandrie ; il fut continuellement harcelé dans cette espèce de retraite. Les Arabes , enflés d'un succès qu^ils ne devaient pas à leur courage , ne connurent plus de bornes et vinrent jusque sous les murs de la ville exercer leurs déprédations.
Le chef d^escadron Rabasse leur infligea un châtiment exemplaire. Chargé , avec cin-* quante dragons de faire des patrouilles dans le désert 9 il surprit une de leurs hordes dans un petit bois de palmiers, aux portes d^Alexandrie , à Finstant où ils avaient mis pied à terre pour se reposer; il les chargea avec tant de succès , que , depuis , ils n^osèrent plus se montrer dans les environs de la ville.
Après la bataille des Pyramides y le général Vial avait occupé Damiette et Mansourah. Un détachement de cent cinquante hommes, qu^ii
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laissa dans cette dernière ville , fut abaque à Timproviste , le lo août, par plusieurs milliers d^ Arabes. Les Français, quoique surpris, se firent jour à la baïonnette , gagnèrent les bords du Nil, et sMtant emparés d^un bateau qui les transporta sur Tautre rive , ils échappèrent à la fureur de cette multitude dVn«nemis.
Instruit de cet événement , Bonaparte fit marcher quelques troupes sous les ordres du général Dugua; bientôt Mansourah fut repris, et les Arabes disparurent dans le désert.
Le général Fugières fut informé qu^un rassemblement s^était formé à Remerieh : il se
dirigea sur ce village, qu'il trouva fortifié. Ayant voulu parlementer avant d'employer les moyens coërcitifs , les Arabes répondirent qu'ils étaient chez eux et qu'ils n'avaient peint de lois à recevoir de l'étranger. L'ordre d'at» taquer fut donné. Ces malheureux se défendirent avec un courage extraordinaire : les
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femmes , les enfans , prirent part m combat.
Il fallut aux Français toute la supériorité des armes et de la discipline européenne pour enlever la victoire.
Ainsi le pays conquis même était encore le théâtre de la guerre : les nombreux habitans du désert , longeant sans cesse les terres cultivées, profitaient de Tabsence momentanée des troupes pour se montrer , et soulevaient les villages contre Farmée française. On était chaque jour obligé de fi^re des exemples, de brûler les maisons et de saccager les propriétés. Vaines rigueurs ! la révolte s'élançait plus furieuse du sein dés ruines fumantes.
d'égyptk. m