LIVRE n
» YOtre foi et votre fidélité sur le sol dé vôtre » patrie avec le sang de l'agresseur et de 'se» » guerriers. »
Cette proclamation et ce spectacle , à là veille d'une bataille^ et dans des circonstances ausdi graves, agirent puissamment sur le soldat russe, qui est superstitieux et qui se crut destiné à faire exécuter les décrets de la Providence.
La revue tçmiihée, les Russes, abondamment, pourvus de liqueurà et de vivres, se reposèrent jusqu'au lendemains àdsi^ des bivouacs dont on voyait les feux étinceler'âu loin. Ijes Farançaisv au 'contraire, réduits pour la plupart à la ' chair de leurs troupeaux y furent en ihàrcbe une partie de la mnt^ et passèrent le reste sahsfeu et couchés sur la terre. Cette huit lëUr fut péiilUe , parce qu'aux: chaleurs excessives rfu mois d'^aoât avait ft'âccédé un tems froid et humide i, 'plus rigoureux qijeiîne le comporte cette saiâôh'idaRs nos cliriiats. '^ - - '•iTùnit étaiti extraordinaire- dans l'événement qui se préparait : l'élite des guerriers du' midi de l'Europe i côndiiitë par Napoléon, pénéfefait pour la première fois dans ces régîcms hyperborées qui confinent à l'Asie. Là, une nation long-tems tributaire des Tatars, et naguère encore presque inconnue vies nations civilisées ,
agi EXPÉDITION DE RUSSIE.
osait lutter seule contre ce conquérant, noD-> seulement pour le maintien de son indëpen-^ dance , mais encore pour obtenir la suprématie en Europe. Les armées ét^ent en présence y et allaient en venir aux mains dans ces mêmes lieux qui n^avaient encore vu que des guerriers slaves, sarmates outatars. La bataille qui allait se donner était la plus importante de toutes celles des tems modernes , autant par le nombre et le choix de& combattans que par les résultats qu^elle pouvait avoir. Elle allait décider de l'avenir des puissances de FEurope^ et, par contre-<:oup ,. de celui d^une grande partie dumtmde^ Le caractère bien connu de Napoléon, et ce qu'il avait laissé entrevoir de ses projets fu^s augmentaient encore l'importance de cette bataille. On ne saurait douter qu'il ne fût dans l'intention de porter la guerre en Turcpiie , aprèfr avoir contraint la Russie à ployer sous son joug , et qu'il n'espérât parvenir enfin à former deFEurope un royaume fédératîf , dont il se serait fait déclarer le chef. , .. . ,
Napoléon, alors qu'il méditait ces vastes pro-* jets , jouissait d'une santé robuste , et venait d'at^ teindre sa quarante-troisième année ; .il. était de petite taille , avait de IV^mbonpoint , les épaules Ihautes, le cou court, la tête grosse, la démar-