LIVRE I. i
le repos dont il jouissait serait de courte durëe , et que son adversaire lui porterait bientôt de nouveaux coups, il se décide, pour le prévenir, à attaquer dans ses cantonnemens la partie de l'armée française qui occupait le pays situé entre la Dwina et le Dnieper (a). Il espérait , en conduisant vigoureusement cette opération »
forcer Napoléon à combattre avant qu'il eût eu le tems de rappeler les corps qui occupaient la rive gaudbe du Dnieper. Après avoir placé une division d'infanterie à Poriéczié , une autre à Kra^ioi , et fait construire un pont à Katan , afin de pouvoir secourir promptement cette dernière division , s'il était nécessaire , Barklay se dirigea avec toutes ses forces sur Rudnia , village qui se trouve situé sur la route de Smolensk à Witepsk , et qui occupait à peu près le centre des cantonnemens de l'année française. Son armée marchait sur trois colonnes, celle du centre suivait la route directe , les deux autres des chemins de traverse (6).
(a) Barklay disposait alors de cent vingt mille hommes de troupes régulières , quatre-yingts mille appartenant à la première armée ^ et quarante mille à la deuxième. Dans ce nombre lont compris vingt mille recrues qu'il avait trouvées à Smolensk.
fb) L'armée de Barklay formait la colonne du centre et celle adroite 5 celle de Bagration formait la colonne de gauche.
iS4 E PÉDITION DE RUSSIE.
Le 8 août, Platof , qui marcbait à l'avantgarde, surprit à Inkowo une eompagnie de yoItigeurs, qui fut contrainte de mettre bas les armes , et la division Sëbastiani (de cavalerie), qu'il culbuta ; mais au lieu de donner de la suite à ce succès et de continuer à marcher sur Witepsk y Barklay ^ effrayé des hasards auxquels^ il allait s'exposer, s'arrête tout à coup, décidé de nouveau à attendre que son adversaire repirenne l'offensive. Son aimée prit position à Wuidra, celle de Bagration à Katan.
Son plan était bien conçu , et lui promettait des succès , si les forces dont il pouvait disposer lui eussent permis de le mettre à exécution ; mais quoique l'armée française eât éprouvé une très-grande diminution depuis son départ de Wilna , les corps contre lesquels Barklay aurait eu à combattre , même en supposant que ceux qui étaient sur la rive droite, du Dnieper ne fussent point arrivés à tems , formaient une réunion de troupes plus non^reuses que les siennes (a) ; il ne pouvait d'ailleurs rien oppo-
{(t) Nous avons tu que Barklay n'avait pu , avant le commencement des hostiHtës , se procurer aucun reuseigneipent un peu exact sur la force de Tarmëe française ; qu'il la croyait plus nombreuse que l'armée russe , mais beaucoup moins qu'elle ne l'était réellement. Ce général continuait à être dans la même erreur, parce qu'il pouvait difficilement évaluer la