‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 82 sur 174 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

rent à Janowiczy Tordre de rejoindre leurs corps.

Les rapports contradictoires des Français et des Russes ne m'ayant point permis de connaître avec exactitude leurs pertes respectives aux combats de Smolensk et de Walutina , je vais donner des probabilités au défaut de certitudes. On n'y fit, pour ainsi dire, point de prisonniers ; mais le nombre des tués et des blessés y fiit très-grand. Plus de six mille blessés furent réunis à Smolensk , le lendemain du combat du 17 août, quoiqu'un grand nombre d'entre eux se fussent déjà dirigés la veille sur Krasnoi. Je pense qu'on ne saurait évaluer les pertes de l'armée française, dans cette journée, à moins de douze mille hommes tués ou blessés ; on porte à six ou sept mille celles qu'elle éprouva dans la journée du 19 août : ainsi les deux combats de Smolensk et de Walutina la privèrent d'environ dix-neuf mille hommes de vieilles troupes. Les pertes des Russes furent au moins égales ; à la vérité , une partie de leurs troupes , à la première affaire, combattait à couvert, derrière les murailles de Smolensk ; ibais leurs tirailleurs sont maladroits , et les Français eurent l'avantage de pouvoir employer

crénelées , dans l'espérance d'enlever Smolensk de vive force, puisque cette tentative pouvait entraîner la destruction de cette ville, et ne présentait aucune chance probable de^réussite. Il devait , dans la matinée même du 1 7 , passer le fleuve , au dessus de Smolensk ; il aurait appris en le faisant reconnaître , qu'une lieue au dessus de cette ville se trouvait un vaste gué , praticable aux hommes, aux chevaux et aux voitures. A la vérité , les Russes en étaient assez

près pour pouvoir s'y porter , et le défendre ; mais en supposant qu'on n'eût pu réussir à y passer le fleuve , c'était un moyen de les inquiéter , et l'on aurait effectué le passage plus haut. Tout porte à croire que ces seules démonstrations auraient décidé Barklay à évacuer Smolensk , et que ce général , qui n'avait encore fait incendier aucune ville , qui épargna celles qu'il fut obligé d'abandonner par la suite, n'aurait pas traité Smolensk plus rigoureusement , si cette ville n'eût pas été le théâtre d'un sanglant combat. Elle aurait alors offert de précieuses ressources , et Napoléon aurait en outre conservé un grand nombre d'anciens soldats qu'il devenait impossible de remplacer. Enfin l'on, pourrait reprocher à Napoléon d'avoir fait rétrograder Morand pendant le combat de Wa-î

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