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garde seule pouvait rendre de bons services.
Ayant éjprouvé moins de fatigues et souffert moins de privations, elle était encore nombreuse , et avait des chevaux en assez bon état.^ Les corps de cavalerie, réunissons le commandement de Murât, approchaient d'une entière destruction ; hommes et chevaux éprouvaient les privations les plus dures ; et la cavalerie russe les harcelait avec une telle activité, que Murât se vit contraint de faire protéger sa cavalerie , quand elle allait aux fourrages , par de l'infanterie et du canon ; la cavalerie légère , attachée aux corps d'armée , souffrait moins ; mais elle avait aussi éprouvé de grandes pertes. L'artillerie, mal attelée, avait des chevaux fatigués ; privés d'avoine , ils ne pouvaient se rétablir, et la nécessité d'aller quelquefois chercher les fourrages à plusieurs lieues , empêchait de leur accorder un repos qui leur aurait été si nécessaire (à). Quoique le nombre des bouches à feu, déjà trop grand au commencement de la campagne , fût alors hors de toutes proportions raisonnables avec ce qui restait d'infan-
(a) Cette observation s'applique particulièrement à Tartillerie des corps qui étaient à Moskou ; à la fatigue des foui^ rages se réunissait le danger des Kosaques , qui se montraient quelquefois jusqu'aux portes de Moskou.
tcrie et de cavalerie ^ il en arrivait encore four^ nellement. Les réflexions que je viens de faire, concernant les chevaux d'artillerie , s'appliquent à ceux des bagages et des vivres , que chaque corps traînait à sa suite ; ils allaient cependant essuyer de plus rudes fatigues encore que les précédentes ; car il était indubitable qu'une partie de cet immense butin , répandu dans l'armée, allait encombrer les voitures de bagages et de vitres si Napoléon ne prenait les mesures les plus énergiques pour l'empêcher. Tandis que la situation de ce conquérant s'empirait ainsi journellement, celle de Kutusof s'améliorait au point que son armée était devenue aussi forte que celle de Naq[)oléon en troupes (à) régulières , et plus nombreuse en Kosa<pies qu'elle ne l'avait encore été ; aussi ces derniers infestaient-ils tout le pays-
Le I G octobre , Wéréia , que l'on avait palissadée , et où Junot avait placé un bataillon , fut enlevé d'assaut par Dorochof : des habitans l'avaient guidé dans son attaque, et ceux qui étaient restés dans la ville l'avaient secondé en se révoltant. La possession de Wéréia avait
(a) L'armée de Kutusof était moins nombreuse que cellfe de Napoléon en inianterte , mais beaucoup plus en cavalerie y t% il ayait en outre environ vingtrquatre mdUe Kosa^iies.
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de Fimportance , parce que cette ville se trouvait sur la route que Murât était obligé de prendre s'il devait se retirer sur Mojaïsk, et aussi parce qu'elle n'était qu'à une petite journée de la communication de Napoléon. L'inaction si extraordinaire de l'armée , dans de telles conjectures, et le voyage de Lauriston au quartier général russe , firent penser que l'on était entré en négociations, et le désir se réunissant aux apparences , les bruits d'une paix prochaine circulèrent dans l'armée.
Tel était l'état des choses , lorsque Napoléon , calculant que la réponse d'Alexandre aurait déjà dû lui être parvenue s'il la lui eût adres^ sée directement , commença à craindre que ce monarque ne fût pas dans l'intention de traiter de la paix , et que Kutusof ne cherchât à prolonger la négociation pour le retenir à Moskou; il prit donc la résolution de commencer sa retraite sans différer.
Le i3 octobre, il envoya l'ordre à Davout, à Eugène et à Ney de reprendre dans Moskou les positions qu'ils y avaient occupées précédemment (a) ; aux troupes de la vieille garde ,
(a) Davout, indépendamment du quartier qu'il occupait dans Moskou ; avait cantonna une partie de ses troupes dan$
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celui de se tenir prêtes à marcher. Mortier fat chargé de défendre Moskou , avec la jeune garde , les deux régimens formes de cavaliers démontés, les troupes qui pourraient arriver après le départ de l'armée , et les dépôts que les trois corps d'armée y laisseraient (a). Murât fut prévenu que l'armée allait se mettre en marche pour se réunir à lui , et attaquer Kutusof. « C'est » donc encore quatre ou cinq jours quo vous » aurez à passer , lui mandait Napoléoi^ , et » pour peu que vous craigniez que l'ennemi » vous attaque, ou que la nature des choses » vous rende impossible d'éviter les pertes que » vous avez faites depuis huit jours ^ vous avez » la ressource de prendre la position de Wo- » ronowo (6). »
les yillages environnans. Eugène ëtait dans le même cas, et avait encore la division Delzons à Dmitrow et la division Broussier à trois lieues et demie de Moskou -, cette dernière conserva sa position. Ney ëtait encore à Bogorodzk.
(a) Chacun des corps de Davout, d'Eugène et de Ney avait un dépôt , et chacun de ces dépôts occupait un couvent que Ton avait retranché.
{b) Napoléon , par suite des reconnaissances qu'il avait fait faire, pensait que la position de Woronowo pouvait se défendre avec de Tinfanterie , et ayant égard aux pertes iouraaliéres qu'éprouvait la cavalerie de Murât et à Tétat déplorable auquel l'avaient réduite les privations et les fatigues , il avait au-