‹ Histoire de l'expédition d'Egypte et de SyrieChapitre 28 sur 32 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Assassinat de Klëber.

(AnVIIL— 1800.)

Par une politique habile , Kléber sut faire tourner au profit de ses troupes les soulèvemens du Caire et des principales villes révoltées , tout en augmentant la réputation de clémence et de modération qu^il sVtait acquise dans l^gypte. Les coupables s^attendaient à de grands chàtimens : ils ne doutaient pas que la vengeance du général n^égalàt leurs fureurs ; q[uel fut Pétonnement et la joie du peuple lorsqu^on lui annonça quMl pouvait racheter ,. pour de modiques sommes, un crime quMl s^était déjà résigné à payer de son sang ! Kléber se contenta d^imposer à la capitale une con-

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tribution de douze millions ; des mesures ana« logues frappèrent Samanhoud , Damiette , Tantah y Méhalet-el-Kébir : la caisse militaire se remplit ; on put acquitter les dettes de Parmée et pourvoir à ses besoins.

Lorsque la tranquillité fut entièrement réablie , un des premiers soins du général en chef fut de régulariser la levée du Miry et dçt la rendre mgins vexatoire. Jusqu^alors cette topéra^iqn avait été confiée ai|X généraux contma^ds^ns des provinces; Klét)er qharges^ i^ diyan$i de la répar^:itiQn de Timpôt, et commit aux ch^fs des corporations le ^in des rçço^bvremenSr Ç^on^me çeux--ei étaient responsables > iU verraient av^c exactitude leur contingent 4an$ Ie$ coffres et magasins militaires , et le pf)i|ple en même lemp^ voyait arec moins de peioe $Oin: argont ou ^es denrées passer pur des mains OQiini^uesi à de$» mativ» étrangères..

GrAce à une «d^^inistration sévère > les fi^ nances de Taruatée devinreol de jour en )our

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plus florissantes. Klébeir éh profita pour aug*ïnenler le bien-être des soldats et faire exécuter divers travaux destinés à faciliter la dé^ feuse de TEgypte , si elle était encore attaquée. Les fortifications du Caire et de Boulak furent réparées et augnientées ; les officiers du génie et dé rartillèrie eurent ordre de potirvoir à Taccroissement des ouvrages sur plusieurs points dés côtes de la Méditerranée , dont une nouvelle reconnaissance venait d^indiquer la faiblesse.

liCS Secours promis par Bonaparte ne pouvaient arrivêfr; Tarmée , continuellement édair^ cie par les atteintes de la guerre et d^un climat étranger, avait besoin de se recrutei'; sans espoir du côté de la France , il fallait lever des soldats sur le sol. même qu^on avait conquis parles armes, et changer des entiemis en auxiliaires ; c^ést à qi^pi réussit Kléber. Sa sagesse et PamdUr quMl avait inspiré aux vaincus enfantèrent des légions. Bonaparte sMtait

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crée un corps de cavalerie avec les Syriens qui , après avoir servi sa cause , avaient cru devoir le suivre en Egypte pour se soustraire à la vengeance de Djezzar ; Kléber fit entrer dans ce corps des fellahs arabes et même plusieurs Mamelpucks d^It>x*ahim-Bey, qui çtaient restés au Caire après Tissus de la fastueuse expedition du gi*and-yisir. Un bataillon de cinq cents hpmmes fut fqrme de Cophtes; neuf cents • (xrecs vinrent grossir la légion étrangère que Bonaparte avait organisée; enfin, le général en chef iucorppra dans la vingt-unième demibrigade légère des nègrçs esclaves qui lui fu-r rent vendus par les caravançs de Nubiç et d^Elhippie.

Le dernier jour dVvril fut téipoin d^\x\x spectacle dont le souvenir jette du charme au milieu des scènes militaires qui constituent le drame de Texpédition d'^Egypte. Une tente avait été dressée dans Tîle deGezyreh-Terseh, ^u-dessus de Giseh. Là, s'hélaient donné ren-

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dezr-vouSf sans armes, deux hommes qui ne s^étaient encore' vus que le fer à la main. Cest le brave Mourad qui sWance d^un côté, de Fautre, c^est le généreux KJéber. Les deux guerriers entrelacent leurs vaillantes mains, et se donnent mutuellement Tassurance d^une just0 admiration. Us s'estimaient dès long-^ tiemps ; ils ne se quittèrent pas sans s'^aimer^ Combien pn regrette que Desaix ne fût pas présent à cette entrevue ! Il lui eut été doux d^embrasser Tadversaire dont il avait su ap-rprécier la valeur et Tinébranlable constance } mais Desaix avait fait voile pour TEurope , immédiatement après le traité d^El-r^rich ; son rendez-vous était à Marengo.

Ce traité d'^El-Arich, si indignement violé, servit cependant encore de prétexte aux An-r glais pour essayer de nouvelles intrigues- On vit une espèce d^agent subalterne, nommé Morier, proposer au vainqueur d^Héliopolis les passe-ports nécessaires pour Tévacuation . de

asile est une mosquée , ces appuis sont des prêtres.

Ainsi c^est à Pombre des autels que ce malheureux jeune homme vient s^affermir dans son horrible dessein et en mûrir Texécution.

Trois ulémas ou chefs de la loi musulmane sont dans sa confidence : au lieu de le détourner du crime , ils augmentent dans son cœur la soif du sang infidèle : Os lui montrent au paradis la palme de Passassinat,

Pendant un mois Soleyman se prépare au combat sacré par des prières et des jeûnes ; il suit tous les jours sa victime , il étudie avec soin ses habitudes , et se familiarise avec les localités du quartiçr-général. Enfin il ne lui reste plus qu^à trouver une occasion favorable ^ et le sprt TofFre trop tôt à ses désirs sacrilèges. • Kléher demeurait depuis quelque temps à Gisçh ; il j habitait la maison de plaisance de Mourad-Bey , en attendant qu^on eût réparé celle qu'ail occupait ordinairement aq Cair^,

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et qui avait beaucoup souffert du dernicir siège. Le i4 juin ^ après avoir passé une revue dans Me de Roudah , il entra dans la capitale et vint demandei* à déjeuner au général Damas ^ son ehef d^état-major. Plusieurs officiers supérieurs , des membres de Flnstitut , des chefs dVdministration^ assistaient à ce repas. Kléber fut très-gai; Tamélioration du sort de Parmée avait rempli son cœur d^une joie qui se répandait dans ses paroles. Lorsqu^on se fut levé de table , il prit à part Parchitecte Protain et lui proposa d^aller au quartier-général pour se concerter avec lui sur les réparations à y faire. La maison de Kléber était attenante à celle de Damas. Comme ils traversaient la galerie qui sépare les deux bâtimens y un homme assez mal vêtu , profitant du moment où l'architecte était à quelque distance , s^âpproche du général en chef, se prosterne avec humilité, et semble vouloir présenter un placet ; Kléber, de son côté, ému de Pair de raisèi'e

du suppliant , sWaoce et se penche vers lui ; Soleyman se relève alors ^ tire- un poignard et perce sa victime au milieu du cœnar* Le général tombe en criant : Je suis assassiné ! ProtaîB accourt , saisit le meurtrier , il veut le retenir jusqu^à ce qu^on soit arrivé ; mais Soleyman le frappe de six coups de poignard et le renverse. Il retourne vers Kléber étendu, et lui faitfroi^ nouvelles blessures. Rage inutile l Tinfortuné guerrier' ne pouvait survivre à la première atteinte.

La galerie oùse couamettait ce grand attentat, donnait s^r la place d'^Bshekieh; un guide qui passait au moment où le général s^étail écrié : Je suis assassiné ! courut tout épouvanté dans la maison du général Damas etgkrç»

d^eiïroi les eonvi ves encore réunis ^ en leur rapportant cette excUmation .. On s^e levef ea désordre^onsVmpresset on trouve la victime baignée danS' son saoïg et privée iftéme de h consolation de sentir les douleurs et les soins

DEGYPTE.

de ramitié, Kléber respirait encore ; mais les secours de Tartlui furent vainement prodigués ; il ne proféra plus une seule parole et bientôt Tarmce d^Egypte fut yeuve du vainqueur d^Héliopolis .

Qui pourrait peindre la fureur der soldats à la nouvelle de cet horrible forfait. Kléber n^est plus ! Kléber a été assassiné ! Vengeance aux mânes de Kléber ! Ce fut le cri qu^ils poussèrent d^une même voix. Ils prirent leurs armes et se mirent à parcourir lesrues du Caire, le désespoir dans Tame et la rage dans les yeux. Les habitans, frappés de crainte, se renfermèrent dans leurs maisons et attendirent avec stupeur la foudre qui grondait sur leurs têtes. Peu sVn fallut que la capitale ne fût cbftPgée en un monceau de ruines ; le& soldats vouUiept 1^ livrer aux flammes ; on fui obligé de battre la générée pour les réunir ; tout^ Tautorité des officiers; ne parvint qu^avec peine à empêcher liiij)lus affreuse des catastrophes^

Cependant on poussait avec ardeur les perquisitions, et les Mameloucks eux-mêmes, qui connaissaient mieux les localités, aidaient les Français dans leurs recherches. L^architecte Protain, après avoir repris ses sens, avait donné le signalement du meurtrier.

Sur ses indications, on remit en liberté un scheick signalé par sa haine contre les Français^ et sur lequel sVtaient portés les soupçons. Enfin, dans les jardins du quartier-général, sous le feuillage d'^un nopal touffu, on découvrit Soleyman. Vainement Protafn déclara le reconnaître , vainement plusieurs personnes témoignèrent Tavoir vu rôder autour des lieux fréquentés par la victime, en vain on lui présenta le poignard ensanglanté trouvé dans sa cachette ; le malheureux , pressé de questions et de preuves , s^obstina cependant à nier son crime , et il fallut pour arracher un aveu de sa. bouche lui faire appliquer la bastonnade, suivant Pusage de TOrient. Alors on apprit

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avec horreur les instigations de Jussuf-Pacha ; Tassassin ne parUt plus que le mandataire du premier ministre d^un empire.

Le général Menou , qui se trouvait depuis peu de jours au Caire, prit le commandement en chef de Farmée par le droit d^ancienneté ; son premier acte fut de signaler à Funivers la honte du grand-visir; voici la proclamation par laquelle il révélait officiellement d^infernales machinations :

w Soldats,

» Un horrible attentat vient de vous enlever

» un général que vous respectiez et chérissiez.

» Je vous dénonce, je dénonce au monde

» entier le chef de cette armée de barbares

1» que vous avez détruite dans la plaine de

n Matarieh. Cest lui qui de concert avec son

i> aga des janissaires a mis le poignard à la

D main de Soleyman , qui , par le plus noir

» des attentats, vient de nous enlever celui dont

fi la mémoire doit être chère à tout bon Fran-

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}> çais. Soldais ! Kleber^ en dtxîôiirs de temps ^ » a dissipe celte nuée de barbares^ qui venait » fondre sur TÉgypte} méker^ par le» tégle^ » mens les plud sages, avait dimiUbué un grand » nombre de dilapidations, inévitables dans » le& grandes aditiinistratians ; Klébev avait » pa je Tarrieré , et mis la $(dde au courant. » Il s^occupait d'*un plan de restauration gé-* » nérale. Soldats I le plus bel hommage qu« w vous puissiez rendre à la mémoire du brave » Kléber, est de vous résigner vousH-mêmes » à ce tie discipline qui fait la force das^ armées ; » c^esl de vous rappelev san» eee^ qne vouj»

» êtest républicains, et que partout voi** deves » donner Texemple de la discipline^ de la mo- » raltiAe « camme voqô donner cebû do Fin* m trépidiité eli de TaïadâCe âsakïxs les^ combats. H Obéissanoei aux cbefe de toUiSr lesr grades ; » itt>us sommes républicains, ayons^-en les ». venu»! SoWait&l ïancientteté de grade m'a g porté proMisoirera^n tau commandement de

9 ramifie; je n^ai à voos offrnr que mon n zèle ei mon attachement nirioiable à la ré^ u publique^ J^myoquerai le géme de Bovïhm- D parte^ et les mânes du brare Kléber *f et mar- D chant à Totre tête, nova traraflleroni tou$ <le » concert pour les intérêts de lai rép^blk|Qe.

» Abdallah Jacques Menoit. »

Uoe commission militaire fut nommée pour |uger Scdeyman et les vlemas de la mosquée d^El-Heasar dont il avait dénoncé la conipiiciti» Trois de ces ministres fntenrl arrêtés; confondus par les déetarations et les reproches de lâcheté dont les Âoeablait le fanatique S^ien , ils montrèrent le plus ^and «ba^t^finent ; m^js Tassassi», dm mom»»l où toiiit fut d^ou^értf ne esssa de se glorifier de sow actiovv et de Itf rapporter à Dieu.

Les trois prètrei^ furent eon^mtiés k arôii' la tête tranchée ; le trib«iii»lt pi6ur épouvanter

quiconq!«e vaudraiiv fiiDitev le zèlie ex-^ci*dbl^ de

34o EXPÉDITION

Soleyman, ordonna qu^il aurait d^abord le poing brûlé et quMl serait ensuite empalé : son corps, abandonné sur Finstrumeùt du supplice, devait servir de pâture aux oiseaux de proie, ^exécution du jugement fut fixée au jour des obsèques de la victime.

Depuis le moment où Kléber avait cessé de vivre , le canon tirait de demi-heure en demiheure : la solennité des funérailles fut annoncée dans la matinée du 17 par des salves dWtillerie dont la citadelle donna le signal et que répétèrent tous les forts. Les troupes de là province, les officiers supérieurs, les chefs d^administration , les autorités de la ville , chrétiens et musulmans , unis par le même sentiment de douleur , vinrent solennellement au quartier-général prendre cette dépouille glorieuse. Le corps était placé sur un char funéraire traîné par six chevaux : un drap noir parsemé de larmes dVrgent le couvrait, et son deuil formait un lugubre contraste avec

les insignes du commandement. Le convoi suivit dans un ordre religieux les principales rues du Caire , au bruit mesuré du canon et de la mousqueterie : il sWança lentement vers le camp retranché, désigné sous le nom d^Ibrahim-Bey. Dans la gorge du bastion, on avait élevé un tertre dont le sommet était couronné de cyprès : tous les emblèmes de la douleur s^y montraient aux regards attristés. Là , sur un socle entouré de candélabres fiit déposé le cercueil de plomb où les restes de Kléber dormaient embaumés.

L^état-major mit pied à terre : officiers et soldats vinrent jeter sur le corps des fleurs , des couronnes , des larmes : chacun laissa éclater librement les accens de son désespoir. Alors le secrétaire de Tlnstitut d^Egypte , Fourier, du haut d^un bastion qui dominait les troupes rangées en bataille , prononça Péloge funèbre de Tinfortuné général, et parle tableau de son courage, de ses vertus, de ses talens,

pénétra tous les cœurs d^une émotion profonde*^ Après avoir proclamé le$ gr^nde^ qn^aiités de ]^ yictime ^ Poratenr raviva les espéranoes des soldats en faisant apparaître tput-à-çoup dans cette çnceinte relig^jense le souvenir d^ Bona* pgrte :

ic Arme'e , qui réunissez les noms de l'Italie y )> dn Rhin et de TÉgypte , Je sort voqs a pla- » çée dans des circonstances extraordinaires ^ A) il vous donne en ^ectacle au monde entier, M et , c^ qui i^t plu^ encore I la patrie admire ï> votre sublime cpu|*age y ^e consacrera vos i> triomphes par sa reconnaissance, N^oubliei » p^s qn^ vous êtes ici même sous le» yeux » de ce grand homme 4]Uf la fortune de h )) France a choisi pour fixer la destinée de }i rétat ébranlé p^r le3l malh^ur^ publias. Son )> génie p^est point c^rné par les mers qui )> nous séparant de notre patrie ; il subsiste >^ çpcor^ PLU milieu d^ von^; îl vous aime, il » vous excite à la va^lenr , à la confiance dans

» VOS chefs, sans lacpieKe la valoir est inutile, » à toutes les vertus guerrières dont il nous a » laissé tant et de si glorieuir «Kekoples. Pui»- » seutles dottceurs d'un gouvernement pros- » père cooronner les efforts des Français!

» c*est alom ) guerriers estimables , que vous » jouireL des faooneurs dus jiux vrais citoyens i n vous vous eotreticodrez de cette contrée n lointaine que vous avez deux fois coiiiquise, » et des années innombrables que vous avez n détruites^ soit que la prévoyante audace » de Poaaparte aille les dbercher jusque dans » la Syrie , spit que Tinvineible courage de » Kléber les dissipe dans le cœur ttiéme de » r£gypte« Que de glorieux et louchans sou- » venirs tous aurez à reporter dans le sein » de vos familles ! Puissent^-elles jouir d^un » bonheur qui adoucisse Tamertume de vos I» regrets ! Vous mêlerez souvent k vos récits » le nom chéri de Kleber ; \vou8 ne le pro- » noncerez jamais suas être attendris , et vous

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» direz : Il était Tami et le compagnon des u soldats ; il ménageait leur sang et diminuait » leurs souffrances.

» Et TOUS, Kléber , objet illustre , et dirai- M je infortuné 9 de cette cérémonie qui. n'est » suivie d^aucune autre , reposez en paix , » ombre magnanime et chérie, au milieu des » monumens de la gloire et des arts, ! habitez » une terre depuis si long-temps célèbre ; que A) votre nom s^unisse à ceux de Germanicus ^ » de Titus , de Pompée et de tant de grands » capitaines et de sages qui ont laissé , ainsi u que vous , dans cette contrée , d^immortels » souvenirs! »

Il dit, et de tous les points de la ville une décharge générale d^artillerie et de mousqueterie exprima les derniers adieux de Tarmée.

Aloi*s le cortège se remit en mouvement et prit le chemin de Fesplanade de Flnstitut où Soleyman et ses complices devaient subir la peine de leur crime. Us arrivèrent , les ulémas

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fondant en larmes et maudissant la destinée

qui leur avait fait connaître le jeune Syrien ; celui-ci marchant d^un pas ferme , avec une contenance assurée, et reprochant à ses compagnons de supplice une faiblesse indigne des vrais croyans. Le courage de ce fanatique ne se démentit pas un moment y et y s^il répandit quelques pleurs^ ce fut lorsque y dans la prison y on lui rappela sa famille.

Les trois ulémas furent d^abord décapités :

le frémissement qui circula dans la foule im<^ mense des spectateurs^ à Faspect de cette sanglante opération , n^arriva point jusqu^au cœur de Soleyman : il regardait, avec une indifférence dédaigneuse , le pieu affilé qui devait servir dMnstrunient à sa mort. On commença par lui appliquer le poignet sur un brasier ardent : le feu dévora ses chairs sans pouvoir lui arracher un cri ; avec la même fermeté il supporta les intolérables douleurs du second supplice : ses traits se décompose-*

rent à peine, et lorsque le pal , fixé perpendiculairement, Peut élevëdaDs lesanrs, il promena ses regards sur la multitude et prononça, d^une Toix sonore , la profession de foi des musulmans : « Il n^ a point d^autre Dieu que » Dieu, et Mahomet est son prophète. »>

Solejman resta vivant sur le pal pendant près dç quatre heures : plusieurs fois il arait demandé à hoire ; les exécuteurs s^étaient op*^ posés à ce qu^on le satisfît , disant que le breu-* yage arrêterait surJe-c^amp les pulsations de sou oœur ; mais iorsquMls se fiirent retirés, un factionnaire français, cédant a la pitié, présenta de Feau au patient dans un rase placé au bout de son fusil. A peine Soleymao euuil bu, qu^il expira.

'Le moins criminel avait été puni ! Le grand* vîsir apprenait à Jaffa le succès de ses machi-^ natkms , et se félicitaii comme si le coup tpi avait £ait tomber Kléber eût frappé toute Tarmée.

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