LIVRE IL
il dirigea Daendels sur Beszencowiczi , à la ren-^ contre de Legrand , tandis qu'avec le reste de son corps il marcha sur Czasniki.
Wittgenstein avait passé la Dwina le 21 , et, ayant réuni à ses forces le corps de Steinheil , s'était mis à la poursuite de Merle ; un détachement suivait Legrand; un autre détachement , sous les ordres de Wlastrof , eut ordre , d'abord , de remonter la Dwina pour s'assurer que Macdonald ne faisait aucun mouvement, et ensuite , d'observer la garnison de Wilna. Wlastrof , après avoir poussé des reconnaissances jusque près de Diinaburg , revint sur ses pas et s'arrêta vis-à-vis de Glubokoé , pour observer de Wrede , qui y avait pris position avec son corps (a) et une brigade venue de Wilna. De Wrede n'avait été suivi pendant sa retraite que par quelques escadrons.
Après neuf jours d'une retraite très-lente, et que Wittgenstein ne contraria presque point, Merle effectua sa jonction avec Victor, sur les bords de la Lukomlia ( 29 octobre). Legrand avait déjà opéré la sienne avec Daendels à Beszencowiczi. Les forces réunies des deuxième et neuvième corps s'élevaient à environ trente-
(a) Le corps bavarois était alors réduit à moins de deux mille hommes.
4i8 EXPÉDITION DE RUSSIE.
six miUe hommes , dont quatre mille de cavalerie (a).
La Lukomlia est un ruisseau qui se jette dans riJla, à l'endroit où cette rivière tourne brusquement à gauche pour aller se rendre dans la Dwina ; la route de Senno à Lepel traverse ce ruisseau, et passe, un quart de lieue plus loin , par Czasniki , village situé sur la rive droite de rUla, près du confluent de cette rivière et de la Lukomlia. Le 3o , Victor et Wittgenstein furent en présence.
La nécessité de repousser Wittgenstein , Fimportance d'un premier succès , ce que Napoléon devait attendre d'une réunion de forces supérieures à celles du général russe par le nombre et par la qualité des troupes, tout engageait le général français à reprendre vivement l'offensive. Il le sentit, et se décida à attaquer Wittgenstein le lendemain au point du jour, avec la totalité de ses forces. Par suite de cette résolution , il envoya à Daendels l'ordre de le venir joindre en toute hâte avec ses deux divisions (6) ; sa cavalerie , qui était encore à cinq
(a) Le deuxième corps comptait encore quatorze mille hoinr mes , le neuvième en comptait vingt-<leux mille.
(ù) Daendels, étant le plus ancien , commandait les deux divisions.