LIVRE I
qui furent répartis dans les faubourgs, les ouvrages extérieurs , dans les chemins couverts et derrière les créneaux du sommet de la muraille. Le reste de la première armée avait conservé sa position sur les hauteurs de la rive droite. Dans cet état de choses , on ne devait s^attendre qu^à un combat sans résultat. Barklay ne pouvait laisser de garnison dans Smolensk, puisque la place était hors d^état de soutenir un ëiége ; il songeait seulement à la conserver assez long-tems pour achever l'évacuation des magasins. Napoléon se flattait encore que ce général se.déciderait à faire repasser le reste de ses troupes sur la rive gauche , pour lui livrer bataille , cela contre les apparences, et par suite de cette disposition à croire tout ce qu'il désirait. Le tems 8' écoula dans cette attente jusque vers les deux heuresde l'après-midi , sans que les troupes changeassent de position. Enfin , entièrement détrompé , voyant s'éloigner encore cette bataille tant désirée, il ordonne d'attaquer sur toute la ligne.
. Mûrat eut bientôt forcé la cavalerie de l'en- Hemi à rentrer dans la place , et Poniato wski , marchant par sa droite , vint s'appuyer au Dnieper. Sur ce point se trouvait un plateau élevé , très-rapproché du fleuve ; on y établit une bat-
terie de soixante bouches à feu, avec laquelle on tira sur les masses de troupes qui se montraient sur la riT€ opposée , et sur le grand pont , pour tenter de le détruire ou d^en gêner le passage. Les troupes s^éloignèrent, et Von cessa de tirer sur le pont, dont on ne voyait queTextrémité j pour contre-battre mie batterie que Baiv klay venait de faire placer sur la rive droite, et dont le feu incommodait. Poniartovrski eut bientôt contraint les Russes à se borner à hi défende des chemins couverts et des murailles ; malgré son mouvement sur la droite, sa gaii-^ che continuait à s^appuyer au corps de Davont, parce que la ligne de bataille avait diminué d^étendue en se rapprochant de la place.
Sur la gauche , devant la citadelle , on se battit avec opiniâtreté, mais sans résultats; les Russes se maintinrent dans les broussailles qui s*y trouvent , événement important , puisqu'elles couvraient le point de la place le plus fort e apparence , le plus faible en réalité. Ils furent heureux que Napoléon n'ait point été instnnC du véritable état des choses, car alors il est indubitable qu^il aurait fait les plus graiids efforts pour pénétrer dans Smolensk par la citadelle.
Le premier corps étant placé devant les fau-*