‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 136 sur 174 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

tiné à remplir les fonctions d^niendant de la province de M oskou. Enfin une proclamation auxhabitans devait être publiée ce jour même(a). Napoléon s'arrêta à l'entrée du faubourg pour y attendre qu'une députation vint implorer sa clémence ; cet acte de soumission des vaincus lui plaisait et flattait son orgueil. Afin d'empêcher que ses soldats affamés ne livrassent Mos-

(a) Le lieutenant gdnëral comte Durosnel était aide de camp <le Napoléon. M. Lesseps était consul général à Pétersbourg avant la guerre ; il quitta cette capitale peu après le commencement des hostilités ; et ayant été mandé par Napoléon , il venait d'arriver à son quartier général depuis quelques jours. La proclamation que Napoléon devait adresser aux habitans de Moskou était ainsi conçue : « L'armée de sa majesté l'empe- » reur et roi ayant pris possession de la ville de Moskou^ il est » ordonné aux habitans , 1° de faire le rapport au général Du- » rosnel , commandant la place , de tous les Russes qu'ib "» pourraient avoir «hez eux blessés ou bien portans ; 2^ de » faire , dans les vingt-quatre heures , la déclaration des e£fets »> qu'ils peuvent avoir distraits ^ appartenant à la couronne, » ou dont ils auraient connaissance ; 3* de faire connaître les » farines , blés et eaux-de-vies qui pourraient être chez eux » ou dans les magasins du gouvernement russe ; 4° ils décla- » reront et rapporteront chez le conmiandant de la place toui> tes les piques ou autres armes offensives , soit armes à feu „ » soit armes blanches qu'ils pourraient avoir chez eux. Au » surplus , les habitans paisibles de la viUe de Moskou peuvent » être sans aucune espèce d'inquiétude sur le maintien de leurs » propriétés et la sûreté de leurs personnes , s'ils se confor- » ment religieusement aux dispositions de la présente prow clamation. >»

35i EXPÉDITION DE RUSSIE.

tion des habitons , envoya successivement plusieurs des officiers polonais qui lui servaient d'interprètes pour en hâter l'arrivée. Il apprit bientôt ce qu'il n'aurait jamais soupçonné, ce qui semblait presqu'incroy able , que Moskou , abandonnée par tous les fonctionnaires publics et par la plus grande partie de ses habitans , était presque déserte. Il n'en persista pas moins à exiger qu'il lui fût amené une députation telle quelle. On réunit donc plusieurs marchands étrangers qui s'étaient présentés à Murât pour implorer sa protection, et ils furent conduits devant Napoléon. « Les Russes , lui dirent-Us , ont » abandonné Moskou ; il n'y est resté que » quelques étrangers comme nous, qui s'adon- » naient au commerce , et quelques individus » des dernières classes du peuple. Nous ferons *> tout ce qui sera en notre pouvoir pour le » service de votre majesté , et nous la sup- » plions de nous accorder sa protection. )► Napoléon voyait s'évanouir en un instant tou^ tes les espérances qu'il avait fondées sur l'occupation de Moskou; dans son mécontentement, il ne leur répondit rien, et entra aussitôt dans le faubourg. Il s'arrêta quelque tems près du pont (a) pour y voir défiler les troupes,

(a) Ce pont avait ëtë rëpard à ]a hâte.

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