‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 53 sur 174 · LIVRE I. 12S · texte numérisé non relu

LIVRE I. 12S

résistance devenant plus vive qu*il ne s'y était attendu , il déploie successivement toutes ses troupes. Jusqu'à ce moment, Oudinot avait profité , autant que possible , des accidens du terrain pour cacher ses forces ; tout à coup il ordonne la charge , et attaque les Russes de front sur toute la ligne. La résistance fut courte, mais opiniâtre , et l'ennemi une fois culbuté , le désordre en devint plus grand. Koulnief perdit huit bouches à feu , et , cherchant à rallier ses troupes, fut tué d'un coup de canon. Les Russes voulurent tenir derrière la Drissa ; Verdier , qu'Oudinot avait envoyé à leur poursuite , passa cette rivière , et les repoussa d'abord ; mais , n'ayant point été soutenu, il se vit contraint de repasser la Drissa.

Le jour suivant (2 août), Oudinot laissa, à une lieue en deçà d'Oboiarszina, une de ses divisions d'infanterie et sa cavalerie légère , et se retira sur Polotzk, avec les deux autres divisions et la division de cuirassiers. Wittgenstein se retira dans sa position d'Owéia. Ainsi, trois jours de combats continuels n'amenèrent aucun résultat ; mais, à en juger par la valeur que firent éclater les troupes françaises , Oudinot aurait été vainqueur s'il eût attaqué son adversaire à Jakubowo , avec toutes ses forces , au lieu de

lant , dans une opération de cette importance, se donner toutes les chances possibles de réussite, il dirigeait Saint-Cyr, resté jusqu^alors à Beszenkowiczi , surPolotzk, où il devait prendre les ordres d'Oudinot (0).

Si Napoléon avait un puissant intérêt à mettre à la disposition d^Oudinot assez de forces pour qu'il pût repousser Wittgenstein , Alexandre , de son côté , avait déjà fait parvenir des renforts à son général ; il sentait que s'il par-

» sur Witepsk et que le prince d'Eckmulh a battu Bagration » à Mohilow. Dites-lui qu'il faut qu'il balaie la rive droite et » pousse WittgeDstein Tëpëe dans les reins ; qu'il doit tou- » jours laisser dans Polotzk une petite garnison dans le cas » qu'il se jetât sur la gauche ; qu'après être arrive à Witepsk , » je dirigerai un corps sur Newel , qui se mettra en communivacation avec lui. Il est à présumer que si , de Polotsk, le duc » faisait un mouvement sur Sëbej , il obligerait Wittgenstein » à s'ëlever pour couvrir la route de Pëtersbourg. Gomme » Wit^enstein n'a pas dix mille hommes d'infanterie , il peut » marcher haut la main sur lui.

» Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne » garde.

» Signé Napoléon. »

La correspondance de Napoléon avec Berthier contient plusieurs lettres relatives aux ordres à donner aux généraux Oudinot et Schwartzenberg qui sont écrites dans le même esprit.

(a) Le sixième corps n'avait plus de cavalerie ; elle avait été détachée à l'avant-^arde de larmée à son passage à Wilna ; elle fut ensuite attachée au quatrième corps.

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