‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 44 sur 174 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

refusait les distributions , oa on les faisait insuffisantes. A Kowno y la navigation du Niémen permit de former y peu après le passage de Tarmëe, d'immenses magasins; cepeadant on y refusait de l'avpine sous prétexte qu'on devait l'envoyer à Wilna ; et les troupes n'y recevaient que pour trois jours de vivres , pour atteindre cette ville, comme s'il n'eût pas mieux valu retarder de quelques jours leur arrivée à l'armée, que de les faire marcher avec une rapidité si fimeste iiux hommes' et aux chevaux. Les corps et les détachemens n'employaient que le tems ordonné à parcourir cette distance ; les parcs d'artillerie , les autres convois moins bien attelés que l'artillerie des batteries , et les soldats qui sortaient des hôpitaux ne le pouvaient qu'en €inq)Ours.Tousmaraudaient,lespremiers parce qu'aucune autorité ne les en empêchait (a), les seconds par nécessité. A Wilna , on ne donnait que la demi-ration aux troupes qui séjournaient , et pour six jours de vivres , également à la demiration , à celles qui en partaient* Lorsque Victor pénétra en Lithuanie avec le neuvième corps, plus de deux mois après le commencement dea hostilités , il ne reçut à Kowno que pour trois

(a) Je dois aussi faire observer que le soldat , avec la simple talion, n'aurait pu supporter les excessives fatigues auxquelles tétait soumis.

io8 EXPÉDITION DE RUSSIE.

jours de vivres, et à Wilna, quoique les mar-* gasins fussent pleins , il en obtint difficilement pour trois jours pour gagner Malodeczno , qut en est à cinq journées ; la maraude devenait donc indispensable.

Il eût été possible, après les premières journées de rinvasion , de rétablir derrière l'armée , l'ordre parmi les troupes , la confiance chez l'habitant ; il ne fallait que marcher avec moins de rapidité, faire des distributions de vivres exactes et suffisantes, et donner des ordres sévères pour empêcher la niaraude ; on se serait alors procuré facilement , par^la voie des réquisitions et avec de l'argent, des grains , des bestiaux et de l'eau-de^vie de grain , denrées dont ce pays abonde. J'ai déjà parlé de l'insuffisance et du déplorable état des hôpitaux ; ceux de Wilna semblaient devoir faire une exception ; aussi , dans cet espoir, une foule de soldats blessés ou malades rétrogradaient sur cette ville ; ils n'avaient ni voitures ni subsistances assurées ; la plupart succombaient ; cfeux qui parvenaient à atteindre Wilna croyaient être arrivés au port ; mais, quoiqu'on y eût réuni abondamment tout ce qui est nécessaire à l'établissement des hô-^ pitaux, ils y étaient très-mal tenus (a).

(a) Les hôpitaux wurtembourgeois établis dans la même viUe, mais pour le compte de leur souverain, ne manquaient de rien.

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