CHAPITRE XXI
L*ange El-Mohdhj.
(An VII. -1799.)
Tout- A-COUP de nouveaux cris de fureur et de mort partent de tous les points du Delta.
Un fanatique des déserts de FAfrique s^élance sur la scène avec une mission divine. L^ins-
tant d^exterminer les Français est arrivé; PEvangile des Musulmans, le Koran, a parlé :
Tange El-Mohdhy, envoyé par Mahomet pour soumettre tous les peuple» à sa loi, est descendu du firmament sur la jument Al-Borack.
Il vient d^un souffle anéantir les conquérans de TEgypte. Le stupide et farouche Arabe accourt à sa voix, et se croit Tinstrument de Dieu. Ceux qui périront n^auront eu qu^une
îSs EXFKOiTlON
fol faible ; les boulets , la mitraille , les baïon— Dettes mêmes ne pourront atteindre ceux qui seront animés d^une foi robuste. Le peuple des provinces suit en foule ce chef dont de nombreux miracles attestent le mandat céleste.
Il fallait des exploits à leurs bandes frénétiques. L^ange les dirige sur Damanhour.
Soixante Français, surpris , périssent dans les flammes»
Au récit de cet événement , Marmoût -dirige le chef de bataillon Hedon sûr Rattianîeh y où s^était renfermé^ le chef de brigade Le£èvre. Sa Colonne . ttx^ faible est forcée de battre en retraite , après uti combat de cinq heures ^ et rentre dans Alexandrie. ..
Lef^yre, à la tète de cinq cents iiomUies , se porte surPennemi qui en compte dix^[ieuf miUe. Les Français sont encore obligés à la retraite <^ après avoir perdu cinquante hommes et en avoir tué deux mille à Pennemi. L^ange triom-» phe« Mourad , le plus vaillant et le plus habile
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des chefs mamdoiiicks , a quitté sa retraite pour veûir seconder les exploits du divin messager. Déjà le Bey se trouvait près de ces pyramides témoms de ses premiers revers ^ quand la.
nouvelle de la mort de Tange Ël^Mohdhy vint ruiner ses espérances et le déterminer à une nouvelle fuite dans le désert.
Battu une première fois à Damanhour qui fut saccagée et brûlée de fond en comble , Fange fut atteint dans sa fuite par le général Lanusse^ et périt frappé d^une balle au moment où il s'^offrail nu au feu de Fennemî pour prouver qu'ail était invulnérable. Ce que Ton croira sans peiné, c^est que ses stupides sectateurs ne furent pas désabusés par cet événement , et continuèrent à se faire tuer en attendant son retour. Sa prétendue mort n^était, disaient-ils, qu^une épreuve à laquelle il soumettait les vrais croyans.
Les Mameloucks de la Haute-Egypte, qui , sur la foi de ses premiers succès , avaient re-
pris les armes , se dispersèrent de nouveau.
Le général Desaix put se délasser de ses glorieux travaux, en favorisant les recherches scientifiques y réclamées par le sol que sa valeur et ses talens avaient soumis, du moins momentanément , aux lois de la République française.
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