‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 128 sur 174 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

chin l'installa dans une maison près de Moskou , lui donna de l'argent, des ouvriers, et il travailla d'abordàunenormeballonincendiaire, destiné, disait-on, à anéantir l'armée française. On ne permettait point de visiter ces travaux ; mais on n'en faisait point un mystère , et les Moskovites de toutes les classes s'entretenaient du ballon.

Lorsque Napoléon , après s'être emparé de Smolensk , eut prononcé son mouvement sur Moskou , Rostopchin commença à craindre sérieusement pour cette capitale , et dès lors il se prépara à la livrer aux flammes si le sort de la guerre la faisait tomber au pouvoir de ce conquérant. Smid fiit donc employé à faire construire des torches , des fusées , des mèches et autres matières incendiaires. Quoique l'on prît les plus grandes précautions pour cacher ces préparatifs, il en transpira quelque chose , et le bruit se répandit que le gouverneur ferait brûler Moskou si Napoléon s'en emparait. Tandis que Rostopchin préparait ainsi ses moyens de destruction , il faisait évacuer les trésors du Kremlin , les archives du gouvernement, et partir les nombreux dépôts de troupes qui se trouvaient dans Moskou. L'université , la pension des demoiselles nobles , et l'institution des enf ans trouvés,

furent s^nstaller à Kasan , pour y attendre la

fin de la guerre.

Ces précautions , prises dans Tintërét du gouvernement y inspirèrent auxhabitans des craintes que Rostopchin chercha à dissiper au moyen de proclamations , et en publiant plusieurs rapports relatifs aux opérations militaires de Tarmée qui couvrait Moskou. I^es rapports avaient pour but de les tromper ; les proclamations , écrites dans un style bizarre et populaire y de les rassurer , et de leur promettre qu'il marcherait à leur tête à la rencontre de Fennemi , quand il y aurait nécessité. Il prenait en même tems les mesures les plus rigoureuses contre ceux qui répandaient des nouvelles alarmantes , manifestaient des craintes , ou parlaient de départ. Soixante étrangers , exerçant des états et des professions différentes , furent arrêtés (a), etenvoyés sur les confins de TEurope , sans que leur conduite eût donné lieu à ce traitement rigou^ reux (6).

(a) La police leiir adressa la lettre suivante : a Vous aller 19 voyager, Messieurs, parmi des peuples naturellement bons » et pacifiques, que vous ne parviendrez sûrement point à » infecter de vos mauvais principes; portez-vous bien, et 3» soyez sans craintes ; vous n'êtes point dans la barque k n Garon. »

(b) On avait proposé à l'eniperear Alexandre de prendre

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