‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 75 sur 174 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

bourgs qui se trouvent de chaque côté de la porte de Krasnoi , était chargé de les enlever. Us furent attaqués et défendus avec un véritable acharnement ; enfin , après trois heures de combat , Davout s'en rendit maître. Son corps , compose presqu'en entier de Français, mettait dans ses attaques cette fougue qui caractérise les troupes de cette nation. Sur plusieurs points elles franchirent les glacis, les chemins couverts , les fossés ; mais leur valeur impétueuse venait se briser contre les murs de Smolensk ; ils se voyaient contraints de se retirer , et les Russe» occupaient de nouveau les chemins couverts.

Napoléon, n'entrevoyant pas la possibilité d'enlever la place de vive force , ordonne de s'approcher des murailles avec une batterie de trente-six bouches k feu de douze , et de leà battre en brèche. L'impossibilité de la réussite était évidente : on ne pouvait s'approcher asseis près , à cause du feu de mousqueterie ; les pièces étaient d'ailleurs d'un calibre trop faible ; enfin la hauteur s^ule des murailles indiquait que teta* épaisseur devait être beaucoup trop grande pour qu'on pût y faire brèche de la sorte ; néanmoins l'ordre fut exécuté à l'instant. Après ^pielques salves qui manifestèrent l'inutilité de

cette tentatiye , les artillears , réduits , pour utiliser leur feu , à tirer contre les créneaux , reçurent enfin Tordre de se retirer. Dans le même tems on avait établi , sur le prolongement des chemins couverts, une batterie qui fit beaucoup de mal à l'ennemi ; et on lança dans Smolensk , que Ton avait tant d'intérêt à conserver , des obus qui y mirent le feu. Quoique les jours fussent très-longs , à la latitude et dans la saison où l'on se trouvait, la nuit seule mit fin à ce combat mémorable , plus sanglant que beaucoup de batailles. Les Russes y eurent l'avantage d'avoir une partie de leurs combattans à couvert ; mais ils n'avaient d'artillerie que sur les trois ouvrages dont nous avons parlé, et ne pouvaient en employer que peu hors de la place ; cela leur devint même entièrement impossible , lorsqu'ils eurent été repoussés jusque dans les chemitis couverts. Les Français,, au contraire, purent employer plus d'artillerie , et mirent en action un plus grand nombre de troupes. Junot ,. ainsi que nous l'avons dit, était arrivé à cinq heures du soir ; il avait pris position en arrière, de Poniatowski , et y était resté en réserve.

On bivouaqua autour de la place , sur le terrain même où l'on avait combattu. Iwanowkaia, où Napoléon avait encore son quartier

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