‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 28 sur 174 · LIVRE I. fi · texte numérisé non relu

LIVRE I. fi

directions ^ et n^avait laisse aux Russes d^autres moyens de salut qu^une prompte retraite ; aussi ne saurait -on raisonnablement penser qu^ils eussent formé à Favance le dessein de l'attirer loin de ses ressources , quand même les magasins considérables qu'ils avaient en différens

endroits , et qu'ils furent contraints de détruire , ne prouveraient pas le contraire. Quoiqu'ils se fiassent retirés avec beaucoup de bonheur , ils essuyèrent cependant de grandes pertes ; tous leurs traîneurs tombèrent entre les mains des Français ; beaucoup de soldats d'origine polo^^ uaise désertèrent ^ et ils perdirent quelque bagage , mais moins qu'on n'aurait eu lieu de s'y attendre.

L'armée française éprouva , par les raisons que î'ai données précédemment , une diminution plus forte encore. Ce résultat remarquable et inattendu aurait dû engager Napoléon à changer sa marche habituelle ; il ne pouvait pas ^ jsans éprouver des pertes énormes , parcourir, rapidement, avec ses nombreuses armées ^ des pays peu peuplés et dénués de ressources , comme il l'avait fait en Allemagne, en: Italie et en Es^ pagne : il devait prendre conseil des Russes V qui ne marchent jamais sans élpre accompagnés de convois de vivres , et de Charles XII qui , n'ayant qu'une petite armée en comparaison de la sienne ,

cirtait la même opération à Diïuabburg. Cette ville, que les Russes travaillaient à fortifier depuis plusieurs années , était située sur la rive droite du fleuve. Le corps de la place n'aurait pu résister même â une attaque de vive force (a) ; mais l'ouvrage à couronne , formant tête de pont, était terminé et armé. Oudinot, s'étant dirigé sur Diinabourg , attaqua les Russes le i3 juillet, jour même de son arrivée , et les contraignit à se renfermer dans la place. Pendant cette attaque , il faisait faire des démonstrations une lieue au dessus de Diinabourg , comme s'il eût voulu y passer le fleuve. Cette circonstance et l'audace des tirailleurs français , qui tuaient uni grand nombre de canonniers par les embrasures que l'onavait faitesbeaucpuptrop larges , fit craindre aux Russes de n'avoir pas le tems d'évacuer l'ouvrage à couronne ; ils se décidèrent à l'abandonner ; déjà ils attelaient l'artillerie pour lui faire repasser le pont, lorsque l'attaque des Français cessa : si elle se fût prolongée d'une demi-heure , ils devenaient maîtres

(a) Napoléon croyait Diinabourg ^n^tat de soutenir un siège ^ et avait faitpartir de Magdebourg un équipage pour l'attaquer; cet équipage venait d'arriver à Elbing. On avait tant de facilités pour se procurer des renseignemens précis au moyen des Polonais , que cette erreur semble extraordinaire.

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