‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 38 sur 174 · LIVRE L · texte numérisé non relu

LIVRE L

nouvelle arrière-garde , qu'il mit sous les ordres de Pahlen.

Le jour suivant, Napoléon continua à se porter sur Witepsk; la division Broussier, du quatrième corps, marchait à Tavant-garde avec la cavalerie légère. Les Russes se retirèrent sans presque opposer de résistance , jusque derrière un ravin, où ils prirent position; leur gauche occupait un bois qu'ils avaient garni d'infanterie et d'artillerie, leur droite s'appuyait à la Dwina ; le terrain étant découvert de ce côté , ils y avaient placé leur cavalerie. Peu en arrière sur le plateau qui borde la rive droite de la Luczissa, on apercevait l'armée de Barklay en bataille comme s'il eût été disposé à combattre, tandis qu'il avait déjà tout préparé pour la retraite.

Napoléon, après avoir fait rétablir un pont que les Russes avaient détruit , fit passer le ravin à la cavalerie légère et aux divisions Broussier et Delzons ; la première suivit la route , la seconde appuya à droite. Ce fut sur la gauche qu'eut lieu le premier choc ; la cavalerie russe y ramena un régiment de cavalerie légère : deux compagnies de voltigeurs qui remontaient la Dwina, à la suite de ce régiment, offrirent alors un bel exemple de la supériorité de l'infanterie

quand elle est disciplinée et aguerrie ; entourées tout à coup par la cavalerie , elles se réunirent en masse , résistèrent à tous ses efforts , et donnèrent ainsi le tems d'envoyer de nouvelles trou pes pour les délivrer et prendre l'offensive. Bientôt on attaqua l'ennemi sur toute la ligne , et après une résistance assez vive , on le contraignit à repasser la Luczissa. Cette rivière ^ dans la partie de son cours qui était alors le théâtre de la guerre , n'est point marécageuse , et pendant l'été elle né contient qu'un foible volume d'eau ; aussi l'on aurait pu la passer partout à gué , si le lit n'en eût été profond et les rivesi* escarpées. Quelques compagnies de voltigeur* la franchirent à l'endroit où elle se réunit à la Dwina , et se logèrent dans des chantiers qui se trouvent sur la rive droite , au confluent des deux rivières ; d'autres compagnies à l'endroit où elle traverse la route , et prirent poste ati sommet du coteau qui la borde : le passage se trouva ainsi assuré sur deux points.

Pendant la chaleur dû combat , les employés , les vivandiers , les valets , enfin tout ce qui marche à la suite d'une armée , fut saisi d'une de ces terreurs paniques dont on a tant d'exemples ; la marche rétrograde d'un régiment de cavalerie , dans le but de faciliter le passage à la di-

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