LIVRE I
moins les corps d'Oudinot et de Ney , les trois divisions du premier corps , et les corps de Nansouty et de Montbrun que Murât pouvait réunir trè^-promptement , formaient une masse à peu près égale à celle dont Barklay pouvait disposer ; d'ailleurs Murât avait ordre de ne point accepter la bataille ; il se serait retiré jusqu'à ce qu'il eût été)oint par N^x>léony qui aurait amené sa garde en toute hâte y et alors Barklay ne pouvait se flatter de vaincre. £n supposant même qu'un ordre de choses plus favorable lui eût donné des espérances fondées , il ne devait pas moins éviter d'en venir aux mains, puisqu'un succès ne pouvait avoir que peu d'importance^ tandis qu'un revers forçait la Russie à subir la loi du vainqueur : en se retirant , il conservait son armée intacte , gagnait du tems , se rapprochait de ses moyens , et rétablissait peu à peu l'équilibre numérique entre lui et son adver* saire. Napoléon, au coiAtrairCi voyait et se fondre son armée avec une rapidité étonnante , et csoître ia difficulté du recrutement. JËnfin l'hiver I si rigoureux dèna ces climats , s'avan- ^t et devait mettre fin am opérations régulières.
Âpres la jonction de Wittgenstein, la totalité de la première armée sa trouva concen-*
8o EXPÉDITION DE RUSSIE.
trée dans le camp retranché de Drissa \ Mural observait cette armëe avec les corps d'Oudinot , de Ney , trois divisions du corps de Da- Vout , et les deux corps de cavalerie de Nansouty et de Montbrun ; Saint-Cyr et Eugène se dirigeaient^ ainsi que nous l'avons dit, le premier , sur Glubokoé , et le second sur Kamen ; la garde avait quitté Wilna et se trouvait à Swentziatiy.
Le camp retranché de Drissa, auquel les Russes travaillaient depuis un an , était situé sur la rive gauche de la Dwina, dans un rentrant que forme cette rivière devant Drissa. Il était composé de trois lignes d'ouvrages ; la première appuyait ses extrémités à la Dwina, et avait environ trois mille toises de développement. Un seul pont «ervaitde communication avec la rive droite ; cette circoiiistaAce aurait pu devenir trèsfuneste aux Russes, s -ils avaient été forcés dans Jce camp , qui n'étaitpDÎnt ài'abri d'une attaque de vive force, lies ouvrages , exécutés avec soin , «avaient été placés sans discernement ; au reste , iquélque graves ^qiie fossent les fautes dont je viens de parlei-^ elles doivent moins étonner que l'emploi d'un semblable moyen de défense ; crri en conclut que les Russes n'avaient encore aucune connaissance exacte de la nouvelle me-