LIVRE L io
habituée en quelque sorte à un genre de vie si* nouveau pour nous , éprouvant moins de privations, recevant continuellement de nouveaux renforts , voyait diminuer chaque jour l'inégalité numérique entre elle et l'armée française.
Avant que de reprendre le fil des événemens , je vais jeter un coup-d'œil sur les pays que l'armée venait àe parcourir. Beaucoup de traîneurs , ainsi qiie je l'ai dit , s'étant cantonnés dans les campâmes, on les fit poursuivre par des colonnes mobiles, parties de TVilna et de Minsk, et l'on autorisa les seigneurs à les faire arrêter , désarmer et conduire dans ces deux villes pat des paysans. C'était un spectacle tdut-à-fait extraordinaire , au milieu de nos succès , que celui de serfs lithuaniens conduisant nos soldats désarmLés. Napoléon avait ordonné dé condamner à mort ceux qui était restés en arrière sans raisons valables; si cet ordre eût été exécuté à la rigueur, on aurait fusillé des milliers de soldats, puisque le manque de forces pour supporter d'aussi grandes fatigues ne pouvait être consiièéipé cdtaimeTaison valable. On ne fit traduire aux tribunaux militaires que ceux sur les- ^(àefe.on avait trouvé des objets de pillage ; on tu jugeait jusqu'à quatre-vingts à là fois , et on k^ <K>ii4anmait à knort; mais l'on, n'exécutait
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que les deux ou trois plus coupaUes. La qtiati-^' tite de soldats restés ainsi en arrière est incroya*^: ble ; il en passa à Wilna 61; à Minsk des milliers qtii 8^7 présentèrent d^eux-mémes , et que les colonnes mobiles et les paysans amenèrent. Après les avoir formés en bataillons , au moyen des officiers disponibles ^ on les dirigeait sur Tarmée ; mais leur sort n^étant point amélioré, ils restaient de nouveau en arrière , et ne rqoi» gnaient leurs drapeux qu'en très-petit nq^lbre;> La maraude et un désordre inséparable desc grandes réunions de troiqies accompagnèrent toujours Napoléon dans les guerres d'inrasioife qu'il avait entreprises jusqu'alors ; mais sur le^ derrières de l'armée l'ordrftto rétablissait bien4 tôt ; les troupes rebcvaient des dietributîonâ ou étaient nourries chez l'habitant ^ la maraudé était réprimée avec sévérité : daais cette noun velle guerre, quoitpie l'armée fût dîéjà parvenun il une grande distance de la fnGmtière ^ l'ordre ne se rétablissait point ; l'habitant était soiiWôt aux mêmes exactions que dans les ptfemiènei^ journées- de ^invasion. L'onn'avak orgisalîderdo distributions que dauB qnelques^ilnfis des* ét0h pes , «nccnre étaiefirt^ellea inccrtainiès ^ À causé jd)^ la difficulté des approvisionnènf^ns i . isouMent âUMi, quoique les magasins fussenlJrBHl^î&iy &d