‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 17 sur 174 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

^^on leur demandait. Napoléon , vivement in^ téresse à ménager la noblesse, et au maintien de Tordre , fit prêter main-forte aux seigneurs , et cessa de parler de liberté aux paysans : Tespoir qu^il avait donné d^abord à ces derniers n^en indisposa pas moins la noblesse , qui se vit un moment exposée à tous les dangers d^un mouvement populaire ; mais ce qui changea bientôt Pesprit de toutes les classes à son égard , fut la dévastation du pays ; les paysans surtout, cruellement maltraités , trompés dans Tespoir qu^ils avaient conçu , lui devinrent entièrement contraires.

Lorsque Alexandre apprit que Napoléon franchissait le Niémen , il assistait à un bal que donnait le général Beningsen dans son château de Ziacrett, aune demi-lieue de Wilna ; lebal fut aussitôt interrompu (a) ^ et le lendemain (24 juin), ce monarque , prévoyant qu'il conserverait difficilement la lithuanie ^ ordonna de faire établir des magasins de vivres dans les villes de

(a) tie jour où Ton s'empara de Wilna , des troupes pénétrèrent dans le château où Beningsen avait reçu l'empereur de Russie ; elles le trouTèrent abandonné , mais il semblait que le bal n'a* vait été interrompu que depuis quelques instans, car, dans la confusion qui suivit la nouvelle de l'arrivée des Français , on n'avait eu le tems de rien emporter; tout lut pillé, bri»é , bonieyersé;

5o EXPÉDITION DE RUSSIE.

Witepsk , Vélikiluki , Ostrow et Pskow , et en même tems de mettre en état de guerre les provinces de Witepsk et de Mohilof. Le jour suivant il publia une proclamation qui , par sa modération , forme avec celle de Napoléon un contraste remarquable ; elle était conçue en ces termes :

« Wilna, le 25 juin 1812.

« Depuis long-tems nous avions remarqué de » la part de l'empereur des Français des pro- » cédés hostiles envers la Russie ; mais nous » avions toujours espéré les éloigner par des » moyens concilians et pacifiques. Enfin, voyant ?> le renouvellement continuel d'offenses évi- » dentés , malgré notre désir de conserver la » tranquillité, nous avons été contraints de com- » pléter et de rassembler nos armées ; mais en- >> core alors nous nous flattions de parvenir à » une réconciliation en restant aux frontières » de notre empire , sans violer l'état de paix , » et seulement prêts à nous défendre. Tous ces w moyens concilians et pacifiques ne purent » conseryer le repos que nous désirions. L'em- » pereur des Français , en attaquant subitement » notre armée à Kowno , a le premier déclaré » la guerre. Ainsi , voyant que rien ne peut le

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