‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 156 sur 174 · LIVRE IL Sgy · texte numérisé non relu

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^insi que nous le verrons. LHgnorance , vraiment incroyable , dans laquelle se trouva Napoléon pendant douze jours, relativement à ce qu'était devenue l'armée russe , ne fut pas due uniquement aux dispositions de Kutusof , mais au désordre causé par l'incendie , et aussi à ce que toutes les routes offraient des traces égales de passages de voitures, à cause de la fuite des habitans (a). Enfin l'incendie de Moskou, attribué à Napoléon, remplit les Russes d'effroi et d'indignation, et les porta à faire les plus grands efforts pour le chasser de leur territoire.

On voit que les Russes recueillirent de grands avantages de la destruction de leur capitale ; mais on ne saurait cependant affirmer qu'ils durent leur salut à ce sacrifice (6).

jour à Moskou , Ton s'en éloignait de plusieurs lieues pour aller aux fourrages , et Ton était exposé aux attaques fréquentes des Kosaques.

(a) Il est digne de remarque que cette ignorance de Napoléon , qui fut si nuisible à ses intérêts , n'avait pu être comptée par les Russes au nombre des avantages qu'ils retireraient de rincendie de Moskou , puisque c'était une circonstance qu'ils ne pouvaient prévoir.

{b) La prolongation du séjour de Napoléon à Moskou augmenta beaucoup les avantages que les Russes recueillirent de la destruction de cette capitale ; mais c'est une circonstance qu'ils avaient si peu prévue , qu'un des buts qu'ils se propo*

- Pour se former une idée exacte des dangers que courait Napoléon en prolongeant son séjour à Moskou , il est nécessaire de jeter un coup d'œil sur la situation des corps d^armées détachés.

Après le combat du 22 août , Macdonald resta dans rinaction , et conserva les mêmes positions jusqu^au 18 septembre (o). A cette époque, les Russes , protégés par quelques chaloupes canonnières, renouvelèrent l'attaque , déjà tentée plusieurs fois ,surla gauche des Prussiens. Après s'être emparés de Schlock , et s'être avancés jusqu^ à Volgunt , ils furent repoussés , et reprirent leurs anciennes positions (b). Peu de jours après ce

saîent en incendiant Moskou , était d'empêcher Napoléon de $*y arrêter.

Puisque ce conquérant devait commettre une faute si grossière qu'elle étonnerait , même de la part du général le plus borné y il aurait été heureux pour lui que Moskou eût brûlé fin entier, parce qu'ilaurait été contraint d'effectuer sa retraite beaucoup plus t6t.

(a) L'on se souvient qu'il était de sa personne à Diinaburg tyec deux brigades de la division Grandjean ; que la brigade Hunerbeîn était k Fridrichstadt , et que Gravrert , placé sur la rive gauche de la Dwina , observait Riga , et avait réduit la garnison de cette place à ne s'étendre qu'à quelques lieues autour de la tête du pont.

(à) Une estacade de pilotis , construite devant Volgunt par le général de division baron Gampredon qui devait comman-

combat, le corps d'armée de Finlande, commande par le lieutenant-général comte Steinheil , débarqua à Riga. Ce général devait , conjointement ayec la garnison de cette place, attaquer le corps prussien, et tâcher de détruire les moyens réunis pour le siège de Riga.

Les magasins de vivres étaient à Mitau , ville distante seulement de neuf lieues ; les parcs de Tartillerie et du génie à Runthal et Bomsmiinde, villages situés au-delà de l'Aa, à une demi-lieue l'un de Pautre, et à trois petites journées de Riga. Le parc du génie ne contenait que des objets de peu de valeur, et que l'on aurait remplacés facilement si l'ennemi s'en fiit emparé ; il fallait d'ailleurs les avoir sous la main en cas qu'on voulût construire des retranchemens. Le parc de siège se composait de cent trente bouches à feu , avec les approvisionnemens nécessaires. La saison était trop avancée pour qu'on pût songer à faire le siège de Riga; l'année qui observait cette place était d'ailleurâ trop faible pour l'entreprendre : aussi Napoléon avait-il fait connaître à Macdonald qu'il y renonçait pour cette année ; aucun motif

der le gënie du si^ge , arrêta les chaloupes et contribua ainsi à ce succès.

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ne justifiait donc la réunion d^une aussi grande quantité d^artillerie à Runthal (a).

Les forces d'Yorck (6) s^élevaient à seize mille hommes , dont la majeure partie occupait une position entre Mitau et Olai ; le reste était disséminé sur toute la ligne. La brigade Hunerbein , forte de près de trois mille hommes , et qui n'était éloignée que de deux journées de marche , pouvait, au besoin , se réunir. à lui. Les forces d'Essen étaient un peu plus nombreuses; le corps de Steinheil, composé de

(a) L'équipage d'artillerie de siège , organise à Danlkig, était composé , pour le personnel, d'un général de brigade et de huit compagnies d'artillerie ; pour le matériel , de cent trente bouches à feu d'artillerie prussienne. H était parti lé 38 mai de Dantzig pour se rendre par eau à Kœnigsberg, ou il était arrivé dans les derniers jours de juin. Il était alors sous les ordres de Davout ; le 9 juillet, il passa sous les ordres de Macdonald. Le 1 3 juillet , on l'embarqua à Kœnigsberg , et on le condoisit par eau à Tilsit , oii il arriva le 3o juillet. Le i5 août tout réquipage étant débarqué , on le mit en mouvement en en formant plusieurs convois que l'on dirigeait successivemeBt sur Runthal , oii le premier convoi arriva le 3o août. Le 10 septembre , tout le parc de siège était réuni près de ce village.

C'avait été une première faute de réunir le parc de si^ à Runthal avant même que l'on eût passé la Dwina pour achever l'investissement de Riga, et c'en était une seconde deTy laisser.

(b) Ce général avait remplacé depuis quelques jours Grawerl, qui s'était retiré pour des raisons de santé.

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