‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 143 sur 174 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

poudre , situe à une lieue de la ville , quatre cent milliers de poudre , quarante milliers de soufre et de salpêtre , et un assez grand nombre de cartouches. Les premiers objets ne pouvaient être d^aucune utilité pour le moment ; les seconds étaient très-précieux, puisqu'au moyen des projectiles ramassés sur le champ de bataille de la Moskwa Ton pouvait faire confectionner des munitions , ce qui diminuait d^autant le nombre de celles quHl fallait tirer des derrières de Farmée (a) ; aussi Rostopchin ou son commandant d'artillerie commirent-ils une grande faute en ne détruisant pas les poudres contenues dans ce magasin.

La destruction de M oskou fut très-funeste à Farmée en la privant de beaucoup de fourrages, et sous d'autres rapports encore , ainsi que je le développerai plus tard ; mais la perte des vivres ne lui fut pas aussi nuisible qu'on, serait porté à le croire. Indépendamment des ressources qu'offrit la partie de la ville conservée et le pays qui l'environne (20), on trouva dans les caves beaucoup de denrées qui n'avaient point souffert du feu , et de vastes jardins fournirent

(a) U était très-avantageux de se procurer des munitions sur les lieux, parce que leur transport était une des grandes difficultés de cette guerre.

^era facilement , en le comparant avec le ré-» cit des faits , ce quMl contient dMnexact et de mensonger.

La proclamation d'Alexandre (a) faisait , de

(a) Je croîs devoir rapporter cette proclamation , elle ëCait conçue en ces termes :

a L'ennemi est entré à Moskou le i5 septembre. A cette » nouvelle on pourrait s'attendre à voir éclater la constema- » tion sur tous les visages ; mais loin de nous un abattement x> pusillanime. Jurons plutôt de redoubler de persévérance et » de courage ; espérons que , combattant pourune cause juste , n nous [rejeterons sur Tennemi les maux dont il veut nous » accabler. Moskou cependant est occupé par ses troupes; )) mais ce n'est point par suite delà destruction de nos armées. » Le commandant en chef, de concert avec ses généraux , a » jugé prudent de céder un instant à la nécessité. Il s'est ren plié , afin d'ajouter de nouvelles forces aux siennes pour » pouvoir ensuite tomber sur l'ennemi. Ainsi le triomphe » passager du chef des Français le conduira à une destnic- V tion inévitable.

» Nous savons combien il est pÀiible pour un Russe de 9 voir le dévastateur de son pays possesseur de l'ancienne ca- » pitale de l'empire. Mais les remparts seuls en sont tombés » dans ses mains. Abandonnée par ses habitans , privée de » ses trésors, elle présente un tombeau , plutôt qu'un lieu d« » repos au farouche agresseur qui voudrait s'y élever un. » nouveau trône sur les ruines de notre empire.

» Cet orgueilleux dévastateur des royaumes espérait, en s'en^ » parant de Moskou , devenir l'arbitre de nos destinées , et » nous dicter la paix. Son attente a été trompée; il ne trouve

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