‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 162 sur 174 · LIVRE IL 4ii · texte numérisé non relu

LIVRE IL 4ii

contre de Tennemi et le renversa ; mais bientôt , accablée par le nombre , elle fut obligée de se reployer jusque sur le bord de la Polota ; ce mouvement rétrograde fîit exécuté lentement, avec ordre et sans cesser le feu. Les Russes essayèrent à plusieurs reprises de s^emparer des redoutes , et ne purent y réussir (à). Sur ce point , combattaient pour la première fois les milices de Pétersbourg , troupe mal armée , peu exercée , mais animée d'une valeur insensée. La nuit sépara les combattans. Les Russes bivouaquèrent autour de la place. Steinheil , loin d'attaquer Polotzk à revers , n'atteignit m:émc jias l'U^ zacz, quoique ce ruisseau ne fut éloigné de Drissa que d'une petite journée. Le lendemain , le jour parut sans que WittgénSteîn attaquât-, il attendait pour le faire l'apparition ' de Stéklheîl ; ce général arriva enfin sur les bords de l'Uszacz à dix heures du matin ; il traversa aussitôt ce ruisseau, et poussant devant lui \é détachement de Corbîncau , s'avança sur Polotzk. Saînt-Cyr, afin d'arrêter à l'instant les progrès de Steinheil, envoie è sa* irencontre trois régimens d'infanterie (è) et le régiment

{a) Elles avaient ëtë mises dans un bon état de défense , et

ne pouvaient que très-difliciileineht être enlevées de vive force.

{b) Saint-Cyr prit un régiment dans chacune des divisions

4i2 EXPÉDITION DE RUSSIE.

de cuirassiers qui , la veille , avait remonté la Dwina ; cestroupes rencontrèrent Steinheil dans un bois que la route traverse , et l'y arrêtèrent toute la journée. Dans cet état de choses, Saint- Cyr , ne pouvant sans témérité conserver Pclotzk plus long-tems , donna Tordre de commencer la retraite aussitôt qu'il ferait nuit.

AVittgenstein était resté dans une inaction qui se serait indubitablement prolongée jusqu'au lendemain , si le feu n'eût pris aux baraques de la division Legrand au moment où les troupes les abandonnaient. Cet accident ayant fait connaître au général russe le mouvement de retraite de Saint-Cyr, qu'il ne soupçonnait même pas auparavant , il dirigea aussitôt le feu de ses batteries sur les troupes françaises , et parvint à embraser Polotzk avec des obus ; profitant alors de la clarté de l'incendie , il attaqua sur toute la ligne , et fit, à plusieurs reprises y de grands efforts pour pénétrer dans Polotzk ; mais le soldat français , placé derrière les palis^ sades, d'où il faisait un feu terrible, fut inébranlable. Merle , chargé de l'arrière-garde avec sa division , défendit les rues pied à pied ; à deux

du deuxième corps , afin de cacher autant que possible la nécessité où il se trouvait de faire repasser la Dwina à une par-^ tie de ses troupes.

Page 1