‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 144 sur 174 · LIVRE IT. Int · texte numérisé non relu

LIVRE IT. Int

la situation difficile de Napoléon , et de la né-^ cessité où il se trouvait de se retirer incessam*^

» dans Moskou ni moyens de domination , ni même aucun > moyen d'existence. Nos forces , qui s'augmentent ioumelle- » ment, entourent Moskou ;. elles occupent toutes les routes , » et détruiront tous les ^étachemens que l'ennemi enverra » pour chercher des vivres.. H se convaincra bientôt de l'er- » reur qu'il a commise en croyant que la possession de Mos- » kou le rendrait maître de T empire , et la nécessité l'obligera » enfin à fuir au travers des rangs de notre intrépide armée » pour échapper à la famine...

» examinez l'état de l'ennenû -, il est entré en Russie à la » tête d'une armée de trois cent mille hommes , composée de » difC^entes nations qui ne le servent point par attachement D per^nnel , ni pour l'honneur de leur patrie , mais par » crainte. 'L'effet désorganisateur de ce mélange de nations » s'est déjà fait sentir. Une partie de l'armée ennemie a été » détruite par la valeur de nos soldats , la désertion , les ma-- » ladies et la faim ; ses misérables restes sont à Moskou.

» L'orgueil de ce conquérant est sans doute augmenté par le » succès de l'entreprise téméraire qui l'a porté au sein de » l'empire y et par l'occupation de notre ancienne capitale ; » mais c'est la fin qui couronne l'œuvre. Il n*a point trooré » de pays oii ses action^ aient imprimé la terreur , oii un seul » Russe soit tombé à ses pieds. La Russie se presse autour du » trône paternel de son souverain , qui étend sur eUe le bras » de son affection ; elle n'est pas accoutumée au joug de l'op^ » pression ; elle repoussera une domination étrangère ; elle ne » sera point dépouillée de ses lois, de sa religion et de son » indépendance ; elle est prête à verser tout son sang pour lea 1^ défendre. Ce sentiment est ardent et universel ; il ê'eUt ma^

ment , une peinture qui. aurait été exacte si elle eût fait connaître Fétat de faiblesse auquel

» nifestë par Torganisation prompte et volontaire du peuple , » sous la bannière sacrée du patriotisme. Oii pourrait être le » motif d'une crainte déshonorante ? Y a-t41 dans Tempire un » homme assez lâche pour désespérer , lorsque tous les ordres » de Tétat respirent la vengeance , lorsque l'ennemi , prive de » toutes ses ressources , et voyant journellement diminuer ses » forces , se trouve au milieu d'une nation puissante , entouré » par nos armées , dont Tune le menace de front , tandis que » les trois autres interceptent ses secours et lui coupent la re- V traite ? Cette situation peut-^Ue alarmer un vrai Russe ? D Lorsque l'Espagne a rompu ses fers ) et menàée Tintëgrité de » l'empire français ; lorsque la plus grande paYtie de l'Europe , » dégradée et dépouillée par lé chef des PràtiÇdis , le sert avec » un cœur ulcéré , et fixe ses regàtds sur nôiis , attèndapt avec » impatience le signal de la délivrance; lorsque 'la France » elle-même désire en vain , mais n'entrevoit pas la fin d'une » guerre sanglante , dont lé seul motif est une ambition déme- » surée ; lorsque le mo^nde entrer , opprimé , voit en nous un » exemple et un encouragement , pourrions-nous reculer devant 1» une aussi honorable nussion ? non ; saluons plutôt la main » qui nous élit pour être les chefs des nations dans U cause » de la liberté et de la vertu.

» Le» maux du genre humaÎB sont poussés à leur comble ; »• il ne faut que jeter les yeur autour de nous pour voir les ca- » lamités de la guerre et les cruautés de l'ambition dans toute y> leur horreur ; mais nous les bravons poFur le mainfieik de » notre liberté, et dans l'intérêt de l'huniaiiité. Nôttd épr<Mi-> » verons le sentiment d'une bonne action , et un hoiixiettr îin* » mofrtel sera la récompense d'utie nation qui^, en' endkiranfl^ » maux d'une guerre cruelle, en' réMBtalit^cfe^^itstlIiice et

Page 1