LIVRE I. Si
» trainrer accessible au désir de conserver la « paix , il ne nous reste plus , en invoquant à •» notre secours le Tout-Puissant , témoin et dé- » fenseur de la vérité, qu*à opposer nos forces y» aux forces de Teimemi.
» Il n^est pas nécessaire de rappeler aux com- » mandans y aux chefs de corps et aux soldats « leur devoir et leur bravoure. Le sang des va- » leureux Slaves coule dans leurs veines. Guer- » riers , vous défendez la religion , la patrie et » la liberté ! Je suis avec vous. Dieu est contre » Fagresseur. »
Dès le début de la campagne , on s'aperçut combien il était difficile de faire une guerre d'invasion ^ avec une nombreuse armée , dans un pays peu peuplé , où le paysan esclave n'a que le strict nécessaire , et ne peut se procurer de nouvelles provisions quand on a épuisé les siennes.
La grande quantité de voitures, formant encombrement à tous les ponts y occasionait des retards qui ajoutaient beaucoup aux fatigues des marches.
On allait souvent chercher fort loin le vert dont on nourrissait les chevaux; cette corvée était surtout pénible pour les soldats du train d'artillerie et des équipages , qui ont deux chevaux à soigner, et qui emploient ordinairement
plus de tems que les cavaliers à parcourir k même distance.
Le nombre des combattans et la rapidité des marches s'opposaient à ce qu'on fît des distributions ; les convois de vivres qui suivaient l'armée étaient en arrière de plusieurs journées , et d'ailleurs ils auraient été insuffisans. Les régi^ mens pouvaient à peine faire suivre leurs troupeaux et leurs voitures particulières ; aussi faisait-on porter au soldat pour plusieurs jours de vivres. Lorsqu'un régiment était sur le point d'en manquer, il envoyait un détachement à la^ inaraude; ce détachement, obligé de s'enfoncer dans les terres pour trouver des villages neufs (<i) ^ éprouvait de grandes fatigues , et ne parvenait souvent \ rejoindre qu'au bout de quelques jours. Cette manière pénible et in^ certaine d'exister produisit de funestes effets ; beaucoup de soldats tombèrent malades ; beaucoup d'autres , ne pouvant suivre , poussés par la faim , se jetèrent dans les campagnes ; un plus grand nombre encore s'y répandit pour piller et pour éviter les privations , les fatigues et les dangers de la guerre. La plupart > au lieu
(a] Cette locution , que l'usage a en quelque sorte consacrée , me semble très-heureuse pour exprimer qu'un village n'avait jpaint encore soufTert de la preseuce des troupes»